6 novembre 2026
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Présidentielle 2027 : programmes et alliances en débat

La présidentielle française de 2027 entre dans une phase de clarification des programmes et des alliances. Ce dossier du 6 novembre examine les candidatures annoncées, les intentions encore conditionnelles, la nouvelle édition du programme de Jean-Luc Mélenchon et le débat sur une primaire du centre et de la droite. Il compare les orientations des principaux partis, revient sur leurs réactions à la mobilisation sociale et présente deux enquêtes d’intentions de vote avec leurs hypothèses, leurs méthodes et leurs limites, sans prédire le scrutin.

Le palais de l’Élysée sur une couverture éditoriale : présidentielle 2027, programmes et alliances en débat, dossier du 6 novembre 2026.
Le palais de l’Élysée, façade sur jardin, photographié le 20 septembre 2020. Photo : AlSepPhoenix / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Composition typographique Libnanews sous la même licence ; photographie intégrale redimensionnée, sans génération ni retouche de personnes. © AlSepPhoenix / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/

La campagne présidentielle française se précise sur le terrain des programmes, sans que les alliances soient stabilisées. Ce vendredi 6 novembre 2026, La France insoumise publie une nouvelle édition de L’Avenir en commun, à la veille d’un rassemblement de Jean-Luc Mélenchon au Bourget. À droite et au centre, la proposition d’une primaire oppose des candidats déjà engagés. À gauche, les soutiens parlementaires se redistribuent, tandis que les écologistes réservent encore leur décision collective de décembre.

Ce premier dossier hebdomadaire distingue les candidatures annoncées, les intentions encore conditionnelles, les textes programmatiques disponibles et les déclarations de la semaine. Il présente aussi des enquêtes d’intentions de vote avec leurs hypothèses et leurs limites. À plusieurs mois du scrutin, ni une investiture partisane ni une avance dans un sondage ne constituent une qualification électorale acquise.

Des candidatures politiques, pas encore la liste officielle

Les deux tours sont prévus les 18 avril et 2 mai 2027. La liste officielle des candidats ne doit être publiée qu’au plus tard le 26 mars. Les prétendants doivent notamment satisfaire aux conditions d’éligibilité et réunir 500 présentations d’élus, provenant d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer, sans dépasser 50 présentations pour un même territoire. La clôture des parrainages est fixée au 12 mars.

Dans les principales familles politiques examinées ici, les campagnes de Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann, Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et David Lisnard sont engagées. Fabien Roussel a été officiellement désigné par le PCF le 6 septembre. Éric Zemmour a officialisé sa candidature le 17 septembre. Nathalie Arthaud conduit celle de Lutte ouvrière. Cette présentation n’est pas un inventaire exhaustif de toutes les déclarations individuelles.

Deux distinctions sont essentielles. Marine Tondelier, désignée par les écologistes pour les représenter, demeure en lice, mais le parti doit encore arbitrer entre une candidature propre et un rassemblement. Dominique de Villepin a confirmé le 3 novembre son intention de se présenter, en demandant de la patience, sans transformer cette intervention en lancement formel de candidature. Les hypothèses François Hollande ou Christine Lagarde évoquées dans le débat politique ne doivent pas davantage être présentées comme des candidatures officiellement déclarées.

La primaire du centre et de la droite reste sans accord commun

Le 4 novembre, Gabriel Attal a défendu une primaire au début de 2027. Son argument dépasse la seule désignation d’un nom : « À la fin, pour gagner et surtout pour gouverner ensuite, il faudra une coalition, un rassemblement large, qui associe des gens d’horizons très divers. » Il souhaite que les participants refusent les alliances avec le Rassemblement national et La France insoumise et que les candidats battus ne se présentent pas séparément.

Bruno Retailleau a, lui aussi, ouvert la porte à ce mécanisme. Le 3 novembre, il déclarait : « Je pense que tel que se dessinent les choses, il faudra une primaire sans doute en début d’année. » Le 5 novembre, il en a rappelé la discipline minimale : « La règle d’une primaire, c’est au moins que quand on la perd, on ne se présente pas. »

Édouard Philippe conserve une position différente. Le 1er novembre, il affirmait : « Je ne crois pas que cette primaire aura lieu. » Il a renvoyé les décisions au mois de février, sans annoncer de retrait. Le désaccord concerne donc à la fois le calendrier, la procédure et l’autorité qui pourrait faire respecter le résultat. Au 6 novembre, l’existence d’appels convergents ne vaut pas accord d’organisation signé entre les formations concernées.

David Lisnard se dit favorable à une confrontation démocratique ouverte, tout en maintenant sa candidature et l’autonomie de Nouvelle Énergie. Sa position illustre une difficulté supplémentaire : accepter une compétition commune ne signifie pas accepter à l’avance toute coalition gouvernementale. Le périmètre des participants et celui d’une future majorité restent deux questions distinctes.

Une autre formule a circulé le 5 novembre : un rapprochement allant de David Lisnard à Raphaël Glucksmann. Cette orientation a été prêtée à Emmanuel Macron par un interlocuteur rapportant sa réflexion à une agence de presse. Elle ne constitue ni une déclaration publique commune des intéressés ni un accord de coalition. Elle se heurte, en particulier, à la volonté affichée par Glucksmann de rompre avec le macronisme.

Mélenchon publie une nouvelle version de son programme

La nouveauté programmatique de la semaine vient de LFI. La cinquième édition de L’Avenir en commun, disponible le 6 novembre, est présentée comme le programme de la « Nouvelle France ». Le mouvement annonce 1 069 mesures, dont 238 nouvelles et 118 modifiées ou précisées. Il indique avoir recueilli 24 000 contributions et conduit une trentaine d’auditions d’experts, de syndicats et d’associations. Ces chiffres décrivent le processus revendiqué par l’organisation, pas une consultation représentative de l’ensemble des électeurs.

« C’est toute une nouvelle France que ce programme propose de fonder », écrit Jean-Luc Mélenchon dans l’introduction. Parmi les orientations maintenues figurent la retraite à 60 ans et la priorité donnée à la bifurcation écologique. Le projet associe la règle verte constitutionnelle à la sortie du nucléaire. La formule de « Nouvelle France » sert ainsi de cadre à une offre politique qui reprend des engagements antérieurs tout en annonçant des ajouts.

Un dossier thématique déjà diffusé par la campagne propose un pôle public bancaire destiné à financer les investissements productifs et écologiques. Le dispositif mobiliserait des institutions financières publiques et une épargne orientée vers ces objectifs. LFI défend une gouvernance démocratique de cet ensemble et le présente comme un outil de transformation économique, et non comme une simple aide ponctuelle aux entreprises.

La documentation budgétaire mérite une lecture séparée. Sur son site de campagne, l’équipe précise que le document consacré aux comptes publics présente les grandes orientations pour l’année 2027 et ne constitue pas le chiffrage complet d’un programme appelé à se déployer sur plusieurs années. Il serait donc inexact de présenter ce seul document comme la validation financière intégrale des 1 069 mesures.

Le rassemblement du 7 novembre au Bourget doit permettre une présentation publique du programme. Au moment de ce dossier, il s’agit d’un événement annoncé : les propos qui y seront tenus et les éventuelles précisions nouvelles ne peuvent pas être anticipés.

Glucksmann veut installer une gauche distincte de LFI

Raphaël Glucksmann a remporté le 11 octobre la primaire de la gauche socialiste et démocratique, avec environ 66 % des voix. Cette désignation lui donne un mandat dans le périmètre de cette consultation, pas une investiture de toute la gauche. LFI, le PCF et les écologistes disposent de leurs propres démarches et ne peuvent être réputés engagés par ce scrutin.

La page actuelle de sa campagne porte cette phrase : « Je serai le candidat de la rupture avec le macronisme. » Elle traduit un positionnement explicite. La citer ne revient pas à lui attribuer un nouveau discours prononcé cette semaine : c’est la formulation publiée sur son site au moment de la vérification. Elle rend particulièrement sensible toute proposition d’élargissement d’une coalition présidentielle au-delà de son camp.

Le travail programmatique de Place publique est organisé autour de 42 chantiers dans un document présenté comme un « acte I ». Il associe puissance européenne, souveraineté industrielle et énergétique, transition écologique et renforcement des services publics. La santé, l’agriculture, la recherche et les institutions démocratiques y trouvent leur place. Il s’agit d’un socle de travail partisan : l’intitulé même invite à distinguer ce document d’un programme présidentiel définitivement arrêté.

Face à la crise sociale, Glucksmann a également présenté le 22 octobre, avec des responsables socialistes et de Place publique, un plan de sortie de crise en dix propositions. Les axes annoncés portent sur la jeunesse, le pouvoir d’achat, l’ordre démocratique et la réparation des fractures sociales. Cette initiative constitue une réponse à la situation présente ; elle ne remplace pas, à elle seule, l’ensemble du programme de campagne.

Les écologistes ont un texte, mais un arbitrage politique à venir

Les écologistes ont repoussé à décembre leur choix stratégique final. Une consultation des adhérents est prévue du 10 au 13 décembre pour trancher entre le maintien d’une candidature propre et le soutien à une autre candidature commune. Marine Tondelier reste donc une candidate désignée par son parti, sans que toutes les modalités de sa présence au premier tour soient verrouillées.

Le programme publié en juillet 2026, Pour une prospérité écologique, permet néanmoins d’examiner des engagements précis. Il prévoit notamment 500 000 rénovations énergétiques performantes par an et une prise en charge permettant aux ménages modestes de ne pas avancer les frais. Il propose aussi 2 000 nouveaux centres de santé d’ici à 2030.

Sur l’enseignement supérieur, le texte prévoit de remplacer Parcoursup et Mon Master par un autre système d’orientation et d’affectation, avec davantage de transparence dans les règles. Sur les institutions, il défend un septennat présidentiel unique et une transformation du fonctionnement de l’exécutif dans un sens plus parlementaire.

Ces propositions doivent être lues à leur juste niveau : elles engagent un projet de parti, dont la traduction dans une éventuelle plateforme commune dépendra des négociations. Une alliance pourrait conserver, modifier ou écarter certaines mesures. La décision de décembre portera donc sur une stratégie électorale, mais aura aussi des conséquences programmatiques.

Le PCF maintient Roussel malgré des ralliements parlementaires

Le 5 novembre, neuf des dix-sept députés du groupe Gauche démocrate et républicaine ont annoncé leur soutien à Jean-Luc Mélenchon. Parmi eux figurent quatre des huit députés communistes, ainsi que cinq élus ultramarins. Il serait trompeur de transformer cette annonce en ralliement de neuf députés communistes ou en retrait officiel de Fabien Roussel. Un groupe parlementaire, un parti et une candidature présidentielle ne sont pas des structures interchangeables.

La campagne de Roussel continue de mettre en avant le travail, les services publics, le logement, la santé et l’éducation. Son site présente ces thèmes dans une perspective de vie quotidienne et de sécurité sociale. La présence de documents anciens sur les sites partisans ne permet pas de les rebaptiser automatiquement « programme 2027 » : leur date et leur statut doivent rester identifiables.

Dans un communiqué du 5 novembre, le PCF affirme : « Le mouvement social ne s’éteindra pas par la répression, mais par la satisfaction des revendications. » Cette déclaration replace le pouvoir d’achat et les demandes sociales au centre de sa réponse à la mobilisation. Elle montre aussi que les discussions d’appareil se déroulent parallèlement à une bataille sur les priorités immédiates.

Nathalie Arthaud poursuit, pour sa part, une campagne distincte, centrée sur les intérêts des travailleurs et la mobilisation collective. Lutte ouvrière défend une perspective communiste, révolutionnaire et internationaliste. Son appel du 2 novembre à la grève et aux manifestations du 5 novembre prolonge cette ligne : la candidature est présentée comme un moyen de porter ces revendications, plutôt que comme un substitut aux luttes sociales.

Le Pen structure sa campagne et précise ses équipes

Le Rassemblement national organise sa campagne autour de Marine Le Pen. Le 5 novembre, son directeur de campagne, Julien Sanchez, a annoncé de nouvelles responsabilités thématiques. Laurent Jacobelli prend notamment en charge le patrimoine et la culture, tandis qu’Alexandre Loubet reçoit le secteur industrie et énergie. Ces nominations signalent la construction d’une organisation de campagne ; elles ne valent pas publication d’un nouveau programme complet.

Le site du RN continue de mettre en avant plusieurs documents de nature différente : programme présidentiel de 2022, propositions législatives de 2024, contre-budget et livret consacré aux entreprises. Les orientations récurrentes comprennent la priorité nationale et la baisse de la TVA sur les énergies à 5,5 %. Il convient de distinguer ces positions connues d’une plateforme finale pour 2027.

Le livret économique actuellement accessible défend notamment la suppression d’impôts de production comme la cotisation foncière des entreprises et la contribution sociale de solidarité des sociétés. Il propose également de simplifier des dispositifs de soutien à la recherche et à l’innovation. Ce sont des engagements de parti : leurs effets annoncés sur l’activité, l’investissement ou les recettes publiques ne peuvent pas être traités comme des résultats déjà observés.

Sur les retraites, Marine Le Pen a maintenu, lors de son intervention devant les entreprises le 27 août, la perspective d’un retour à 62 ans. Cette position diffère de celle de LFI à 60 ans. Une comparaison sérieuse doit également examiner les durées de cotisation, les carrières longues et le financement, plutôt que réduire les régimes proposés à un seul âge affiché.

Sa situation judiciaire reste distincte de sa campagne. Le 7 juillet, la cour d’appel l’a condamnée, dans l’affaire des assistants parlementaires européens, à 45 mois d’inéligibilité dont 30 avec sursis, les quinze mois fermes étant réputés déjà exécutés. Un pourvoi demeure pendant. Son effet sur l’inéligibilité prononcée en première instance fait l’objet d’analyses divergentes : le procureur général Rémy Heitz considère qu’aucune inéligibilité n’est actuellement exécutoire ; le magistrat honoraire Didier Guérin soutient l’interprétation inverse. Il serait donc imprudent de transformer cette controverse en certitude juridique définitive. La Cour de cassation a annoncé l’examen des questions prioritaires de constitutionnalité le 16 décembre.

Jordan Bardella conserve un rôle central au RN, mais sa visibilité ne suffit pas à le présenter comme le candidat officiellement substitué à Marine Le Pen. Éric Zemmour mène une candidature propre à Reconquête. Lors de son intervention du 17 septembre, il a notamment proposé d’obliger les étrangers au chômage depuis un an à quitter la France, y compris lorsqu’ils sont en situation régulière. Cette proposition d’expulsion va au-delà de la lutte contre l’immigration irrégulière. Elle doit être attribuée à son auteur, sans être assimilée au droit actuellement applicable ni fusionnée avec les propositions du RN.

Attal, Philippe, Retailleau et Lisnard : des offres différentes

Gabriel Attal affiche 96 mesures et quatre grands chantiers : l’école, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle. Son site propose, entre autres, le remplacement des enseignants absents, un cadre économique et fiscal stable sur dix ans, une carte destinée aux familles monoparentales et une stabilisation du prix de l’électricité sur cinq ans. Il met aussi en avant un rendez-vous référendaire annuel.

Cette juxtaposition de mesures sociales, éducatives et économiques forme une offre distincte de la seule proposition de primaire. Elle soulève plusieurs questions de mise en œuvre : quels textes législatifs seraient nécessaires, quels financements seraient mobilisés et quelles compétences relèveraient directement de l’État ? L’annonce d’une mesure ne répond pas automatiquement à ces trois questions.

Édouard Philippe a notamment détaillé un plan de treize mesures contre le narcotrafic. Il propose un « état d’urgence narco » limité dans le temps et dans l’espace, ainsi que des instruments administratifs et financiers renforcés. Le projet comprend une « fiche S financière » visant des trafiquants condamnés et un renforcement de l’action maritime dans les Antilles. Ces mesures engagent un débat sur l’efficacité de la répression et l’encadrement des pouvoirs publics.

Bruno Retailleau donne, lui, une place centrale à une révision constitutionnelle. Le 2 septembre, il affirmait : « La révision de la Constitution est la mère de toutes les batailles. » Son projet associe une révision et une charte de l’ordre républicain, avec un référendum envisagé à l’automne 2027. Il souhaite élargir le recours au référendum et permettre, sous certaines formes, de surmonter une censure du Conseil constitutionnel.

David Lisnard développe une offre libérale articulée autour du renforcement des missions régaliennes, de la réduction de la bureaucratie et de l’excellence scolaire. Nouvelle Énergie affirme l’autonomie de cette candidature. L’existence de thèmes communs avec LR ou Horizons ne supprime donc ni les différences de doctrine ni les désaccords sur les alliances.

La mobilisation sociale traverse les discours de campagne

La semaine politique ne se résume pas aux discussions sur les candidatures. La journée du 5 novembre avait été appelée par une intersyndicale comprenant la CFDT, la CGT, FO, l’Unsa et la FSU, autour des salaires, des services publics, de l’emploi et de l’industrie. Les organisations dénoncent notamment la perte de pouvoir d’achat et demandent une autre orientation budgétaire. Cette mobilisation et les tensions dans les établissements scolaires obligent les prétendants à préciser leur lecture de la crise. Les réponses vont du soutien aux revendications et à la grève à l’insistance sur l’ordre public, avec des positions intermédiaires sur la manière d’entendre la jeunesse.

Le 1er novembre, Édouard Philippe avait qualifié une partie des demandes des jeunes de « à bien des égards fondées ». Le 4 novembre, Gabriel Attal déclarait : « Je ne trie pas les Français. » Les appels du PCF et de Lutte ouvrière à répondre aux revendications sociales se placent dans un autre registre, celui de la mobilisation et de la transformation du rapport de force.

Ces déclarations ne mesurent pas l’adhésion de l’ensemble de la population. Un témoignage de manifestant, une réaction sur un réseau social ou l’affluence à un meeting renseigne sur une expérience ou une mobilisation particulière. Aucun de ces éléments ne peut être présenté, isolément, comme la voix des Français. Les enquêtes d’opinion apportent un autre éclairage, à condition d’en préciser la question, la population interrogée et la méthode.

Deux enquêtes d’intentions de vote, deux configurations

Ifop pour LCI, terrain du 27 au 29 octobre. L’enquête en ligne porte sur 1 650 adultes, dont 1 501 inscrits. Quotas de sexe, d’âge et de profession, stratification territoriale et redressements politiques sont appliqués. Dans l’hypothèse où Attal, Philippe, Retailleau et Lisnard concourent tous, les intentions publiées sont : Marine Le Pen 35 %, Jean-Luc Mélenchon 18 %, Raphaël Glucksmann 10 %, Édouard Philippe 9,5 %, David Lisnard 7 %, Gabriel Attal 5 %, Éric Zemmour 4,5 %, Bruno Retailleau 4 %, Marine Tondelier 3 %, Fabien Roussel 2 %, Nicolas Dupont-Aignan 1,5 % et Nathalie Arthaud 0,5 %.

Cette configuration repose sur 956 inscrits certains de voter et exprimant un choix, et non sur les 1 650 adultes initiaux. Les scores sont arrondis au demi-point. La notice donne, à titre indicatif, une marge de ± 3,1 points pour un score de 50 % sur 1 000 répondants. Cette référence ne constitue pas une marge identique pour chaque candidat.

Cluster17 pour Politico, terrain du 19 au 22 octobre. Cette enquête en ligne interroge 3 000 personnes, dont 2 817 inscrites. Elle emploie des quotas sociodémographiques et régionaux, des redressements politiques et une pondération selon la probabilité de voter. Dans son premier scénario, sans Attal ni Lisnard, les intentions sont : Marine Le Pen 33 %, Jean-Luc Mélenchon 18,5 %, Édouard Philippe 16 %, Raphaël Glucksmann 13 %, Bruno Retailleau 8 %, Éric Zemmour 4 %, Nicolas Dupont-Aignan 3 %, Marine Tondelier 2 %, Fabien Roussel 2 % et Nathalie Arthaud 0,5 %.

Pour cette hypothèse, 2 523 personnes expriment un choix ; l’effectif utile après pondération est de 1 920. Le tableau d’incertitude publié par l’institut indique, pour cette base, des marges allant notamment de ± 1 point pour un score de 5 % à ± 2,2 points pour un score de 50 %. Il s’agit d’intentions déclarées, pas de résultats électoraux.

Une demande de primaire qui n’équivaut pas à un vote

Une enquête Odoxa réalisée avec Backbone pour Le Figaro, publiée le 5 novembre, aborde une autre question. Elle indique que 60 % des personnes interrogées souhaitent une primaire de la droite et du centre, proportion qui atteint 74 % parmi les sympathisants de ces familles politiques. Ce soutien à une procédure de sélection ne permet pas de déduire le score de son éventuel vainqueur à la présidentielle.

Le terrain a été réalisé par internet les 4 et 5 novembre auprès de 1 005 adultes. Les quotas portent sur le sexe, l’âge, le diplôme et la profession, après stratification par région et catégorie d’agglomération. Pour une proportion de 60 % et une base proche de 1 000 personnes, le tableau fourni indique une incertitude de l’ordre de ± 3 points. L’incertitude est plus importante pour les sous-groupes de sympathisants, moins nombreux que l’échantillon total.

Cette distinction compte : souhaiter une primaire, préférer qu’une personnalité y participe, apprécier son image et déclarer vouloir voter pour elle sont quatre réponses différentes. Elles ne doivent pas être rassemblées dans un classement unique qui effacerait les questions posées.

Pourquoi ces chiffres ne permettent pas de prédire avril

Les deux scénarios d’intentions de vote détaillés plus haut ne constituent pas une série directement comparable. La liste des candidats diffère, tout comme les dates de terrain et les traitements de la participation. On ne peut donc pas présenter l’écart entre les scores d’Édouard Philippe dans ces deux enquêtes comme une progression ou une chute mesurée à conditions identiques.

On ne peut pas davantage additionner les intentions attribuées à plusieurs candidats pour annoncer le score d’une candidature commune. Une partie des électeurs peut se reporter, s’abstenir ou choisir un autre camp. Une coalition modifie l’offre politique et peut déplacer des préférences dans plusieurs directions.

Les marges statistiques restent, elles aussi, des indications limitées. Elles ne résument pas tous les biais possibles d’une enquête : recrutement des répondants, souvenir du vote passé, formulation des questions ou différence entre participation déclarée et participation réelle. Un écart minime ne suffit pas, à lui seul, à démontrer une dynamique.

Enfin, les deux terrains d’intentions de vote se sont achevés avant la mobilisation du 5 novembre et avant la sortie du nouveau programme de LFI. Leur attribuer un effet de ces événements inverserait la chronologie. Ils décrivent une situation antérieure, dans des hypothèses déterminées, sans préjuger du comportement des électeurs au printemps.

Les engagements à suivre au-delà des annonces

Le prochain travail de comparaison portera sur des objets concrets : l’âge et les conditions de départ à la retraite, le partage du financement entre impôts et cotisations, le coût des mesures énergétiques, les effectifs nécessaires dans les services publics et les modifications institutionnelles envisagées. Un nombre élevé de propositions ne permet pas, à lui seul, de juger leur cohérence ou leur faisabilité.

Il faudra également distinguer dépenses nouvelles, redéploiements et économies annoncées. Les effets de croissance attendus par un candidat sont des hypothèses de son programme, pas des recettes garanties. Une trajectoire budgétaire limitée à 2027 ne couvre pas nécessairement tout un mandat. Les arbitrages sur plusieurs années, le calendrier d’application et les dispositions légales seront donc aussi importants que les montants affichés.

Les prochains jalons déjà annoncés sont le rassemblement de Jean-Luc Mélenchon au Bourget le 7 novembre, puis son intervention consacrée à la paix à La Souterraine le 11 novembre. Raphaël Glucksmann annonce un rendez-vous parisien le 6 décembre. Le vote interne des écologistes, du 10 au 13 décembre, doit ensuite préciser leur stratégie. Au centre et à droite, les appels à une primaire restent, à cette date, en attente de règles communes, d’un périmètre accepté et d’un calendrier définitivement arrêté.

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