Le soutien agricole a dépassé 950 milliards de dollars en 2025 dans les 56 pays étudiés par l’OCDE. Le rapport publié le 2 novembre 2026 constate une hausse de près de 15 % depuis 2023. Mais les investissements dans les services collectifs progressent moins vite que la valeur de la production sur le long terme.
L’organisation invite les gouvernements à mieux préparer les exploitations aux crises, plutôt qu’à multiplier les réponses d’urgence. Le constat porte sur la destination du soutien autant que sur son montant. Il distingue les transferts aux agriculteurs, les services destinés au secteur et les aides aux consommateurs.
Un soutien agricole qui ne se limite pas aux subventions
Le total annoncé ne correspond pas uniquement à de l’argent sorti des budgets publics. L’OCDE mesure aussi les effets de politiques qui maintiennent les prix agricoles intérieurs au-dessus des références internationales. Dans ce cas, une partie du soutien aux producteurs provient des consommateurs, à travers les prix.
Le rapport couvre les 38 membres de l’OCDE, cinq autres États membres de l’Union européenne et treize économies émergentes ou en développement. L’Égypte et le Pérou rejoignent le périmètre cette année. Ces résultats ne représentent donc pas un inventaire de tous les pays du monde.
La progression récente inverse une tendance ancienne à la baisse du soutien rapporté à la valeur agricole produite. Ce ratio atteint 19,1 % en 2025, contre 17,6 % en 2023. Il indique un poids accru des interventions mesurées par l’organisation dans les économies concernées.
Les services collectifs pèsent moins qu’au début du siècle
Les dépenses consacrées aux services généraux représentent en moyenne 118 milliards de dollars par an sur la période 2023-2025. Cette catégorie comprend notamment les infrastructures, la recherche et l’innovation. Leur poids tombe à 2,4 % de la valeur de production, contre 4,6 % en 2000-2002.
| Indicateur | Période | Résultat annoncé |
|---|---|---|
| Soutien total au secteur | 2025 | Plus de 950 milliards de dollars |
| Soutien total moyen | 2023-2025 | 885 milliards de dollars par an |
| Services généraux | 2023-2025 | 118 milliards de dollars par an |
| Poids des services généraux dans la production | 2000-2002 puis 2023-2025 | 4,6 % puis 2,4 % |
Les périodes diffèrent : le record de 2025 est une valeur annuelle, tandis que les deux montants suivants sont des moyennes sur trois ans. Les services généraux forment une composante du soutien total. Ils ne doivent pas s’y ajouter comme une dépense extérieure au total.
Les dépenses de services généraux augmentent en valeur nominale, mais leur poids dans la production diminue. Le recul mesuré depuis les années 2000 porte donc sur une proportion, selon les données de l’OCDE.
La productivité ralentit, la recherche reste en retrait
Le communiqué de l’OCDE rapproche ce déséquilibre du ralentissement des gains de productivité agricole. Leur croissance annuelle passe de 1,8 % sur la période 1991-2000 à 0,8 % entre 2014 et 2023. Ces moyennes ne décrivent pas une variation de la seule récolte de 2025.
L’investissement public dans les systèmes de connaissances et d’innovation représente 0,5 % de la valeur de production en 2023-2025. Il atteignait 0,9 % en 2000-2002. Ce sous-ensemble concerne les capacités de recherche et de diffusion des connaissances, au-delà des aides immédiates au revenu.
Les interventions d’urgence se sont multipliées face aux chocs météorologiques et géopolitiques. Le diagnostic présenté par l’organisation ne nie pas ces besoins. Il demande de mieux articuler leur traitement avec les investissements nécessaires pour limiter les dommages des crises suivantes.
Une partie du coût repose sur les consommateurs
Sur 2023-2025, l’OCDE estime à 204 milliards de dollars par an le coût net supporté par les consommateurs du fait des politiques agricoles. Les aides budgétaires qui leur sont destinées ne compensent pas entièrement les surcoûts liés aux prix.
Ce montant équivaut à 4,4 % de leurs dépenses mesurées aux prix des produits agricoles primaires. Il ne s’agit ni d’un taux général d’inflation alimentaire, ni d’une taxe identique prélevée sur chaque ménage. L’indicateur agrège des transferts dont les formes et l’ampleur varient selon les pays.
L’OCDE propose de mieux cibler les aides, de renforcer la gestion des risques et de financer davantage les infrastructures et l’innovation. Elle demande aussi de relier les mesures à des résultats environnementaux mesurables. Le rapport formule plus de 150 recommandations par pays ; leur mise en œuvre relève désormais des autorités concernées.


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