Le Liban a été secoué par un tremblement de terre de magnitude 2.8 sur l’échelle de Richter, enregistré ce jeudi 29 janvier 2026 à 6h34 heure locale, en mer Méditerranée au large de la ville côtière de Damour. Selon le communiqué officiel du Centre national de géophysique, rattaché au Conseil national de la recherche scientifique, l’épicentre a été localisé précisément dans les eaux marines face à cette localité située à une vingtaine de kilomètres au sud de Beyrouth. Cet événement, bien que de faible intensité, s’inscrit dans une série de secousses sismiques qui ont marqué le début de l’année au Liban, rappelant la vulnérabilité géologique du pays au cœur d’une zone tectonique active.
Damour, une petite ville côtière connue pour ses vestiges historiques et sa proximité avec la capitale, n’a pas rapporté de dommages immédiats ni de victimes. Les autorités locales ont confirmé que les habitants n’ont pas ressenti de vibrations significatives, l’épicentre étant offshore à une profondeur estimée à environ 21 kilomètres. Ce type de secousse, qualifié de mineur, ne provoque généralement pas de perturbations notables, mais il souligne la nécessité d’une vigilance accrue dans une région où les plaques tectoniques arabique, anatolienne et africaine interagissent constamment.
Le contexte sismique récent au Liban
Au cours des premières semaines de 2026, le Liban a connu une augmentation notable de l’activité sismique, avec plusieurs événements enregistrés par les stations de monitoring. Le 18 janvier, un séisme de magnitude 4.5 a frappé le nord du pays, touchant particulièrement les régions de Hermel et de la Békaa nord, où des tremors ont été ressentis par la population. Des rapports indiquent que des fissures mineures sont apparues dans des structures anciennes à Tripoli, bien que sans conséquences graves. Quelques jours plus tôt, le 10 janvier, une secousse de magnitude 4.1 a été localisée à une centaine de kilomètres à l’ouest de la Békaa, avec des répercussions ressenties jusqu’à Beyrouth.
Ces incidents font écho à une tendance observée fin 2025, où un tremblement de terre de magnitude 4.3 au large de Lattaquié, en Syrie voisine, a propagé des ondes jusqu’aux côtes libanaises. Le 30 décembre 2025, cette secousse a provoqué une brève alerte dans les zones côtières, sans toutefois générer de tsunami. Des experts du Centre national de géophysique ont noté que ces événements sont liés à la faille transformante du Levant, une structure géologique majeure qui traverse le Liban du sud au nord, reliant la mer Rouge à la chaîne anatolienne.
Dans la région de Damour, les secousses offshore ne sont pas inhabituelles. En janvier 2026 seul, au moins trois événements mineurs ont été détectés en mer Méditerranée orientale, dont un de magnitude 2.3 le 28 janvier au large de Sidon, à une trentaine de kilomètres au sud de Damour. Ces tremors, souvent imperceptibles à terre, sont surveillés de près en raison de leur potentiel à indiquer des tensions accumulées le long des failles marines parallèles à la côte, entre Damour et Batroun.
La géographie de Damour et ses vulnérabilités
Damour, nichée entre les contreforts du mont Liban et la mer Méditerranée, présente un paysage typique de la côte libanaise : des falaises rocheuses alternant avec des plages sablonneuses, et une urbanisation croissante le long de l’autoroute côtière. La ville, qui compte environ 10 000 habitants, est bâtie sur des terrains sédimentaires datant du Quaternaire, propices à l’amplification des ondes sismiques en cas de secousse plus forte. Historiquement, Damour a été le théâtre de destructions lors d’événements anciens, comme le grand séisme de 551 après J.-C., qui a ravagé la côte phénicienne et généré un tsunami dévastateur.
Historique des séismes majeurs au Liban
Le Liban n’est pas étranger aux tremblements de terre destructeurs. L’un des plus célèbres reste celui de 551 après J.-C., d’une magnitude estimée à 7.5, qui a dévasté Beyrouth, Tyr et Sidon, tuant des dizaines de milliers de personnes et provoquant un tsunami qui a submergé les côtes. Des chroniques byzantines décrivent des vagues atteignant plusieurs mètres, engloutissant ports et villages. Plus proche de nous, le séisme de 1759, de magnitude 7.4, a ravagé la vallée de la Békaa et Baalbek, avec des répliques se propageant jusqu’à Damas.
Au XXe siècle, le tremblement de terre de 1956, de magnitude 5.5, a frappé la région de Chouf, non loin de Damour, causant des dommages modérés mais révélant les faiblesses des constructions traditionnelles. En 2023, le grand séisme de magnitude 7.8 en Turquie et en Syrie a eu des répercussions au Liban, avec des fissures signalées à Beyrouth et une alerte tsunami levée rapidement. Ces événements historiques soulignent que le Liban subit en moyenne un séisme majeur tous les 250 à 300 ans, avec des périodes d’activité accrue comme celle observée actuellement.



