7 novembre 2026
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Moyen Orient · Société

UNRWA : 80 millions manquent, les emplois en suspens

L’UNRWA signale un déficit de trésorerie de 80 millions de dollars et examine des ajustements pour préserver ses services. Un scénario de milliers de suppressions de postes circule, mais l’agence affirme qu’aucune décision définitive n’a été prise sur ses effectifs ou son périmètre d’intervention. Elle poursuit ses activités dans cinq zones, dont le Liban. Le soutien renouvelé de l’ONU s’accompagne d’un appel aux donateurs pour obtenir des contributions suffisantes et prévisibles, sans annoncer de réduction particulière au Liban.

80 millions manquent Les emplois en suspens. Photographie d’archives.
Ashraf Amra / UNRWA • Archives janvier 2025 • CC BY-SA 3.0 IGO. Photographie entière simplement redimensionnée. Mise en page Libnanews. Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/igo/ © Ashraf Amra / UNRWA

L’UNRWA fait face à un déficit de trésorerie de 80 millions de dollars et examine des adaptations de ses activités. Mais l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens précise qu’aucune décision définitive n’a été prise concernant ses effectifs ou son périmètre d’intervention. Cette réserve est centrale alors que circule un scénario portant sur plusieurs milliers de suppressions de postes.

Le 6 novembre, le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric a réaffirmé le soutien d’António Guterres à l’agence et demandé le financement intégral de ses missions. L’alerte porte sur la capacité à maintenir les services essentiels. Elle ne signifie pas que l’ONU aurait décidé de mettre fin à l’UNRWA.

UNRWA : une urgence de trésorerie

Le manque de 80 millions de dollars correspond à un besoin de liquidités. L’agence distingue cette difficulté immédiate des obligations accumulées et des charges récurrentes qui pèsent sur sa viabilité à plus long terme. Les deux problèmes se rejoignent, mais ils ne décrivent pas exactement la même contrainte.

La trésorerie détermine la possibilité de payer les dépenses à leur échéance. Un engagement politique en faveur de l’agence ne devient pas automatiquement une somme disponible pour ses opérations. Pour préserver les services, les contributions doivent être suffisantes, mais aussi prévisibles et versées dans les délais utiles.

L’UNRWA décrit une combinaison de financements en baisse, d’incertitude sur les contributions et de restrictions opérationnelles croissantes, particulièrement à Gaza. Elle explique que les économies engagées ont permis de préserver des emplois et des services. Elle reconnaît toutefois que la pression persistante sur les ressources affecte la qualité de certaines prestations.

Le financement et l’accès au terrain constituent deux contraintes distinctes. Des ressources supplémentaires ne lèvent pas à elles seules les obstacles qui empêchent les équipes de travailler. À l’inverse, la possibilité d’opérer ne suffit pas lorsque les moyens nécessaires manquent.

Le scénario des emplois reste à l’étude

Des informations de presse ont fait état d’un scénario de 7 000 à 8 000 suppressions de postes. Ce volume ne constitue pas une décision officiellement arrêtée. Dans sa réponse, l’agence indique que plusieurs options restent examinées et qu’une réduction des effectifs ne serait envisagée qu’en l’absence d’alternative viable.

Cette formulation ne permet ni d’annoncer des licenciements déjà notifiés ni d’exclure tout risque pour l’emploi. Elle décrit une décision encore ouverte, dépendante de la situation financière et opérationnelle. Aucun calendrier définitif de suppression de postes n’est établi dans les éléments disponibles.

L’agence compte environ 28 000 employés, très majoritairement palestiniens. Elle les présente comme le socle de ses activités. Leur travail concerne notamment l’enseignement, les soins et l’assistance aux communautés. Une réduction éventuelle aurait donc des effets qui dépasseraient le seul budget salarial.

Depuis janvier 2026, l’UNRWA mentionne une réduction de 20 % de la semaine de service parmi les mesures d’économie déjà engagées. Cette réduction du temps de service ne correspond pas à une suppression de 20 % des postes. Confondre les deux donnerait une image erronée de la situation des personnels.

Cinq territoires, pas de retrait annoncé du Liban

L’agence indique qu’elle poursuit ses missions dans ses cinq zones d’opération : Gaza, la Cisjordanie, la Jordanie, le Liban et la Syrie. Elle assure des services d’éducation, de santé, de secours et d’assistance. La crise financière touche donc une organisation régionale, même si les contraintes diffèrent d’un territoire à l’autre.

Pour le Liban, aucune réduction précise d’effectifs ou fermeture déterminée de service ne peut être annoncée sur la base du scénario global. Une fourchette portant sur l’ensemble de l’agence ne permet pas de calculer une part libanaise. Il faudrait, pour cela, des décisions et une ventilation géographique qui ne sont pas établies ici.

La même prudence s’impose pour les écoles et les structures de santé. Le risque d’une dégradation existe dans l’alerte financière de l’agence. Il ne permet pas d’identifier arbitrairement un établissement qui fermerait ou une prestation qui disparaîtrait à une date donnée.

Les consultations annoncées avec les États membres, les pays d’accueil, les partenaires et les communautés de réfugiés doivent contribuer à l’examen des options. Leur existence ne présume pas d’un accord sur les économies envisagées.

Le mandat ne se confond pas avec le financement

L’UNRWA rappelle que son mandat dépend de l’Assemblée générale des Nations unies. Celle-ci est seule compétente pour le modifier ou y mettre fin. L’agence affirme poursuivre ses missions dans ce cadre, malgré les difficultés qui limitent les ressources disponibles.

Une crise de trésorerie ne modifie donc pas, par elle-même, la mission confiée à l’institution. Elle peut néanmoins empêcher de l’exécuter dans de bonnes conditions. C’est ce décalage entre mandat et moyens que l’appel aux donateurs cherche à réduire.

L’enjeu immédiat reste l’arrivée de financements durables et prévisibles. Les décisions à venir devront préciser si les mesures étudiées deviennent nécessaires, sur quel périmètre et avec quelles conséquences. Pour l’heure, le manque de liquidités est confirmé ; les suppressions de postes rapportées ne sont pas une décision définitive.

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