Les produits traditionnels libanais font l’objet d’un projet de loi destiné à organiser et protéger leur secteur. Louis Lahoud, directeur général du ministère de l’Agriculture, en a annoncé la préparation lors de la première journée nationale consacrée à ces produits, organisée le 6 novembre à l’Université antonine. Le texte reste une ébauche à compléter avant sa transmission selon les procédures prévues.
La rencontre s’est tenue sur le campus de Hadath-Baabda, en présence du ministre de l’Agriculture Nizar Hani et du recteur Michel Saghbini. Elle associait une exposition à deux séances de discussion. Son ambition est de relier la transmission du patrimoine alimentaire à des débouchés pour les producteurs.
Les produits traditionnels libanais cherchent un cadre
La commission nationale chargée du dossier a été constituée par la décision ministérielle 81/1 du 20 février 2026. Elle réunit des représentants des secteurs public et privé ainsi que des universités. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture y participe comme observatrice.
Selon Louis Lahoud, cette commission a préparé et discuté une ébauche de loi. Des observations doivent encore être intégrées. L’annonce ne signifie donc pas qu’un nouveau régime de protection est entré en vigueur. Elle ne crée pas non plus, à elle seule, un label utilisable par les producteurs.
Les travaux envisagés portent notamment sur l’identification et le classement des produits. Ils concernent aussi la protection des appellations locales, des indications géographiques et des appellations d’origine. Ces notions renvoient à des dispositifs qui demandent des critères précis : les discussions actuelles ne permettent pas d’annoncer leur attribution à un produit déterminé.
La commission veut également renforcer la sécurité alimentaire et faciliter l’accès des petits producteurs et des coopératives aux marchés. La protection du patrimoine s’inscrit ainsi dans une réflexion sur les conditions concrètes de fabrication et de commercialisation.
Qualité, emballage et commercialisation
Nizar Hani a présenté les 24 commissions sectorielles qui accompagnent les activités agricoles. Elles réunissent les intervenants de la production, de la transformation et de la commercialisation. Le ministre leur attribue un rôle dans l’amélioration de la qualité et le respect des exigences sanitaires.
Le conditionnement constitue un autre axe de travail. Pour un produit destiné à circuler au-delà de son lieu de fabrication, l’emballage participe à la conservation et à l’identification. Les débouchés dépendent aussi de la capacité à présenter une offre régulière et compréhensible pour l’acheteur.
La journée n’a pas livré de bilan chiffré des ventes ni de hausse mesurée des revenus. Les organisateurs présentent les retombées rurales comme un objectif. Aucune nouvelle subvention ouverte aux candidatures n’a été annoncée dans les éléments rendus publics.
Le caractère traditionnel d’un aliment ne dispense pas de contrôler ses conditions de préparation. Les débats ont précisément associé l’identité alimentaire aux exigences sanitaires contemporaines. Ils n’ont pas établi une supériorité nutritionnelle générale des produits traditionnels.
L’université veut accompagner les entreprises familiales
Michel Saghbini a mis en avant les compétences de l’Université antonine en gestion, communication, santé publique et entrepreneuriat. Il souhaite les mobiliser au service des petits projets et des entreprises familiales.
Le recteur a proposé de prolonger cette coopération au cours de l’année universitaire. Des ateliers et des activités de terrain pourraient associer les trois implantations de l’établissement, notamment Nabi Ayla, dans la région de Zahlé, et Majdlayya, près de Zghorta. Cette perspective reste une orientation annoncée, sans calendrier détaillé de formations.
Il a accordé une place particulière aux femmes des zones rurales. Leurs savoir-faire dans la préparation de la mouneh et la transformation des aliments peuvent servir de point de départ à une activité rémunérée. L’accompagnement évoqué porte sur la planification, la gestion et la commercialisation.
La transmission ne concerne donc pas seulement les recettes. Elle touche aussi l’organisation d’une activité capable de durer. L’exposition a accueilli des produits des monastères antonins, présentés comme le résultat de leur pratique agricole et de conservation des récoltes.
Les restaurants comme débouché
Tony Rami, président du syndicat des restaurateurs, a insisté sur le lien entre produits locaux et expérience touristique. La présence de spécialités régionales dans les restaurants peut faire connaître leur diversité aux visiteurs et aux consommateurs libanais.
Cette proposition met en relation producteurs et professionnels de la restauration. Elle ne correspond pas encore à un programme d’achat collectif ou à des contrats annoncés. Les quantités, les prix et les conditions d’approvisionnement restent à préciser dans d’éventuels accords commerciaux.
Nizar Hani a appelé à soutenir régulièrement les produits libanais. Il a cité deux rendez-vous de novembre : le salon Agri Lebanon le 19, puis une célébration consacrée à l’huile et à l’olive à Gharifé le 27.
Louis Lahoud prévoit également des rencontres dans les régions après cette première journée nationale. Pour le cadre juridique, la prochaine étape annoncée reste l’intégration des observations à l’ébauche de loi, avant sa transmission aux autorités compétentes.


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