Le déficit courant saoudien atteint 9,5 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026, contre 13,4 milliards un an auparavant. Le bulletin statistique de septembre 2026 de la Banque centrale saoudienne confirme cette amélioration annuelle, mais aussi le retour au déficit après l’excédent du début d’année. Les exportations pétrolières soutiennent les comptes extérieurs. Les services et les transferts des travailleurs continuent de peser sur leur solde.
Les chiffres de la Banque centrale saoudienne, SAMA, décrivent deux évolutions distinctes. Ce résultat trimestriel était déjà connu en octobre : Tim Callen, de l’Arab Gulf States Institute, l’analysait le 2 octobre 2026. Entre avril et juin, le déficit diminue de 29,5 % par rapport à la même période de 2025. En revanche, il succède à un excédent de 4,1 milliards de dollars au premier trimestre 2026.
Ces données restent provisoires. SAMA classe le deuxième trimestre 2026 parmi les estimations et les trimestres précédents parmi les résultats préliminaires. Le bulletin de septembre rassemble des séries dont les dates diffèrent : les réserves vont jusqu’à septembre, la balance des paiements jusqu’à juin.
Le déficit courant saoudien recule sur un an
Le compte courant additionne les échanges de biens, les services, les revenus primaires et les revenus secondaires. Il mesure les opérations courantes de l’économie avec le reste du monde. Il se distingue du solde budgétaire, qui compare les recettes et les dépenses publiques. Un déficit courant ne constitue donc pas une mesure du déficit du budget saoudien.
Au deuxième trimestre, l’Arabie saoudite conserve un excédent commercial de marchandises de 21,7 milliards de dollars. Celui-ci augmente de près de 5,9 milliards sur un an. Il compense partiellement les sorties enregistrées dans les services et les transferts.
| Solde | T2 2025 | T2 2026 |
|---|---|---|
| Biens | +15,822 | +21,739 |
| Services | −17,308 | −16,351 |
| Revenus primaires | +3,532 | +4,386 |
| Revenus secondaires | −15,487 | −19,247 |
| Compte courant | −13,441 | −9,473 |
L’amélioration des biens domine la comparaison annuelle. Les services réduisent également leur déficit, tandis que l’excédent des revenus primaires augmente. La dégradation des revenus secondaires, qui comprennent les transferts personnels, absorbe une partie de ces gains.
Le pétrole reste le principal apport
Les exportations pétrolières atteignent 54,2 milliards de dollars entre avril et juin 2026. Elles progressent de 9,4 % sur un an. Mais elles reculent de 12 % par rapport au premier trimestre, lorsqu’elles dépassaient 61,6 milliards. Ce mouvement explique une part importante du retournement trimestriel.
Les exportations non pétrolières s’établissent à 21 milliards de dollars, contre près de 23 milliards un an plus tôt. Leur recul atteint 8,3 %. Cette catégorie associe les produits fabriqués dans le royaume et les réexportations.
Sur l’ensemble des biens, les recettes atteignent 76,4 milliards de dollars et les dépenses 54,7 milliards au deuxième trimestre. Les achats varient peu par rapport au trimestre précédent, alors que les ventes diminuent. L’excédent des biens passe ainsi de 30,1 à 21,7 milliards de dollars.
Services et transferts absorbent l’excédent commercial
Les services présentent un déficit de 16,4 milliards de dollars. Leurs recettes atteignent 15,9 milliards, face à des dépenses de 32,2 milliards. Le solde s’améliore sur un an, mais se dégrade par rapport au premier trimestre.
Le poste des voyages reste excédentaire de 2,4 milliards de dollars. Les recettes correspondantes atteignent 9 milliards, contre 6,7 milliards de dépenses. Ce résultat positif ne suffit pas à compenser les déficits du transport, de la construction et des autres services.
Les transferts des travailleurs vers l’étranger atteignent, eux, 18,2 milliards de dollars. Ils augmentent de 31,4 % par rapport au deuxième trimestre 2025 et dépassent les 17,3 milliards du début de 2026. Cette sortie constitue la principale composante du déficit des revenus secondaires.
Des réserves de 465,7 milliards à fin septembre
Le même bulletin permet de préciser le montant des réserves officielles. SAMA comptabilise 1 746,3 milliards de riyals d’avoirs de réserve à fin septembre 2026. Au taux de 3,75 riyals pour un dollar, cela représente 465,7 milliards de dollars, contre 487,3 milliards fin août.
Le chiffre de 440,7 milliards de dollars correspond à un périmètre plus étroit. Il additionne les devises et dépôts à l’étranger aux placements en titres étrangers. Il exclut l’or monétaire, les droits de tirage spéciaux et la position de réserve auprès du Fonds monétaire international.
À périmètre identique, le total des avoirs de réserve baisse de 21,6 milliards de dollars entre août et septembre. Cette évolution de fin d’été est distincte des flux courants enregistrés au printemps.
Sur les six premiers mois de 2026, le compte courant affiche un déficit cumulé de 5,4 milliards de dollars. Il atteignait 16,3 milliards au premier semestre 2025. Cette édition du bulletin ne fournit pas encore le résultat du compte courant du troisième trimestre. Les estimations trimestrielles présentées ne constituent pas une prévision pour l’ensemble de 2026.
Source des données : Banque centrale saoudienne, Bulletin statistique mensuel de septembre 2026, tableaux de la balance des paiements et des avoirs de réserve. Données consultées le 3 novembre 2026 ; les montants en dollars des réserves sont calculés au taux de 3,75 riyals pour un dollar.


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