dimanche, janvier 25, 2026

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Edito: L’ombre d’une chute, le gouvernement Barnier et l’ironie libanaise

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Le gouvernement dirigé par Michel Barnier vacille dangereusement, pris dans l’étau d’un jeu politique sans merci. À Paris, le spectre d’un budget inexistant se profile, annonciateur d’une paralysie de l’État. Pourtant, ce n’est pas l’opposition classique qui pousse l’exécutif au bord du gouffre, mais une alliance improbable entre Marine Le Pen et les forces de la France Insoumise (LFI). Cette étrange collaboration ne reflète pas une convergence idéologique, mais bien un calcul stratégique de vengeance politique. Ce coup pourrait coûter cher à la majorité Barnier, mais aussi à la France.

Une coalition par opportunisme et règlement de comptes

Marine Le Pen, cheffe du Rassemblement national (RN), fournit les voix nécessaires à la motion de censure qui menace de faire chuter le gouvernement. Son rapprochement tactique avec l’extrême gauche et les Insoumis n’a rien de spontané : il s’agit d’une manœuvre savamment orchestrée pour affaiblir Michel Barnier. Plus qu’un simple acte de déstabilisation, certains y voient une réponse directe à l’affaire judiciaire qui plane sur elle.

En effet, Marine Le Pen est actuellement impliquée dans une affaire de détournement de fonds européens, pour laquelle le parquet a requis cinq ans de prison, dont deux ferme aménageables, ainsi qu’une peine d’inéligibilité de cinq ans. Cette dernière, assortie de l’exécution provisoire, pourrait compromettre ses ambitions présidentielles pour 2027. Soutenir la chute du gouvernement Barnier pourrait être sa façon de faire payer à l’exécutif son incapacité à empêcher ce qu’elle perçoit comme une instrumentalisation de la justice à son encontre.

La France face à la paralysie budgétaire

Si cette motion de censure aboutit, la France se retrouverait sans gouvernement ni budget adopté, un scénario particulièrement préoccupant à quelques semaines de la fin de l’année. Michel Barnier, malgré ses efforts pour trouver des compromis de dernière minute, semble pris au piège d’un Parlement fragmenté et d’alliances improbables, révélant une crise profonde des institutions. Cette instabilité menace de paralyser des secteurs essentiels de l’administration publique et de fragiliser davantage une économie déjà en tension.

L’ironie libanaise : une continuité dans le chaos

Pendant ce temps, à des milliers de kilomètres de là, le Liban, plongé dans une crise politique et institutionnelle chronique, parvient à maintenir une certaine continuité administrative. Malgré l’absence d’un président depuis des mois et un gouvernement réduit à expédier les affaires courantes, des projets de budget continuent d’être élaborés. Certes, ils ne reflètent pas une gestion exemplaire, mais leur simple existence contraste avec la situation française.

Le Liban, habitué au chaos, semble avoir développé une forme de résilience qui manque aujourd’hui à la France. Ce paradoxe met en lumière deux systèmes politiques aux antipodes : l’un, bien que dysfonctionnel, survit par une inertie presque absurde, et l’autre, doté d’institutions solides, vacille à la moindre crise de majorité.

Une vengeance coûteuse pour Marine Le Pen

En jouant la carte de la déstabilisation, Marine Le Pen s’expose à des risques politiques considérables. Si l’effondrement du gouvernement Barnier renforce temporairement son influence, il pourrait à long terme fragiliser l’image du RN comme parti capable de gouverner. Par ailleurs, cette alliance avec la France Insoumise pourrait alarmer son électorat traditionnel, peu enclin à soutenir des figures de gauche radicale.

Pourtant, l’objectif immédiat semble clair : utiliser la chute du gouvernement comme levier pour redorer son blason face à l’épreuve judiciaire qui menace de l’écarter du paysage politique. Cette manœuvre pourrait également lui permettre de détourner l’attention de ses propres fragilités.

Et après ?

Le risque pour la France est double : une paralysie budgétaire qui handicaperait gravement le fonctionnement de l’État et une crise institutionnelle à laquelle la Cinquième République, malgré ses fondations solides, n’est pas préparée. Mais le véritable perdant pourrait être le citoyen français, pris en otage dans un jeu politicien qui rappelle, par son absurdité, les blocages parlementaires libanais.

Si Marine Le Pen voulait un coup d’éclat pour marquer les esprits et renforcer son poids politique, elle l’a obtenu. Mais à quel prix ? Dans une démocratie qui se veut exemplaire, les rancunes personnelles et les règlements de comptes politiques ne peuvent que fragiliser davantage une nation déjà en quête de stabilité.

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Newsdesk Libnanews
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