Mohammad Haïdar veut renforcer les contrôles sur l’emploi syrien au Liban. Dans un entretien publié jeudi 5 novembre, le ministre du Travail annonce des inspections menées avec la Sûreté générale. Il cite trois secteurs : les boulangeries, les salons de coiffure et les boucheries. Ces déclarations suivent sa visite officielle à Damas, le 2 novembre, où les deux gouvernements ont discuté de l’organisation du travail des Syriens au Liban.
Le ministre défend une application plus stricte des règles existantes et souhaite accroître la place des salariés libanais. Il n’annonce ni interdiction générale de l’emploi syrien ni nouvel accord signé avec Damas.
Emploi syrien au Liban : les établissements visés
Mohammad Haïdar distingue la propriété des commerces de l’emploi de leurs salariés. Dans les activités qu’il mentionne, il affirme que les établissements doivent appartenir à des Libanais. Des Syriens peuvent en revanche y travailler, à condition de respecter le cadre légal. Il présente cette distinction comme le principe qui guidera les inspections.
Pour les boulangeries, le ministre souhaite notamment davantage de salariés libanais dans les espaces de vente. Il ne fixe pas de quota et ne donne pas de nombre de recrutements attendu. Des visites de terrain ont déjà lieu, précise-t-il. Son ministère entend les intensifier avec l’appui de la Sûreté générale.
L’entretien ne comporte pas de bilan des établissements inspectés ou des infractions relevées. Il ne détaille pas non plus de nouvelles sanctions. Haïdar rattache son initiative à la lutte contre le chômage et dit avoir averti ses interlocuteurs syriens des conséquences des contrôles pour les personnes en situation irrégulière.
À Damas, une coordination entre ministères
Le ministre faisait partie de la délégation conduite par le vice-premier ministre Tarek Mitri, avec Rima Karami, chargée de l’Éducation, et Hanine Sayed, ministre des Affaires sociales. Au palais Tichrine, Hind Kabawat, ministre syrienne des Affaires sociales et du Travail, a reçu Hanine Sayed et Mohammad Haïdar.
Les échanges ont porté sur de possibles accords encadrant l’emploi des Syriens au Liban. Ils ont aussi abordé l’enregistrement des personnes qui rentrent en Syrie et le développement de leurs régions d’accueil. Ces sujets restent en discussion : aucun accord bilatéral sur le travail n’a été annoncé à l’issue de cette rencontre.
Haïdar décrit des discussions franches et annonce une équipe technique pour poursuivre la coordination. Il ne précise ni sa composition ni la date de sa première réunion. Il insiste aussi sur son mandat : à Damas, il représentait le gouvernement libanais, et non le Hezbollah.
Les boulangeries attendent des précisions
Le secteur avait déjà demandé davantage de temps pour régulariser ses salariés étrangers. Le 5 octobre, l’Union des syndicats des boulangeries et pâtisseries avait sollicité une prolongation du délai arrivé à échéance le 30 septembre. Elle souhaitait poursuivre les démarches avec le ministère du Travail et la Sûreté générale sans perturber la production.
Cette demande ne valait pas prolongation accordée. Dans son entretien du 5 novembre, Mohammad Haïdar ne précise pas la réponse apportée au syndicat, ni les délais qui accompagneront le renforcement des inspections.


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