En Israël, les accusations de fraude électorale opposent désormais ouvertement la procureure générale au Likoud et au Shin Bet. Mardi 3 novembre, Gali Baharav-Miara a réclamé les éléments justifiant d’éventuels interrogatoires d’élus arabes. Le parti de Benjamin Netanyahu l’accuse d’entraver l’enquête. Les partis visés rejettent ces accusations. La publication des résultats du scrutin du 27 octobre reste annoncée pour ce mercredi 4 novembre.
Fraude électorale : des preuves exigées avant les auditions
La procureure générale répond à des informations sur une demande du directeur du Shin Bet, David Zini. Celui-ci souhaiterait interroger plusieurs responsables politiques arabes, selon la presse israélienne. Dans sa déclaration, Gali Baharav-Miara rappelle que des auditions doivent reposer sur des éléments qui les justifient.
Elle reproche également au service de sécurité intérieure de ne pas avoir transmis des pièces à l’équipe d’enquête commune. Selon sa déclaration, cette absence de transmission dure depuis deux jours. Elle estime que ce manque de coopération freine les investigations.
La distinction est importante : demander la communication de preuves ne revient pas à établir l’innocence ou la culpabilité des personnes concernées. Les éléments publics consultés ne permettent pas de conclure à une fraude. Ils documentent un désaccord sur les conditions dans lesquelles l’enquête doit avancer.
Le Likoud accuse la procureure d’obstruction
Le Likoud présente une lecture opposée. Le parti du premier ministre accuse Gali Baharav-Miara de bloquer les investigations et de couvrir une manipulation du vote. Il invoque notamment une possible intervention d’acteurs étrangers. Ces accusations restent celles du parti ; elles ne constituent pas des conclusions judiciaires.
Les formations arabes les rejettent. Gadi Eisenkot, figure centrale de l’opposition, accuse de son côté Netanyahu et son parti de mettre en danger les institutions. L’échange intervient alors qu’aucun camp ne dispose seul d’une majorité parlementaire.
Le calendrier des résultats maintenu
Le président de la Commission électorale centrale, Noam Sohlberg, a de nouveau écarté mardi un report de la publication des résultats. Selon sa réponse rapportée par la presse israélienne, la commission ne dispose pas du pouvoir de suspendre cette échéance. Il renvoie les contestations éventuelles vers les tribunaux.
Des représentants du bloc Netanyahu avaient demandé que les soupçons soient discutés devant la commission. Sohlberg distingue cette discussion de la publication officielle. Une enquête en cours ne signifie donc pas, à elle seule, que le calendrier électoral est arrêté.
À l’heure de cette publication, la remise des résultats au président Isaac Herzog demeure un rendez-vous annoncé. Elle ne doit pas être confondue avec un événement déjà accompli.
Des négociations de coalition toujours ouvertes
Le rapport de forces issu du dépouillement explique l’importance politique de cette confrontation. Le bloc Netanyahu compte 53 sièges, contre 48 pour celui d’Eisenkot et 19 pour les formations arabes. La Knesset compte 120 députés.
Les partis arabes pourraient donc peser sur une majorité alternative. Mais une recommandation au président, un soutien extérieur et une participation gouvernementale constituent des engagements différents. Aucun de ces choix ne découle automatiquement du nombre de sièges.
Les consultations présidentielles doivent préciser les soutiens dont disposent les candidats à la formation d’un gouvernement. En parallèle, la transmission des éléments demandés par la procureure et les éventuelles décisions d’enquête restent à suivre.
Sources et références
- AFP, échange entre le Likoud et la procureure générale, 4 novembre 2026.
- Déclaration de la procureure générale reproduite par la presse israélienne, 3 novembre 2026.
- Réponse du président de la Commission électorale centrale, 3 novembre 2026.
- Libnanews, état des négociations publié le 2 novembre 2026.


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