dimanche, janvier 25, 2026

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Israël : l’après-Netanyahou se dessine-t-il ?

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Alors que la scène politique israélienne est profondément marquée par la gestion de la guerre à Gaza et par les tensions à la frontière nord avec le Liban, les débats autour de l’avenir de Benyamin Netanyahou prennent de l’ampleur. L’homme fort de la droite israélienne, Premier ministre depuis 2022 après un retour électoral, fait face à des critiques croissantes, y compris au sein de son propre camp. La question d’un « après-Netanyahou » ne relève plus uniquement de la spéculation politique : elle structure désormais les repositionnements internes, les initiatives diplomatiques et les perspectives stratégiques à moyen terme.

Un pouvoir fragilisé par la crise sécuritaire

Depuis la reprise des frappes contre le Liban et l’enlisement du conflit à Gaza, le gouvernement israélien est sous pression. La promesse d’une victoire rapide contre le Hamas, réitérée à plusieurs reprises, n’a pas été tenue. Les tensions sur le front nord, bien qu’épisodiques, ont renforcé les critiques sur la gestion sécuritaire du pays.

Netanyahou, dont la légitimité reposait en grande partie sur sa posture de stratège sécuritaire, voit aujourd’hui cette image ébranlée. Les manifestations contre sa politique se sont multipliées dans plusieurs villes israéliennes, portées à la fois par des groupes pacifistes, des familles de réservistes, et des formations politiques centristes.

L’opposition, menée par des figures comme Benny Gantz ou Yair Lapid, capitalise sur ce climat pour proposer une alternative de gouvernement d’union nationale ou de retour au dialogue régional. Même au sein du Likoud, certains députés remettent en cause la capacité du Premier ministre à porter le pays dans une phase de reconstruction politique et militaire.

La justice en arrière-plan

Netanyahou reste formellement inculpé dans plusieurs affaires de corruption. Ces procédures, ouvertes bien avant son retour au pouvoir, ont été suspendues ou reléguées au second plan dans le contexte du conflit, mais elles continuent de peser lourdement sur sa crédibilité.

L’éventualité d’une reprise de ces procès après une désescalade militaire pourrait affaiblir davantage sa position. Plusieurs éditorialistes israéliens évoquent même une possible relance de la machine judiciaire à l’issue des opérations en cours.

Ces affaires rappellent que la survie politique de Netanyahou reste suspendue à un équilibre fragile entre contrôle sécuritaire, cohésion gouvernementale et tolérance judiciaire. Si l’un de ces piliers flanche, l’édifice peut vaciller.

Reconfigurations à droite et stratégies d’après

L’un des signes les plus visibles d’un après-Netanyahou en gestation est la recomposition du camp de droite. Des figures telles que Nir Barkat, Gideon Sa’ar ou encore Avigdor Lieberman cherchent à se positionner comme héritiers légitimes de la ligne sécuritaire sans l’héritage encombrant des affaires.

Leur stratégie repose sur une prise de distance avec le ton clivant de Netanyahou, tout en conservant une fermeté sur les dossiers palestinien et libanais. Ils tentent de séduire les électeurs de droite modérée lassés par les tensions constantes, mais inquiets d’un retour au pouvoir du centre ou de la gauche.

Dans ce paysage, l’armée joue également un rôle politique indirect. La popularité relative de certains généraux, notamment ceux qui s’expriment avec modération ou proposent des scénarios de sortie de crise, pourrait peser dans une recomposition politique à venir.

Réactions régionales et implications pour le Liban

Au Liban, l’avenir de Netanyahou est observé avec attention. Pour le Hezbollah, son maintien au pouvoir est souvent présenté comme une opportunité stratégique : ses choix militaires sont jugés brutaux mais prévisibles, ce qui permet d’anticiper les réponses.

Une éventuelle sortie du pouvoir ouvrirait une période d’incertitude : les nouveaux dirigeants israéliens pourraient vouloir marquer leur autorité par une politique plus offensive, ou au contraire tester des canaux diplomatiques indirects.

Les chancelleries arabes, quant à elles, adoptent une posture attentiste. Certaines capitales du Golfe souhaitent la poursuite des accords d’Abraham, même au prix d’une stabilité relative du gouvernement israélien. D’autres, comme la Jordanie ou l’Égypte, privilégient une sortie de Netanyahou pour relancer les négociations régionales à l’arrêt.

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Newsdesk Libnanews
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