La Haute Cour de Hong Kong a condamné Joshua Wong à dix ans de prison, jeudi 5 novembre, pour complot en vue de collusion avec des forces étrangères. Le militant prodémocratie avait plaidé coupable le 2 septembre. Il s’agit de sa deuxième condamnation au titre de la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin en 2020.
Âgé de 30 ans et détenu depuis 2020, Joshua Wong purgeait déjà une peine de quatre ans et huit mois pour complot en vue de subversion, liée à sa participation à des primaires non officielles du camp démocrate. Il devait pouvoir sortir en janvier 2027.
Une nouvelle peine, avec deux mois de chevauchement
Le juge William Tam a ordonné que le reliquat de la première peine, soit environ deux mois, soit exécuté en même temps que la nouvelle. La décision prolonge donc lourdement sa détention, mais les dix ans ne s’ajoutent pas intégralement à la durée qui lui restait à purger.
Dans cette seconde affaire, l’accusation portait sur des démarches menées avec Nathan Law, aujourd’hui en exil, et d’autres personnes afin d’obtenir des sanctions, des blocus ou d’autres mesures hostiles contre la Chine et Hong Kong. Les faits poursuivis se situent entre juillet et novembre 2020, après l’entrée en vigueur de la loi.
Dans un communiqué publié jeudi, le gouvernement hongkongais indique que la cour a retenu la gravité des faits. Il évoque notamment des contacts avec des responsables étrangers et la diffusion d’appels à des sanctions sur les réseaux sociaux et dans les médias. Le chef de l’exécutif, John Lee, a défendu la condamnation, accusant Joshua Wong et ses alliés d’avoir porté atteinte à la stabilité du territoire.
Des condamnations à l’étranger
Les États-Unis ont dénoncé le jugement et demandé la libération immédiate du militant, selon une déclaration de leur consulat à Hong Kong rapportée par la presse internationale. Amnesty International y voit un nouvel exemple de l’utilisation de la loi sur la sécurité nationale pour réprimer la dissidence. Les autorités hongkongaises rejettent ces critiques et affirment que les poursuites reposent sur les preuves et le droit.
Joshua Wong s’était fait connaître adolescent lors des mobilisations étudiantes. Devenu l’un des visages du mouvement des Parapluies en 2014, il avait ensuite cofondé le parti Demosisto, dissous en 2020 au moment de l’adoption de la loi sur la sécurité nationale.


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