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Kharg : Téhéran évoque une invasion, des sources parlent déjà d’une présence américaine

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Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, affirme que les « ennemis » de l’Iran se préparent à occuper une île iranienne du Golfe avec l’appui d’un État régional. Sans citer Kharg, sa déclaration intervient alors que cette île stratégique est au centre des spéculations militaires. À cette heure, cette présence n’a toutefois pas été confirmée officiellement par Washington.  

Mohammad Bagher Ghalibaf a lancé son avertissement mercredi 25 mars. Sur X, le président du Parlement iranien a écrit que, selon les services de renseignement iraniens, « les ennemis de l’Iran » se préparaient à occuper une de ses îles avec le soutien d’un État de la région. Il a ajouté que, dans une telle hypothèse, « l’ensemble des infrastructures vitales » de cet État régional seraient visées par des frappes continues. Cette déclaration s’inscrit dans une séquence où Téhéran multiplie les mises en garde sur ses îles du Golfe et sur sa façade sud.  

Le nom de Kharg s’impose dans ce contexte. Reuters rapportait le 18 mars que l’administration Trump examinait plusieurs options militaires au Moyen-Orient, dont la sécurisation du détroit d’Ormuz et de l’île iranienne de Kharg, principale plateforme d’exportation pétrolière du pays. Kharg assurait l’essentiel des exportations de brut iranien et qu’une frappe américaine y avait déjà visé des objectifs militaires sans toucher directement les installations pétrolières.  

Le renforcement militaire américain dans la région est documenté. Le Washington Post a révélé que le Pentagone avait ordonné le déploiement d’environ 2 000 parachutistes de la 82e division aéroportée vers le Moyen-Orient. L’article précisait que les options envisagées incluaient notamment Kharg. Reuters a, de son côté, rapporté le 20 mars l’envoi de milliers de militaires supplémentaires, dont environ 2 500 marines à bord du groupe amphibie de l’USS Boxer, tandis qu’une autre force amphibie avec la 31st Marine Expeditionary Unit faisait route vers la région. L’Associated Press a également fait état du départ d’au moins 1 000 soldats de la 82e Airborne pour le Moyen-Orient.  

Autrement dit, deux niveaux d’information coexistent désormais. Le premier est confirmé : Washington renforce massivement ses moyens dans la région et étudie des options autour de Kharg. Le second reste non confirmé officiellement : la présence déjà effective de forces spéciales américaines sur l’île. Journalistique­ment, cette distinction est essentielle. L’existence de préparatifs et de scénarios ne vaut pas preuve publique d’un débarquement ou d’un prépositionnement déjà réalisé.  

La réaction iranienne laisse toutefois penser que Téhéran traite cette hypothèse comme crédible. Reuters rapportait le 23 mars que le Conseil de défense iranien avait averti qu’une attaque contre la côte sud ou les îles iraniennes entraînerait une fermeture plus large du Golfe, avec pose de mines et autres moyens navals. La déclaration de Ghalibaf prolonge clairement cette ligne : toute tentative contre une île iranienne déclencherait, selon lui, une riposte régionale contre les infrastructures d’un pays voisin allié aux États-Unis.  

Kharg concentre cette tension parce que l’île n’est pas un simple morceau de territoire. Elle est l’un des centres vitaux du dispositif énergétique iranien. Une opération américaine sur Kharg, même limitée, aurait donc une portée bien plus large qu’une simple démonstration militaire. Elle toucherait directement le pétrole iranien, le rapport de force dans le Golfe et la bataille autour d’Ormuz. C’est aussi ce qui explique pourquoi chaque mouvement américain autour de cette île est désormais scruté à Téhéran comme un possible prélude à une nouvelle phase de la guerre.  

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