Dans son rapport 2024 sur la liberté de la presse dans 180 pays, l’organisation internationale Reporters sans frontières (RSF) a classé le Liban à la 140e place au niveau mondial et au neuvième rang parmi 20 pays arabes. Ce classement marque une dégradation par rapport à 2023, où le Liban occupait la 119e position mondiale et la troisième place régionale.
Méthodologie et critères de classement
L’indice de RSF évalue le niveau de liberté dont jouissent les journalistes et les médias dans chaque pays, ainsi que les efforts déployés pour respecter cette liberté. Il repose sur un questionnaire et des données quantitatives concernant les abus et les actes de violence contre les journalistes et les médias. Cinq indicateurs contextuels sont utilisés pour calculer le score de chaque pays : le contexte politique, le cadre juridique, le contexte économique, le contexte socioculturel et la sécurité.
Chaque pays reçoit un score allant de 0 à 100, reflétant le degré de liberté de la presse. Les pays sont ensuite classés en cinq catégories : bonne situation, plutôt bonne, problématique, difficile et très grave.
Le Liban dans le contexte global et régional
Avec un score de 41,91 points, le Liban se situe bien en dessous de la moyenne mondiale de 55,87 points, mais légèrement au-dessus de la moyenne des pays arabes. Globalement, le Liban est classé entre l’Éthiopie, le Kazakhstan et la Libye, et affiche un niveau de liberté de la presse inférieur à celui d’Oman, du Guatemala et de l’Algérie.
Au niveau régional, le Liban est devancé par la Mauritanie, le Qatar, la Tunisie, le Maroc, le Koweït, la Jordanie, Oman et l’Algérie. Parmi les pays arabes, seuls la Libye, le Soudan, le Yémen, la Palestine, les Émirats arabes unis, Djibouti, l’Arabie saoudite, l’Irak, l’Égypte, Bahreïn et la Syrie sont classés derrière le Liban.
Analyse des composants de l’indice pour le Liban
- Contexte politique : Classé 102e mondialement et quatrième parmi les pays arabes, le Liban a obtenu un score de 45,0. Ce critère évalue l’indépendance des médias face à la pression politique. Seuls la Mauritanie, le Qatar et la Tunisie devancent le Liban dans ce domaine parmi les économies arabes.
- Cadre juridique : Le Liban est 133e mondialement et sixième parmi les pays arabes avec un score de 45,6. Ce critère mesure la protection juridique des journalistes contre la censure et les sanctions judiciaires. Le Liban est derrière la Mauritanie, la Tunisie, le Maroc et le Koweït.
- Contexte économique : Avec un score de 34,8, le Liban est classé 141e mondialement et 12e parmi les pays arabes. Ce critère examine les contraintes économiques qui affectent les médias, tels que la concentration de la propriété des médias et les pressions financières.
- Contexte socioculturel : Classé 101e mondialement et septième parmi les pays arabes avec un score de 42,2, le Liban fait face à des défis socioculturels liés à la liberté de la presse, y compris les pressions sociales et religieuses.
- Sécurité : Le Liban se classe 153e mondialement et 13e parmi les pays arabes avec un score de 41,9. Ce critère évalue le niveau de risque physique et psychologique pour les journalistes, y compris l’intimidation, le harcèlement et la surveillance.
Le rapport de RSF place le Liban parmi les pays où la situation de la liberté de la presse est « difficile ». Sur les 49 pays dans cette catégorie, huit sont des pays arabes. La situation au Liban est particulièrement préoccupante en raison de la combinaison de facteurs politiques, juridiques, économiques, socioculturels et de sécurité qui entravent sérieusement le travail des journalistes. Pour améliorer la situation, des réformes structurelles et une volonté politique forte sont nécessaires pour garantir la liberté de la presse et protéger les journalistes.





