Selon un récent rapport de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), le Liban enregistre le taux de chômage des jeunes le plus élevé de la région MENA pour l’année 2024. Avec un taux dépassant les 42 %, les jeunes âgés de 15 à 24 ans sont particulièrement touchés par une crise économique et sociale persistante, exacerbée par des inégalités structurelles et un marché de l’emploi stagnant.
Une situation aggravée par la crise économique
Depuis 2019, le Liban traverse une crise économique sans précédent, marquée par une dévaluation drastique de la monnaie, une inflation galopante et un effondrement des institutions publiques. Ces facteurs ont directement impacté le marché du travail, où les opportunités pour les jeunes se sont drastiquement réduites.
Le secteur privé, historiquement le principal pourvoyeur d’emplois, a été fortement touché par des faillites d’entreprises, des compressions de personnel et des restrictions d’accès au capital. De leur côté, les secteurs public et parapublic, autrefois attractifs, souffrent de coupes budgétaires massives, rendant l’emploi dans ces institutions quasi inexistant.
Comparaison régionale : le Liban, un cas extrême
Dans la région MENA, le chômage des jeunes reste globalement élevé par rapport aux normes internationales, atteignant en moyenne 25 % selon l’OIT. Cependant, le taux de 42 % enregistré au Liban place le pays loin devant des voisins comme la Jordanie (31 %), l’Égypte (27 %) et le Maroc (21 %).
Cette situation s’explique par la combinaison unique de facteurs économiques, politiques et sociaux spécifiques au Liban, notamment la fuite des talents et l’exode massif des jeunes diplômés vers l’étranger.
Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.
| Pays | Taux de chômage des jeunes (%) |
|---|---|
| Liban | 42 |
| Jordanie | 31 |
| Égypte | 27 |
| Maroc | 21 |
| Tunisie | 29 |
| Yémen | 37 |
L’exode des compétences : une menace pour l’avenir
Le « brain drain » constitue un des principaux défis pour le marché de l’emploi libanais. Depuis 2019, des centaines de milliers de jeunes diplômés, principalement dans les secteurs de l’ingénierie, de la santé et de la finance, ont quitté le pays pour chercher des opportunités à l’étranger.
Selon une étude de la Banque mondiale, près de 40 % des diplômés universitaires libanais travaillent désormais hors du pays. Cet exode prive le Liban de ressources humaines qualifiées, rendant encore plus difficile la reprise économique à long terme.
Un système éducatif déconnecté des besoins du marché
Le rapport de l’OIT met en évidence un écart important entre le système éducatif libanais et les besoins réels du marché du travail. Les jeunes diplômés dans des disciplines comme les sciences humaines et sociales trouvent peu d’opportunités, tandis que les secteurs en croissance, tels que la technologie et les énergies renouvelables, souffrent d’un manque de compétences spécialisées.
En outre, les écoles techniques et les centres de formation professionnelle, essentiels pour répondre aux besoins de l’industrie et des PME, sont sous-financés et mal adaptés aux nouvelles exigences du marché.
Perspectives et solutions pour réduire le chômage des jeunes
Pour lutter contre cette crise, le rapport de l’OIT recommande des réformes structurelles dans le secteur de l’emploi et de l’éducation. Ces réformes incluent :
- Encourager l’entrepreneuriat chez les jeunes à travers des subventions et des programmes de mentorat.
- Moderniser l’éducation en l’adaptant aux besoins du marché, avec un accent sur les compétences numériques et techniques.
- Créer des partenariats public-privé pour stimuler la création d’emplois dans des secteurs stratégiques comme la technologie et l’agriculture.
- Réduire les obstacles administratifs pour attirer les investissements étrangers et relancer le secteur privé.



