samedi, janvier 31, 2026

Les derniers articles

Articles liés

Le ministère de l’Intérieur libanais annonce la disponibilité des listes électorales préliminaires pour 2026-2027

- Advertisement -

Beyrouth – Dans un contexte marqué par les préparatifs intenses des élections législatives prévues en mai prochain, le ministère de l’Intérieur et des Municipalités a publié ce vendredi un communiqué officiel indiquant que les listes électorales préliminaires pour les années 2026-2027 sont désormais prêtes. Cette annonce, conforme aux dispositions des articles 32, 33 et 34 de la loi n°44 du 17 juin 2017 relative aux élections parlementaires, intervient à un moment où le Liban s’efforce de consolider ses institutions démocratiques au milieu de défis sécuritaires et économiques persistants. Les autorités invitent les électeurs, résidents comme non-résidents, à vérifier et corriger leurs inscriptions du 1er février au 1er mars 2026, une étape cruciale pour garantir la transparence du scrutin à venir.

Ce développement administratif, qui fait suite à la signature récente d’un décret par le ministre de l’Intérieur Ahmad al-Hajjar convoquant les corps électoraux, souligne l’engagement du gouvernement dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam à respecter les délais constitutionnels. Les élections, fixées aux 1er et 3 mai pour les expatriés et au 10 mai pour les votants sur le territoire national, représentent un enjeu majeur pour le pays du Cèdre, qui sort d’une période de turbulences incluant un conflit armé avec Israël et une crise économique profonde. Avec plus de 4 millions d’électeurs potentiels inscrits, dont environ 150 000 expatriés enregistrés fin 2025, ce processus vise à actualiser les registres pour refléter les changements démographiques récents, notamment les déplacements internes dus aux hostilités au sud du pays.

Les listes préliminaires ont été distribuées sous forme de disques compacts aux municipalités, aux moukhtars (chefs de village), aux centres des gouvernorats et des districts, ainsi qu’au ministère des Affaires étrangères et des Émigrés. Cette mesure facilite l’accès public et permet une révision finale avant la clôture des inscriptions. Tout électeur constatant une omission, une erreur dans son nom ou tout autre irrégularité est tenu de soumettre une demande de correction auprès du comité d’inscription compétent dans le délai imparti. Le ministère précise que des copies de ces listes par circonscription électorale sont disponibles contre un paiement d’un million de livres libanaises, via un timbre fiscal ou un reçu financier, une disposition destinée à couvrir les frais administratifs sans entraver l’accès à l’information.

Cette initiative s’inscrit dans un cadre plus large de réformes électorales initiées par la loi de 2017, qui a introduit un système proportionnel pour l’élection des 128 députés, répartis selon un quota confessionnel dans 15 circonscriptions. Ce mécanisme, conçu pour mieux représenter la diversité confessionnelle du Liban – avec 64 sièges pour les musulmans (27 chiites, 27 sunnites, 8 druzes, 2 alaouites) et 64 pour les chrétiens (34 maronites, 14 grec-orthodoxes, 8 grec-catholiques, 5 arméniens orthodoxes, 1 arménien catholique, 1 protestant, 1 pour les autres minorités chrétiennes) – vise à atténuer les clivages historiques tout en favorisant une participation plus inclusive. Les élections de 2022, les premières sous ce régime, avaient vu une participation de 41 % sur le territoire et une forte mobilisation de la diaspora, avec plus de 225 000 votants à l’étranger.

Les préparatifs pour le scrutin de 2026

À quelques mois du vote, les autorités libanaises accélèrent les préparatifs logistiques. Le ministère de l’Intérieur, en coordination avec les gouvernorats et les ambassades, a mis en place des plateformes numériques pour faciliter l’accès aux listes. Le site officiel de la Direction générale de l’état civil (www.dgps.gov.lb) permettra dès le 1er février une consultation en ligne, complétée par des affichages physiques dans les bureaux locaux et les représentations consulaires. Cette numérisation partielle répond aux critiques passées sur l’opacité des registres, souvent entachés d’erreurs dues à l’absence de recensement national depuis 1932.

Le rôle des expatriés reste central, avec une inscription close en novembre 2025 à plus de 150 000 votants, un chiffre en hausse par rapport à 2022. Les Libanais de la diaspora, dispersés dans plus de 50 pays, voteront dans leurs ambassades ou consulats, un droit étendu par la loi de 2017 pour renforcer la légitimité du Parlement. Cependant, des défis persistent : les retards dans la délivrance de passeports biométriques et les contraintes sécuritaires dans certains pays hôtes pourraient limiter la participation. Le ministère des Affaires étrangères a alloué des ressources supplémentaires pour former le personnel consulaire et sécuriser les urnes électroniques, une mesure testée avec succès lors des précédents scrutins.

Sur le plan sécuritaire, le déploiement récent de l’armée libanaise au sud du Litani, annoncé le 8 janvier dernier, influence directement ces préparatifs. Conformément au plan gouvernemental « Bouclier de la patrie », l’armée a assumé le contrôle opérationnel de cette zone, marquant la première phase du désarmement des groupes non étatiques, dont le Hezbollah. Bien que le communiqué militaire n’ait pas explicitement nommé l’organisation, il affirme un engagement à maintenir la sécurité et la stabilité, particulièrement au sud, où les tensions avec Israël persistent. Des violations israéliennes de la souveraineté libanaise, documentées à plus de 2 000 incidents au cours des trois derniers mois de 2025, compliquent la tenue d’un scrutin paisible dans les circonscriptions frontalières comme celles de Tyr-Zahrani ou de Bint Jbeil-Nabatieh.

Les dynamiques politiques à l’approche du vote

Les élections de 2026 s’annoncent comme un test décisif pour le paysage politique libanais, fragmenté depuis la crise de 2019 et exacerbé par le conflit de 2024-2025. Le gouvernement Salam, formé en février 2025 après deux ans de vacance présidentielle, priorise les réformes économiques et judiciaires, avec un accent sur la mise en œuvre de la résolution 1701 de l’ONU. Le président Joseph Aoun, ancien chef de l’armée, incarne cette orientation, plaidant pour un monopole étatique sur les armes et une neutralité positive. Son administration a déjà adopté des lois clés sur la transparence financière et les nominations dans la fonction publique, contribuant à une croissance du PIB estimée à 3,5 % en 2025 selon la Banque mondiale.

Les alliances électorales se dessinent sans surprises majeures pour l’instant. Le camp souverain, incluant les Forces libanaises et le Parti socialiste progressiste, maintient une coordination étroite, tandis que le Parti des Kataëb ajuste ses partenariats pour privilégier la cohérence idéologique. Les forces pro-résistance, dominées par le Hezbollah et ses alliés, conservent leurs coalitions traditionnelles, malgré les pressions internes sur le désarmement. Les députés réformistes et les activistes issus de l’uprising de 2019 tentent de former des listes unifiées, bien que des divergences persistent. Notamment, les groupes d’opposition chiites dans les districts du sud gagnent du terrain, axés sur la souveraineté et la lutte contre la corruption.

Le Parlement sortant, élu en 2022, compte 68 députés sortants et seulement 7 femmes, un chiffre qui illustre les défis de la représentation genre. Les « députés du changement », au nombre de 12 en 2022, ont influencé les débats budgétaires, mais leur fragmentation risque de diluer leur impact en 2026. Les enjeux confessionnels restent prépondérants : dans les circonscriptions mixtes comme Beyrouth I ou Metn, les listes proportionnelles pourraient favoriser des candidatures indépendantes, rompant avec les blocs traditionnels.

Les implications sécuritaires et régionales

Au-delà des aspects administratifs, ces élections interviennent dans un contexte régional tendu. Les avertissements du Hezbollah contre une extension du désarmement au-delà du sud, formulés par un haut responsable le 14 janvier, soulignent les risques de déstabilisation. Le groupe, affaibli par les pertes subies lors du conflit récent, fait face à une crise de leadership interne, avec des tensions au sein de sa hiérarchie militaire. L’armée libanaise, soutenue par les États-Unis avec plus de 3 milliards de dollars d’aide depuis 2006, assume désormais un rôle accru, mais ses ressources limitées – un budget de défense érodé par l’inflation – posent question.

L’expiration du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) fin 2026 ajoute à l’incertitude. Le Premier ministre Salam a évoqué la nécessité d’une nouvelle présence internationale au sud, alors que des discussions diplomatiques avec Israël, via des émissaires civils, se poursuivent sur le retrait des zones occupées. Les violations israéliennes, incluant des survols et des incursions, ont été dénoncées par le président Aoun lors d’une rencontre avec la coordinatrice spéciale de l’ONU Jeanine Hennis-Plasschaert le 27 janvier, qui a réaffirmé le suivi onusien pour consolider la stabilité.

Sur le plan économique, la reprise modeste de 2025, avec une projection de 4 % de croissance en 2026 conditionnée aux réformes, dépend de la stabilité politique post-électorale. Le gouvernement a soumis un budget actualisé en juillet 2025, intégrant des mesures anti-corruption et une restructuration de la dette, en ligne avec les recommandations du FMI. Cependant, les coalitions confessionnelles et régionales – influencées par les sunnites à Tripoli, les chiites au sud et les chrétiens au Mont-Liban – pourraient perpétuer les dynamiques de clientélisme, freinant les avancées.

Les défis de la participation et de la transparence

La participation électorale, en baisse depuis 2009, constitue un autre enjeu. En 2022, le taux a varié de 45 % au Mont-Liban à moins de 30 % dans certaines zones du sud, impacté par l’apathie post-crise. Les initiatives comme le projet « Réforme électorale au Liban 2026 » de l’Association libanaise pour des élections démocratiques (Lade), financé par l’Union européenne, visent à promouvoir l’éducation des votants et la surveillance indépendante. Avec 22 millions d’euros alloués par l’UE depuis 15 ans pour soutenir les processus électoraux, ces efforts incluent la formation de 10 000 observateurs pour 2026.

Les femmes, sous-représentées avec seulement 6 % des sièges en 2022, bénéficient de campagnes pour des quotas, bien que la loi de 2017 n’en impose pas. Des figures comme celles issues du mouvement de 2019 poussent pour une plus grande inclusion, dans un système où les candidatures exigent un dépôt de 8 millions de livres libanaises, une barrière financière pour les indépendants.

Enfin, les implications immédiates de cette annonce se manifestent dans les districts frontaliers, où les destructions récentes ont déplacé plus de 100 000 personnes. L’armée, en coordination avec la Finul, sécurise les centres de vote potentiels, tandis que le gouvernement alloue des fonds pour reconstruire les infrastructures électorales endommagées. Ces mesures, bien que descriptives des efforts actuels, soulignent les pressions sur les institutions pour assurer un scrutin équitable dans un environnement volatile.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

A lire aussi