samedi, janvier 31, 2026

Les derniers articles

Articles liés

Le syndicat d’Électricité du Liban appelle à une grève d’avertissement le 3 février

- Advertisement -

Le syndicat des ouvriers et employés de l’établissement public Électricité du Liban (EDL) a tenu, ce jeudi 29 janvier 2026, sa réunion périodique au siège de l’institution à Beyrouth. Dans un communiqué publié à l’issue de cette assemblée, les représentants syndicaux ont réaffirmé leur refus catégorique de toute atteinte aux droits et aux acquis des travailleurs, s’inscrivant dans la continuité de leurs positions antérieures sur ces questions sensibles.

Les délégués ont insisté sur l’impératif de leur participation active en tant que partenaire essentiel dans toute modification apportée à la loi n° 462 de 2002, qui régit le secteur de l’électricité au Liban. Ils ont particulièrement mis en avant l’article 45 de cette loi, relatif aux droits des ouvriers et employés, en déclarant que tout amendement adopté sans leur consultation ne serait que lettre morte, inefficace sur le terrain. Cette exigence traduit les préoccupations quant à une possible remise en cause des garanties sociales et professionnelles dans un secteur confronté à des défis structurels persistants.

Le syndicat a par ailleurs exprimé son opposition ferme à l’élargissement des compétences accordées aux entreprises prestataires de services, tel que prévu dans les cahiers des charges actuels. Selon le communiqué, ces extensions reposent sur des arguments imprécis, visant essentiellement à accroître les bénéfices de ces sociétés privées, et ce malgré l’avis émis par le Conseil des comptes publics sur ce dossier. Les syndicalistes voient dans cette approche une menace pour les intérêts des employés publics et pour la qualité du service rendu.

Devant la poursuite de ces orientations, le syndicat a annoncé son intention d’engager des mesures d’escalade, commençant par des recours auprès des instances de contrôle et des autorités judiciaires compétentes. Les représentants ont affirmé qu’ils ne resteraient pas inertes face à ce qu’ils considèrent comme une atteinte aux droits des travailleurs et à la pérennité de leurs emplois.

Le communiqué aborde également le dossier des indemnités de fin de service, critiquant le manque d’intérêt manifesté par l’administration pour régler les fichiers de garantie sociale des employés ayant servi de longues années au sein de l’institution. À ces revendications s’ajoutent d’autres demandes liées à la rénovation du bâtiment central, aux cotisations sociales et à diverses questions touchant au quotidien des travailleurs.

En réponse à ces griefs, le syndicat a appelé à une grève et à un sit-in d’avertissement dans l’ensemble des centres d’EDL, fixés au mardi 3 février 2026. Cette action entraînera l’arrêt des tâches administratives, mais exclura les opérateurs des stations principales de transformation, les ouvriers chargés de l’exploitation dans les usines de production, ainsi que toute activité susceptible d’impacter la sécurité publique.

Les fondements d’une mobilisation syndicale

Cette annonce s’ancre dans un historique de tensions au sein d’EDL, où les revendications sociales se confrontent régulièrement aux contraintes opérationnelles de l’institution. La loi n° 462, promulguée en 2002, vise à restructurer le secteur électrique en séparant les activités de production, de transport et de distribution, tout en instaurant une autorité de régulation indépendante pour superviser les appels d’offres et fixer les tarifs. L’article 45 protège spécifiquement les droits des employés lors de toute restructuration, en assurant la continuité des contrats et des avantages.

Les syndicalistes craignent que les amendements envisagés ne diluent ces safeguards, favorisant une externalisation accrue. Le Conseil des comptes publics, dans des rapports antérieurs, a déjà pointé des risques liés à ces extensions de compétences pour les prestataires privés, notant des potentiels surcoûts sans amélioration proportionnelle de l’efficacité.

Les détails de l’action prévue

La grève d’avertissement, programmée pour le 3 février, vise à exercer une pression sans paralyser totalement le service électrique. Les exemptions pour les stations de transformation et les usines de production reflètent une approche responsable, évitant des interruptions qui pourraient aggraver les délestages déjà fréquents. Les employés dans ces secteurs critiques continueront leurs opérations pour maintenir la stabilité du réseau.

Cette mobilisation touche l’ensemble des centres d’EDL à travers le pays, de Beyrouth aux régions périphériques. Les tâches administratives, telles que la facturation et les procédures bureaucratiques, seront suspendues, ce qui pourrait entraîner des retards pour les usagers sans toutefois causer de coupures généralisées.

Les revendications au cœur du conflit

Au-delà de la participation à la réforme de la loi 462, le syndicat met l’accent sur les indemnités de fin de service, un dossier en suspens pour de nombreux employés vétérans. Le communiqué critique l’administration pour son inertie dans le traitement de ces fichiers, soulignant les impacts sur la sécurité financière des travailleurs.

D’autres demandes incluent la remise en état du bâtiment central, endommagé par les années et les conditions économiques, ainsi que des ajustements aux cotisations sociales pour mieux refléter la réalité inflationniste. Ces points illustrent les défis quotidiens faced par les employés dans un contexte de précarité accrue.

Les implications pour le secteur électrique

Cette action syndicale intervient alors que le secteur électrique libanais reste marqué par des déficits chroniques. La production nationale peine à répondre à la demande, entraînant des rationnements quotidiens. Les prestataires privés, via les générateurs, comblent partiellement ce vide, mais au prix d’une charge supplémentaire pour les ménages.

Le refus d’élargir les prérogatives des entreprises de services s’inscrit dans une crainte plus large d’une privatisation déguisée, qui pourrait marginaliser les employés publics. Le syndicat invoque l’avis du Conseil des comptes pour appuyer sa position, arguant que ces mesures privilégient les intérêts privés au détriment du public.

Les préparatifs et la coordination

À la veille de la grève, le syndicat a diffusé des instructions précises à ses membres, détaillant les modalités du sit-in dans les différents centres. Des comités locaux superviseront l’action, veillant au respect des exemptions pour préserver la sécurité publique. Cette coordination vise à maximiser l’impact tout en minimisant les risques pour la population.

Les discussions potentielles avec l’administration d’EDL pourraient émerger dans les prochains jours, mais pour l’heure, le syndicat maintient sa ligne ferme. Les recours aux instances judiciaires, évoqués comme étape suivante, signalent une volonté de poursuivre l’escalade si les revendications ne sont pas prises en compte.

Les enjeux pour les employés

Les ouvriers et employés d’EDL, au nombre de plusieurs milliers, font face à des conditions de travail dégradées par les contraintes budgétaires de l’institution. Les indemnités de fin de service représentent un pilier de leur sécurité sociale, particulièrement crucial dans un pays où les retraites publiques sont souvent insuffisantes.

La rénovation du bâtiment central, bien que technique, touche à la santé et à la sécurité au travail, avec des infrastructures vieillissantes posant des risques quotidiens. Les cotisations sociales, quant à elles, doivent être ajustées pour refléter l’évolution des coûts de la vie, un point récurrent dans les négociations syndicales.

Cette grève d’avertissement, si elle reste limitée dans le temps, pourrait préfigurer des mouvements plus amples si les autorités ne répondent pas aux attentes exprimées.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

A lire aussi