Le bilan humain de l’offensive israélienne au Liban continue de s’alourdir. Selon le ministère libanais de la Santé, relayé lundi 6 avril, le nombre total de morts depuis le 2 mars a atteint 1 497, tandis que 4 639 personnes ont été blessées. Sur le terrain, les dépêches de la NNA décrivent une séquence marquée par des bombardements soutenus dans le Sud, des frappes répétées sur la banlieue sud de Beyrouth et une pression croissante sur les services médicaux.
Le dernier décompte communiqué ce lundi par le ministère de la Santé marque une nouvelle aggravation par rapport au bilan diffusé la veille par la NNA, qui faisait état de 1 461 morts et 4 430 blessés. Cet écart montre à quel point la situation reste évolutive, les bilans étant régulièrement révisés au fur et à mesure de l’évacuation des blessés, des décès à l’hôpital et de la poursuite des opérations de secours.
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Au-delà des pertes humaines, la pression humanitaire reste considérable. La NNA rapportait dimanche, via l’unité de gestion des catastrophes du Grand Sérail, que le nombre de déplacés avait atteint 137 774 personnes. Ce chiffre donne la mesure de la déstabilisation en cours : la guerre ne se lit plus seulement à travers les frappes et les bilans quotidiens, mais aussi à travers un déplacement massif de population qui pèse sur les communes d’accueil, les écoles, les centres collectifs et les structures de santé.
Banlieue sud de Beyrouth : frappes répétées et avertissements d’évacuation
Parmi les évolutions les plus marquantes des dernières heures figure l’intensification des frappes sur la banlieue sud de Beyrouth. La NNA a indiqué que huit raids avaient visé jusqu’à dimanche différents secteurs de cette zone, confirmant une nouvelle séquence de bombardements concentrés sur la périphérie sud de la capitale. L’agence a aussi fait état de la reprise de vols israéliens à basse altitude au-dessus de Beyrouth et du Mont-Liban, signe d’une pression aérienne continue bien au-delà des localités frontalières.
La même dynamique s’est poursuivie avec un avertissement d’évacuation visant plusieurs quartiers de la banlieue sud, selon la NNA. Cette méthode, désormais récurrente, combine message préalable puis frappe, dans des zones densément peuplées où vivent des habitants, des déplacés et des familles qui accueillent des proches venus du Sud. Même lorsqu’un avertissement est émis, la concentration urbaine, la brièveté des délais et la saturation des axes rendent ces départs particulièrement difficiles.
Le Sud reste l’épicentre de la guerre
Le Sud-Liban demeure cependant le principal foyer des bombardements. La NNA a rapporté qu’une frappe israélienne sur Kfarhatta avait tué sept personnes, dont un enfant. Cet épisode illustre le coût humain particulièrement élevé des raids sur les localités méridionales, où les habitations, les axes de circulation et les zones résidentielles restent exposés à des attaques répétées.
L’agence officielle a aussi signalé, ce lundi matin, une série de raids sur des villages du district de Nabatiyé entre minuit et l’aube. Dans le même fil, la NNA mentionnait des morts dans une frappe sur Burj Rahhal ainsi que des survols israéliens couvrant le district de Tyr. Cette continuité des bombardements nocturnes et matinaux montre que la guerre n’observe plus de véritable cycle de pause. Les frappes se succèdent sur un rythme soutenu, avec des effets cumulatifs sur les secours, les hôpitaux et les habitants restés sur place.
Une pression sanitaire croissante
L’impact sur le système de santé apparaît de plus en plus net. La NNA a relayé l’appel du prêtre de Rmeish en faveur du déploiement urgent d’un hôpital de campagne dans la localité. Selon cette dépêche, la demande s’explique par la forte dégradation de la situation humanitaire et sanitaire dans la zone. Lorsqu’une autorité locale en vient à réclamer une structure médicale de terrain, cela signifie que les capacités ordinaires de prise en charge sont déjà dépassées ou très fragilisées.
Le bilan national des blessés, désormais fixé à 4 639 selon le dernier rapport du ministère de la Santé relayé lundi, éclaire cette tension. Il ne traduit pas seulement le nombre de victimes directes des bombardements. Il dit aussi la surcharge imposée aux urgences, aux blocs opératoires, aux unités de soins intensifs et aux réseaux d’ambulances dans un pays où l’offre hospitalière était déjà sous pression avant cette nouvelle phase de guerre.
Ripostes et poursuite des hostilités
Dans le même temps, la NNA a également relayé des communiqués du Hezbollah annonçant des attaques contre des infrastructures israéliennes, deux colonies et la base de surveillance de Miron. Cette donnée rappelle que le conflit reste bidirectionnel, même si l’essentiel du coût humain documenté ces dernières heures sur le territoire libanais provient des frappes israéliennes.
Le tableau d’ensemble qui se dessine ce 6 avril est celui d’une guerre qui s’étend en profondeur. La banlieue sud de Beyrouth reste visée. Le Sud continue d’encaisser les bombardements les plus meurtriers. Les déplacés se comptent par dizaines de milliers. Les structures sanitaires locales demandent des renforts exceptionnels. Et le bilan humain national continue de grimper à un rythme soutenu, passant désormais à 1 497 morts et 4 639 blessés depuis le 2 mars.


