Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est présenté devant un tribunal mardi pour répondre à des accusations de corruption, une étape cruciale dans l’un des procès les plus suivis de l’histoire récente d’Israël. Accusé de pots-de-vin, fraude et abus de confiance dans trois affaires distinctes, Netanyahu nie catégoriquement toute implication dans les faits reprochés, qu’il qualifie de chasse aux sorcières orchestrée par ses opposants politiques.
Ce témoignage intervient dans un contexte explosif. Depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, qui a marqué un tournant dans les relations israélo-palestiniennes, le conflit entre Israël et Gaza a fait des ravages. Selon les autorités sanitaires locales, plus de 44 500 Palestiniens, principalement des femmes et des enfants, ont perdu la vie dans les frappes israéliennes. Ce bilan tragique jette une ombre sur les débats nationaux et internationaux.
Une justice implacable face aux demandes de report
Netanyahu a cherché à retarder son témoignage, invoquant la gravité de la situation au Moyen-Orient. Le tribunal, bien qu’ayant consenti à quelques ajustements, a refusé de prolonger indéfiniment les délais, insistant sur l’urgence de juger ces affaires de corruption. Ces trois dossiers, surnommés « Affaire 1000 », « Affaire 2000 » et « Affaire 4000 », concernent respectivement des cadeaux somptueux reçus de milliardaires, des discussions suspectes avec des éditeurs de médias influents et des faveurs réglementaires en échange d’une couverture médiatique favorable.
Ce procès, débuté en 2020, a déjà vu défiler une multitude de témoins, dont d’anciens collaborateurs proches de Netanyahu. La complexité des charges et la longueur des audiences reflètent l’ampleur du défi judiciaire auquel fait face l’État hébreu, profondément divisé sur la question de l’intégrité de son Premier ministre.
Les accusations de manipulation politique
Sur le plan politique, Netanyahu est accusé par ses détracteurs de manipuler la guerre pour éviter des compromis qui pourraient lui coûter cher en termes d’image. Ces critiques s’intensifient alors que des négociations sur une éventuelle trêve à Gaza semblent au point mort, mettant en péril la libération d’environ 100 otages toujours retenus par le Hamas. L’opposition israélienne et certains membres de la société civile suggèrent que l’impasse actuelle pourrait être liée à des considérations personnelles et politiques de Netanyahu, qui chercherait à détourner l’attention du procès.
Ces accusations sont renforcées par une opinion publique de plus en plus fragmentée. Tandis que certains citoyens se rangent derrière leur dirigeant en temps de guerre, d’autres expriment leur frustration face à ce qu’ils perçoivent comme un manque de leadership stratégique et une gestion opportuniste de la crise.
Une guerre dévastatrice à Gaza
Depuis le début du conflit, Gaza est sous le feu constant des bombardements israéliens, une campagne qualifiée de « lutte contre le terrorisme » par les autorités israéliennes. Cependant, la communauté internationale s’inquiète de plus en plus des conséquences humanitaires catastrophiques. Les infrastructures essentielles de la bande de Gaza sont presque entièrement détruites, laissant des centaines de milliers de personnes sans abri, sans eau potable et sans accès aux soins médicaux.
La guerre, qui a débuté après une attaque meurtrière du Hamas, est l’un des épisodes les plus sanglants de l’histoire récente de la région. Israël, justifiant ses actions comme une réponse légitime au terrorisme, a intensifié ses offensives malgré les appels internationaux à la retenue.
Une double pression pour Netanyahu
La juxtaposition de ces deux crises — judiciaire et militaire — met Netanyahu dans une position délicate. D’un côté, il doit défendre son nom et son héritage politique face à des accusations graves qui pourraient mettre fin à sa carrière. De l’autre, il est confronté à une situation sécuritaire complexe et à une pression internationale croissante pour arrêter les hostilités à Gaza.
Cette double pression alimente une ambiance de méfiance et de division au sein de la population israélienne, déjà marquée par des mois de protestations contre le gouvernement. L’introduction de réformes judiciaires controversées, perçues par certains comme une tentative de renforcer son pouvoir, n’a fait qu’exacerber les tensions.



