Joseph Aoun a demandé, jeudi 5 novembre à Baabda, un renforcement du financement des entreprises libanaises par la Société financière internationale, ou IFC. Devant une délégation conduite par Imad Fakhoury, le président a insisté sur les difficultés des petites et moyennes entreprises et sur l’emploi qu’un apport de capitaux pourrait préserver. Aucun nouveau montant, calendrier de décaissement ou dispositif de candidature n’a été annoncé à l’issue de cette rencontre.
L’appel présidentiel vise les PME mais aussi les infrastructures, notamment l’énergie et les transports. La délégation a évoqué la recherche de solutions de financement dans un contexte de crise bancaire, ainsi que la préparation d’une stratégie de partenariat du Groupe de la Banque mondiale avec le Liban pour les cinq prochaines années. Cette préparation ne constitue pas encore l’approbation d’un programme.
Des financements existent déjà
Le souhait d’Aoun de donner davantage de place aux investissements, au-delà du conseil, ne signifie pas que l’IFC était jusqu’ici absente du financement libanais. Le 20 novembre 2025, l’institution avait annoncé un ensemble d’engagements dans la microfinance, l’industrie et l’énergie.
L’un des dispositifs portait sur 10 millions de dollars, répartis à parts égales entre Al Majmoua et Vitas Lebanon, pour élargir l’accès au financement des petites activités et des entrepreneuses, avec une attention particulière aux personnes déplacées et aux communautés d’accueil. Le montage comportait une garantie de premières pertes pouvant atteindre 5 millions de dollars, dans le cadre de PROSPECTS.
Le même communiqué présentait un prêt pouvant atteindre 40 millions de dollars à BCI pour son développement au Liban et dans la région, ainsi qu’un investissement allant jusqu’à 30 millions auprès de Matelec. Ces annonces datent de 2025. Elles ne sont ni de nouveaux engagements pris lors de la visite du 5 novembre 2026, ni une mesure des sommes effectivement versées depuis.
Un exemple concret, mais ciblé : BĀDER
Un dispositif plus récent illustre la différence entre une orientation politique générale et une offre précisément délimitée. Lancé par l’Organisation internationale du travail avec Alfanar et Al Majmoua, dans le cadre du programme PROSPECTS financé par les Pays-Bas, BĀDER vise 25 structures établies de l’économie sociale et solidaire au Liban.
L’appel publié le 13 octobre prévoit un accompagnement technique et l’accès à un prêt à taux subventionné pouvant atteindre 50 000 dollars, par l’intermédiaire d’Al Majmoua et sous réserve d’une vérification financière. Il concerne notamment des entreprises sociales et coopératives enregistrées au Liban, actives depuis au moins deux ans, dans le Nord, la Bekaa, le Mont-Liban et Beyrouth. La date limite indiquée est le 8 novembre.
Ce programme ne constitue pas un guichet ouvert à toutes les PME. Il n’a pas été créé lors de la rencontre présidentielle et le plafond annoncé ne garantit pas l’octroi d’un prêt à chaque candidat.
Du conseil au crédit, des engagements différents
Une étude prépare un projet. Un prêt crée une obligation de remboursement. Une prise de participation apporte du capital en contrepartie de droits dans l’entreprise. Une garantie couvre certains risques selon un contrat ; elle ne remplace pas nécessairement le financement lui-même. Les additionner sans distinguer leur nature donnerait une image trompeuse des ressources accessibles.
Pour mesurer les suites de la demande présidentielle, il faudra donc identifier les nouveaux engagements approuvés, les intermédiaires chargés de distribuer les fonds, les entreprises éligibles et les décaissements réalisés. La visite fixe une priorité. Elle n’établit pas encore un droit nouveau au financement pour les PME libanaises.
Photo d’archives : Joseph Aoun. Banque photographique Libnanews ; photographe et date de prise de vue non renseignés. Cette image ne représente pas la rencontre avec l’IFC du 5 novembre 2026.


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