La diaspora libanaise réclame des garanties avant de convertir son attachement au pays en investissements. Reçu le 6 novembre au Grand Sérail par Nawaf Salam, Ibrahim Constantin a placé la justice indépendante, la lutte contre la corruption et la protection des droits au centre de ses demandes. Le président de l’Union culturelle libanaise mondiale conduisait une délégation en présence d’Abbas Fawaz, président de son conseil des administrateurs.
Le Premier ministre a défendu une participation plus active des expatriés au redressement. Il a lié cette ambition au renforcement de la sécurité et à la poursuite des réformes. La rencontre ne s’est toutefois accompagnée d’aucun montant d’investissement annoncé, d’aucune liste de projets ni d’un calendrier de décaissement.
Diaspora libanaise : la confiance passe par les droits
Ibrahim Constantin a présenté les attentes des Libanais établis à l’étranger. Selon son compte rendu de l’entretien, le retour de la confiance suppose des réformes sérieuses et une protection effective des déposants comme des investisseurs. Il a également insisté sur l’indépendance de la justice.
Ces demandes concernent les conditions dans lesquelles un engagement économique pourrait prendre forme. Elles portent sur la protection des capitaux, la possibilité de défendre ses droits et la prévisibilité des décisions. Aucun mécanisme juridique nouveau n’a été présenté lors de l’annonce.
Salam a, pour sa part, rappelé la contribution des expatriés à la résistance économique et sociale du pays. Il a mentionné le soutien apporté à leurs proches, leurs compétences et leurs relations internationales. Il souhaite mobiliser ces ressources dans des partenariats avec le Liban.
Le Sud figure parmi les conditions de reprise
La délégation a également abordé la situation du Sud. Constantin a demandé des conditions de sécurité permettant aux habitants de retrouver leurs terres et leurs maisons dans la dignité. La discussion sur l’investissement rejoint ainsi celle de la stabilité du territoire.
Constantin a aussi précisé la place de son organisation : soutenir l’État et ses institutions, sans se substituer à eux. Cette position laisse aux pouvoirs publics la responsabilité des réformes et de la protection juridique attendues. La mobilisation des expatriés ne remplace pas ces décisions.
Des compétences au-delà des seuls capitaux
La volonté de partenariat dépasse les transferts financiers. Les interlocuteurs ont cité les compétences et les relations internationales des Libanais de l’étranger. Leurs réseaux peuvent contribuer à rapprocher des entreprises, des professionnels et des marchés. Aucune convention opérationnelle n’a cependant été rendue publique à l’issue de cette audience.
Constantin a rapporté des propos optimistes du Premier ministre sur la préparation de cette participation. Il a aussi indiqué que sa concrétisation demanderait du temps. Aucun rendez-vous de suivi ni échéancier d’investissement n’accompagne pour l’instant cette perspective.


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