La sécurité alimentaire doit reposer sur des contrôles réguliers, avant que les produits dangereux atteignent les consommateurs. Joseph Aoun a défendu cette priorité le 4 novembre, à Baabda, devant l’Autorité libanaise de sécurité alimentaire. Après les incidents ayant touché des familles à Beyrouth et au Akkar, il réclame une surveillance de toute la filière. Il demande aussi des moyens pour l’Autorité et une information publique précise sur les résultats des inspections.
Selon le compte rendu de la rencontre repris par la presse libanaise, le président de la République a reçu le président de l’Autorité, Élie Naji Awad, et les membres de l’organisme. Il s’agissait de leur première visite depuis la publication des décrets de constitution de l’Autorité. L’entretien a porté sur les responsabilités des professionnels, mais aussi sur les conditions du contrôle public. Locaux, personnel, budget et laboratoires figurent parmi les besoins explicitement cités.
Aoun présente l’accès à une nourriture saine comme un droit et sa protection comme une responsabilité de l’État. Il qualifie les fraudes récentes de « crime qui ne souffre aucune indulgence ». Cette déclaration exprime la position du chef de l’État. Elle ne constitue ni un jugement contre un établissement précis, ni un bilan judiciaire des affaires évoquées.
La sécurité alimentaire au-delà des fermetures
Le président considère nécessaires les fermetures d’entrepôts, de restaurants ou de commerces en infraction. Mais ces mesures interviennent après le dommage. Il demande donc un mécanisme d’inspection périodique capable de couvrir chaque étape du parcours des aliments.
L’importation, les abattoirs, les entrepôts, le transport et la restauration entrent dans le périmètre qu’il décrit. La viande constitue la priorité annoncée. Les établissements sans autorisation doivent également faire l’objet de contrôles. Le passage par plusieurs opérateurs ne doit laisser aucun maillon hors de la surveillance.
Cette demande prolonge la mobilisation des autorités face aux alertes sanitaires récentes. Début novembre, les pouvoirs publics ont engagé des vérifications sur les circuits de viande. Le ministre de l’Économie, Amer Bissat, a notamment demandé un recensement des entrepôts, autorisés ou non. Les informations recherchées concernent leur approvisionnement, la conservation et les transports. À Baabda, Aoun réclame désormais une organisation régulière de cette surveillance.
La distinction est concrète. Fermer un point de vente traite la situation d’un établissement. Examiner ses fournisseurs, son stockage et ses transports permet de vérifier les autres étapes de son approvisionnement. Le président demande cette continuité dans les contrôles, sans annoncer un nouveau bilan d’inspections réalisées.
Le compte rendu de la rencontre ne précise pas la fréquence des visites envisagées. Il ne donne pas davantage de calendrier national de déploiement. L’orientation présidentielle porte donc sur la méthode à mettre en place. Les modalités pratiques restent à documenter par les administrations compétentes.
Des responsabilités recherchées sur toute la filière
Aoun souhaite que les suites judiciaires concernent tous les acteurs dont l’implication serait établie. Il cite le fournisseur, l’entrepôt et les personnes qui auraient couvert une infraction. Sa demande exclut les exceptions liées à une protection ou à une intervention extérieure.
Cette position élargit le regard au-delà du dernier établissement ayant servi ou vendu un aliment. Elle appelle à rechercher les responsabilités tout au long de son parcours. Pour autant, chaque dossier nécessite ses propres constatations. La réunion ne fournit ni liste de personnes poursuivies, ni condamnations nouvelles.
Élie Naji Awad a lui aussi insisté sur les failles possibles du système. Selon lui, la lutte contre les risques alimentaires ne peut être séparée de celle contre la corruption. Il évoque plusieurs pratiques susceptibles d’affaiblir la surveillance : protéger des établissements, ignorer des infractions ou exercer des pressions sur les inspecteurs.
Le président de l’Autorité cite également la manipulation d’analyses de laboratoire ou de certificats de conformité. Il mentionne l’introduction de produits d’origine inconnue et les circuits sans autorisation. Les licences accordées sans respect des conditions sanitaires et l’application sélective des règles complètent son propos.
Awad présente ces situations comme des risques à combattre. Son intervention ne désigne pas de responsables particuliers et ne démontre pas chaque pratique dans les affaires récentes. Elle précise surtout les garanties qu’il juge nécessaires pour assurer l’indépendance des décisions de contrôle.
Donner à l’Autorité les moyens de fonctionner
Le rôle de l’Autorité dépasse, dans les échanges de Baabda, l’inspection des restaurants. Aoun la décrit comme la référence nationale chargée de coordonner ministères, municipalités et services concernés. Il demande qu’elle puisse exercer les missions prévues par la loi.
Awad se réfère à la loi sur la sécurité alimentaire numéro 35 de 2015. Il souhaite unifier et coordonner les contrôles entre les différentes administrations. Il insiste aussi sur l’autonomie des décisions scientifiques et sanitaires, dans le cadre légal. L’objectif annoncé consiste à les protéger des intérêts privés et des interventions.
Les moyens évoqués par Aoun correspondent aux besoins matériels de cette mission. Un siège doit accueillir les équipes. Du personnel doit conduire les activités. Les laboratoires doivent permettre les analyses nécessaires. Un budget doit soutenir le fonctionnement de l’ensemble. Le président promet son appui à l’Autorité pour qu’elle assume pleinement ses responsabilités.
Cette promesse ne permet toutefois pas de chiffrer les ressources disponibles. Aucun montant budgétaire, effectif supplémentaire ou équipement livré n’apparaît dans le compte rendu. Les demandes de moyens doivent donc rester distinctes d’une dotation effectivement accordée. La rencontre expose les besoins et le soutien politique, sans établir que toutes les capacités sont déjà opérationnelles.
Informer sans entretenir les rumeurs
Aoun demande enfin que les citoyens puissent connaître les résultats des contrôles et les mesures prises. Il souhaite des informations exactes provenant d’une référence unique. Cette exigence accompagne les inspections : le public doit pouvoir comprendre les alertes sans dépendre des rumeurs.
Le président relie cette transparence à la réputation de la cuisine libanaise, des restaurants et du tourisme. Il évoque également la confiance dans les exportations alimentaires. À ses yeux, une surveillance sérieuse protège aussi les entreprises respectueuses des règles contre la concurrence déloyale.
Awad rattache de son côté la prévention à la confiance dans l’État et dans les produits libanais. Il cite les alertes récentes liées à la trichinellose parmi les événements révélant les difficultés du contrôle. Son intervention appelle à empêcher les risques d’atteindre le consommateur, plutôt qu’à traiter uniquement leurs conséquences.
Les informations disponibles ne donnent pas de bilan sanitaire consolidé des incidents de Beyrouth et du Akkar. Elles ne permettent pas non plus d’attribuer une même origine à chaque cas. Les prochaines précisions attendues concernent les résultats des inspections, les suites des enquêtes et les moyens effectivement ouverts à l’Autorité.
Sources
- Al Hadeel : compte rendu de la rencontre de Joseph Aoun avec l’Autorité libanaise de sécurité alimentaire, 4 novembre 2026. Reprise des interventions présidentielles et de celles du président de l’Autorité.
- Al Sharq, 5 novembre 2026, p. 3 : « هيئة سلامة الغذاء في بعبدا » (« L’Autorité de sécurité alimentaire à Baabda »). Compte rendu des interventions de Joseph Aoun et d’Élie Naji Awad.
- Ad Diyar, 5 novembre 2026, p. 2 : compte rendu des audiences de Joseph Aoun, passage consacré à l’Autorité libanaise de sécurité alimentaire.
- Libnanews, 4 novembre 2026 : « Trichinellose : les contrôles remontent la filière ». Contexte des vérifications demandées sur les circuits de viande. Consulter la référence.


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