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Trump veut « travailler » avec Téhéran sur le nucléaire enfoui

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Donald Trump a affirmé mercredi 8 avril que les États-Unis allaient « travailler » avec l’Iran pour extraire du matériel nucléaire « enfoui », au lendemain du cessez-le-feu de deux semaines conclu entre Washington et Téhéran. Cette déclaration marque un déplacement notable du discours américain : après la logique de menace et de frappes, la Maison Blanche met désormais en avant une coopération possible avec l’Iran sur l’un des dossiers les plus sensibles de la crise, celui des matières nucléaires enterrées sous les sites touchés en 2025. Mais, à ce stade, Téhéran n’a pas confirmé publiquement un tel schéma, et les contours techniques comme politiques de cette opération restent flous.  

Une nouvelle déclaration de Trump sur le nucléaire iranien

Selon plusieurs comptes rendus de presse publiés mercredi, Donald Trump a expliqué que les États-Unis allaient coopérer avec Téhéran pour « déterrer » et retirer du matériel nucléaire enfoui. Il a aussi affirmé que l’Iran cesserait l’enrichissement d’uranium, tout en présentant cette évolution comme un prolongement direct du cessez-le-feu annoncé quelques heures plus tôt. La formulation employée par le président américain suggère qu’il ne parle plus seulement d’un contrôle à distance ou d’une surveillance, mais bien d’une intervention concrète sur les matières nucléaires enterrées sous les installations visées lors des frappes américaines et israéliennes de 2025.  

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Cette prise de parole est importante, car elle intervient après plusieurs semaines de confusion sur les objectifs réels de Washington. Jusqu’ici, l’administration Trump avait surtout mis en avant la pression militaire, la réouverture du détroit d’Ormuz et la nécessité d’un accord plus large avec l’Iran. En parlant maintenant d’une extraction de matériel nucléaire enfoui avec l’aide de Téhéran, le président américain suggère qu’une partie du dossier nucléaire pourrait être traitée dans le cadre des pourparlers qui doivent suivre le cessez-le-feu.  

Un dossier central depuis les frappes de 2025

La question des matières nucléaires enfouies n’est pas nouvelle. Plusieurs analyses publiées ces derniers jours rappelaient que d’importants stocks d’uranium enrichi et d’autres composants sensibles étaient restés enterrés sous les décombres ou protégés dans des installations souterraines touchées l’an dernier. Des projets militaires américains avaient même été étudiés pour tenter de s’emparer de ces stocks, mais ces options apparaissaient extrêmement risquées sur le plan opérationnel et politique. L’idée d’une extraction coordonnée avec l’Iran change donc radicalement de registre : elle remplace, au moins dans le discours, l’hypothèse d’une saisie forcée par celle d’un traitement négocié.  

Ce basculement est d’autant plus notable que Trump avait lui-même envoyé des signaux contradictoires sur ce dossier. Début avril, des médias anglo-saxons rappelaient qu’il avait tantôt minimisé l’importance immédiate de ces stocks enterrés, tantôt exigé qu’ils soient neutralisés dans le cadre d’un règlement plus large. La déclaration de mercredi remet donc le nucléaire enfoui au centre du jeu, mais dans une version plus diplomatique que militaire.  

Téhéran n’a pas confirmé publiquement

Le principal point de prudence tient là : l’Iran n’a pas confirmé, à ce stade, le scénario décrit par Trump. AP souligne explicitement que le président américain parle d’un travail commun avec Téhéran pour récupérer du matériel nucléaire enfoui, mais que les autorités iraniennes n’ont pas validé publiquement cette formule. Autrement dit, Washington avance déjà sa lecture politique du cessez-le-feu et de ses suites, mais cette lecture n’est pas encore reprise dans les mêmes termes par la partie iranienne.  

Cette absence de confirmation n’est pas un détail. Elle rappelle que le cessez-le-feu annoncé reste fragile et que plusieurs de ses volets les plus sensibles — le nucléaire, les missiles, les sanctions, les alliés régionaux — demeurent ouverts. Si l’Iran accepte réellement de coopérer à une extraction ou à une neutralisation de matières enfouies, cela représenterait un tournant significatif. Mais en l’état, on ne dispose que d’une déclaration américaine, pas d’un accord détaillé ni d’un mécanisme confirmé des deux côtés.  

Une trêve qui ouvre des négociations, sans régler le fond

Le cessez-le-feu de deux semaines conclu entre les États-Unis et l’Iran a été présenté comme une suspension des attaques permettant l’ouverture de discussions plus larges, avec le Pakistan comme médiateur clé. Les comptes rendus disponibles montrent que la trêve a surtout permis d’éviter une nouvelle montée aux extrêmes après la crise d’Ormuz et les frappes croisées dans la région. Mais elle n’a pas réglé les grands sujets de fond. Le nucléaire reste au cœur du désaccord, tout comme les capacités balistiques iraniennes et la place des alliés de Téhéran au Moyen-Orient.  

Dans ce contexte, la déclaration de Trump sur le matériel nucléaire enfoui remplit aussi une fonction politique. Elle permet au président américain de présenter le cessez-le-feu non comme une simple pause défensive, mais comme une étape vers un traitement concret d’un dossier qu’il avait lui-même placé au centre de son argumentaire. En affirmant que les matières enterrées seront prises en charge avec Téhéran, il cherche à montrer que les États-Unis n’ont pas seulement obtenu une suspension des hostilités, mais qu’ils avancent aussi vers une forme de contrôle sur le risque nucléaire iranien.  

Une formulation américaine qui pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses

Pour l’instant, plusieurs questions restent sans réponse. Trump n’a pas expliqué quelles équipes interviendraient sur place, sous quelle autorité, avec quelles garanties de sécurité, ni comment seraient traitées les matières une fois extraites. Il n’a pas non plus précisé si cette opération se ferait sous supervision internationale, bilatérale, ou dans le cadre d’un futur accord plus large. Les médias qui ont relayé sa déclaration insistent sur ce flou.  

Ce flou est d’autant plus important que l’extraction de matières nucléaires enfouies est une opération techniquement lourde, politiquement sensible et potentiellement dangereuse. Des articles publiés avant la trêve rappelaient qu’un tel chantier exigerait des moyens considérables, de la protection, de la logistique lourde, des spécialistes du nucléaire et un environnement sécurisé sur une durée potentiellement longue. L’écart entre la simplicité de la formule présidentielle — “travailler avec Téhéran” — et la réalité probable d’une telle opération reste donc très grand.  

Une tentative de reprendre la main sur le récit

La déclaration de mercredi s’inscrit aussi dans la bataille du récit qui suit l’annonce du cessez-le-feu. Trump affirme depuis mardi que les États-Unis ont remporté une “victoire totale et complète”, alors même que plusieurs sujets restent ouverts et que les alliés régionaux de Washington, notamment Israël, continuent d’exprimer leur frustration sur certains volets de la crise. En mettant en avant une future coopération avec l’Iran sur le nucléaire enfoui, le président américain cherche à donner un contenu concret à cette idée de victoire.  

Mais cette narration se heurte à plusieurs limites visibles. D’abord, l’Iran n’a pas encore confirmé ce schéma. Ensuite, le front libanais reste actif, ce qui fragilise l’idée d’une désescalade pleinement régionale. Enfin, le simple fait que Washington doive désormais “travailler” avec Téhéran sur le nucléaire enfoui montre aussi que la question n’a pas été réglée par la force. Elle revient, au contraire, dans le champ de la négociation.  

Un signal pour les prochains pourparlers

En pratique, la phrase de Trump vaut peut-être surtout comme un signal en direction des futurs pourparlers. Elle fixe la position américaine : les matières nucléaires enfouies devront être traitées, et Washington veut que cela fasse partie de la suite du cessez-le-feu. Téhéran, de son côté, n’a pas encore donné sa version complète d’un tel mécanisme. Le dossier devrait donc rapidement devenir l’un des premiers tests de crédibilité de la trêve.  

Si les deux parties convergent sur un dispositif, la déclaration de mercredi apparaîtra rétrospectivement comme l’annonce d’une première avancée majeure. Si elles divergent, elle restera comme un exemple supplémentaire de l’écart entre les proclamations américaines et le contenu réel des négociations. Pour l’instant, le fait le plus solide est simple : Trump affirme vouloir travailler avec l’Iran pour extraire du matériel nucléaire enfoui, mais cette perspective n’est ni détaillée, ni confirmée publiquement par Téhéran. 

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