Le Ministère de l’Énergie et de l’Eau s’est récemment retrouvé au cœur d’une polémique. Des médias et acteurs locaux, qu’il qualifie de « corrompus et motivés par des intérêts étroits », l’accusent de lenteur dans la gestion des substances chimiques présentes dans les installations de Tripoli. Face à cette vague de critiques, le ministère a décidé de réagir en exposant sa version des faits et en rappelant les démarches entreprises depuis deux ans.
Une gestion encadrée par des normes strictes
Selon le ministère, le travail sur l’emballage et l’évacuation des substances chimiques des installations de Tripoli et de Zahrani a débuté il y a plus de deux ans. Cinq appels d’offres publics ont été organisés, respectant les normes de transparence et les exigences de la loi sur les achats publics. Ces appels d’offres ont permis de sélectionner la société AGROMEC, qui a proposé l’offre la plus avantageuse, avec une économie de deux millions de dollars par rapport à ses concurrents.
La société AGROMEC, qui bénéficie d’une expérience reconnue dans ce type de travaux, a débuté ses activités sans avoir perçu à ce jour de compensation financière. Elle a d’abord finalisé les opérations à Zahrani avant de s’attaquer aux installations de Tripoli, actuellement dans une phase avancée d’emballage et d’analyse. Ces substances doivent ensuite être expédiées vers une usine spécialisée en Europe pour y être traitées selon des standards internationaux.
Des garanties de sécurité
Pour répondre aux préoccupations liées à la dangerosité des substances chimiques, le ministère souligne que des tests de laboratoire rigoureux ont été effectués par la société AGROMEC. Un rapport de l’armée libanaise confirme également que ces substances ne sont pas radioactives, dissipant ainsi certaines rumeurs alarmistes.
En outre, le projet a reçu une approbation exceptionnelle du Président de la République, Joseph Aoun, et du Premier ministre sortant, Najib Mikati, le 20 janvier 2025. Ces autorisations reflètent, selon le ministère, l’urgence et l’importance de cette opération, qui a des implications directes pour la santé publique et la sécurité environnementale.
Une invitation à la vérification des faits
Face aux critiques véhiculées par certains médias, le ministère appelle les citoyens et les journalistes à vérifier l’exactitude des informations avant de les relayer. Il dénonce une volonté délibérée de semer le trouble et de nuire à ses efforts.
Le Ministère de l’Énergie et de l’Eau insiste sur son engagement à protéger la santé des citoyens et l’environnement, tout en affirmant son respect des normes de sécurité les plus élevées. Il invite également toute personne ou institution à solliciter des explications sur ses démarches pour dissiper tout doute.
Une opération sous surveillance
Cette affaire met en lumière les défis auxquels font face les autorités lorsqu’il s’agit de concilier transparence, efficacité et perception publique. Si le ministère semble déterminé à mener cette opération à terme, la méfiance de certains acteurs locaux et la circulation de rumeurs montrent qu’un fossé persiste entre les autorités et une partie de l’opinion publique.
Seul le dénouement de cette opération permettra d’évaluer si la gestion du ministère a été à la hauteur des attentes, à la fois sur le plan technique et en matière de communication. En attendant, l’évacuation des substances chimiques reste une priorité nationale et un enjeu crucial pour la santé et l’environnement.



