Nous suivre sur

117 Iraniens évacués en urgence par avion russe de Beyrouth et démenti ferme de l’ambassade sur le ciblage de son ambassadeur

- Advertisement -

Une frappe aérienne israélienne a touché de plein fouet l’hôtel Ramada, situé dans le quartier résidentiel et touristique de Raouché, en bord de mer, au cœur de la capitale libanaise. L’attaque, survenue vers 23 heures locales, a tué au moins cinq personnes, dont un diplomate iranien, son épouse et leurs trois enfants, selon des sources concordantes. Elle a également fait plusieurs blessés. Quelques heures plus tard, dans les premières lueurs du dimanche, un avion russe décollait de l’aéroport international Rafic-Hariri avec à son bord 117 ressortissants iraniens, parmi lesquels des diplomates et des membres du personnel de l’ambassade de la République islamique, ainsi que les dépouilles des cinq victimes. Cette évacuation d’urgence, menée dans la plus grande discrétion, intervient au moment où les forces israéliennes intensifient leurs opérations ciblées contre les représentants iraniens présents au Liban. L’ambassade iranienne à Beyrouth a immédiatement réagi en démentant « jusqu’au dernier détail » les rumeurs selon lesquelles son ambassadeur, Mohammad Reza Raeuf Sheibani, aurait été visé ou touché dans cette frappe sur l’hôtel Ramada.

Un responsable libanais, cité par l’Agence France-Presse et parlant sous couvert d’anonymat, a confirmé les faits avec précision : « 117 Iraniens, dont des diplomates et des employés de l’ambassade, ont été évacués à bord d’un avion russe qui a quitté Beyrouth dans la nuit de samedi à dimanche. » Il a ajouté que l’appareil avait également emporté « les restes d’un diplomate iranien, de son épouse et de leurs trois enfants, tués pendant les hostilités ». L’ambassade iranienne avait prévenu les autorités libanaises plusieurs heures auparavant. La destination exacte de l’avion n’a pas été communiquée publiquement, mais les observateurs pointent vers un vol direct ou via un couloir sécurisé en direction de la Russie, principal allié militaire de Téhéran dans le contexte actuel.

La frappe ciblée sur l’hôtel Ramada, un coup direct contre les réseaux iraniens au Liban

L’hôtel Ramada, établissement de catégorie moyenne situé en plein quartier de Raouché, offre une vue imprenable sur la célèbre « grotte aux pigeons » et sur la Méditerranée. Connu pour accueillir une clientèle internationale et des réunions discrètes, il a été frappé avec une précision chirurgicale, selon les premières constatations des services de sécurité libanais. Israël n’a pas tardé à revendiquer l’opération. Dans un communiqué diffusé par le porte-parole des forces de défense israéliennes, Tsahal a affirmé avoir visé « des commandants clés de la Force Al-Qods des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) » qui utilisaient l’établissement comme point de rencontre et de coordination avec des éléments locaux. « Nous ne permettrons pas à l’Iran de maintenir des bases avancées sur le sol libanais », a insisté le communiqué, sans donner plus de détails sur les identités des cibles.

Cette frappe s’inscrit dans une série d’opérations israéliennes lancées depuis la fin février 2026, après l’élargissement du conflit régional consécutif aux frappes américano-israéliennes sur le territoire iranien. Depuis lors, les raids aériens se sont multipliés contre des positions attribuées à des conseillers iraniens dans la banlieue sud de Beyrouth (Dahiyeh), à Haret Hreik et désormais en plein centre-ville à Raouché. Le quartier de Raouché, traditionnellement calme et fréquenté par les touristes et les résidents aisés, n’avait jusqu’ici été que rarement touché. La frappe du Ramada marque une escalade qualitative : elle démontre que les services de renseignement israéliens ont réussi à localiser des responsables iraniens en dehors des bastions traditionnels du Hezbollah.

Le diplomate iranien tué, dont l’identité n’a pas été rendue publique par les autorités de Téhéran, résidait à Beyrouth depuis plusieurs années avec sa famille. Selon des sources sécuritaires libanaises, il occupait un poste de coordination logistique au sein de la mission diplomatique. Sa mort, ainsi que celle de son épouse et de leurs trois enfants, porte à au moins cinq le bilan humain direct de cette frappe. Des blessés supplémentaires, dont certains de nationalité libanaise, ont été évacués vers les hôpitaux de la capitale. Les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des débris fumants et des véhicules de secours autour de l’hôtel, dont la façade a été partiellement éventrée au niveau des étages supérieurs.

Les rumeurs sur le ciblage de l’ambassadeur et le démenti catégorique de l’ambassade

Dès les premières minutes suivant la frappe, les réseaux sociaux et certaines plateformes ont relayé des informations non vérifiées selon lesquelles l’ambassadeur iranien Mohammad Reza Raeuf Sheibani aurait été présent à l’hôtel Ramada et potentiellement touché. Ces rumeurs, amplifiées par des comptes anonymes, ont rapidement circulé, laissant entendre que l’opération israélienne visait directement le chef de la mission diplomatique iranienne à Beyrouth. L’ambassade a réagi avec une fermeté rare. Dans un communiqué officiel diffusé en milieu de journée ce dimanche, elle a rejeté « phrase par phrase et mot par mot » ces allégations : « Ces nouvelles ne sont que des rumeurs vides de tout fondement, destinées uniquement à semer la confusion et à exagérer les résultats de l’agression israélienne. »

L’ambassade a insisté sur le fait que son ambassadeur, nommé fin février 2026 en remplacement de Mojtaba Amani, poursuivait normalement ses activités depuis le siège de la représentation, situé dans le quartier de Bir Hassan. « Aucun membre de la direction diplomatique n’a été touché », précise le texte, ajoutant que ces fausses informations visent à « amplifier les résultats de l’attaque israélienne ». Mohammad Reza Raeuf Sheibani, diplomate de carrière expérimenté, reste donc à son poste. Sa nomination intervenait précisément au moment où les tensions atteignaient un nouveau pic, et il a multiplié ces dernières semaines les contacts avec ses homologues arabes et européens pour tenter de maintenir un canal de dialogue ouvert malgré les circonstances.

L’évacuation coordonnée des 117 Iraniens : une opération logistique russo-iranienne sous haute tension

L’évacuation qui a suivi la frappe sur le Ramada n’a rien d’improvisé. L’avion russe, probablement un Iliouchine ou un appareil affrété par le ministère russe des Affaires étrangères, s’est posé sur le tarmac de l’aéroport Rafic-Hariri vers 1 heure du matin. L’embarquement des 117 passagers – diplomates, personnels administratifs, attachés culturels et familles – s’est déroulé en moins de deux heures sous la protection des forces armées libanaises. Les dépouilles du diplomate, de son épouse et des trois enfants ont été chargées dans des cercueils scellés, conformément aux procédures diplomatiques. L’appareil a décollé vers 3 heures, profitant d’un corridor aérien négocié via l’espace syrien, où Moscou exerce un contrôle significatif.

Cette opération illustre la coopération étroite entre Téhéran et Moscou dans les situations de crise. La Russie a déjà organisé des évacuations similaires en Syrie en 2016 ou en Afghanistan en 2021. Les autorités russes n’ont pas commenté publiquement l’intervention, mais des sources diplomatiques européennes confirment que la coordination s’est faite au plus haut niveau. Du côté libanais, le gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam, en place depuis février 2025, a assuré la logistique au sol sans incident. Aucune réaction officielle n’a été émise par le cabinet, signe d’une volonté de préserver la neutralité active du Liban dans un conflit qui le dépasse largement.

Recommande par Libnanews
Applications Libnanews

Retrouvez Libnanews sur mobile avec notifications et lecture rapide.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

A côté de l'actualité