samedi, janvier 24, 2026

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Une crise énergétique chronique

Le Liban traverse une crise énergétique sans précédent, exacerbée par l’effondrement économique et l’incapacité de l’État à réformer le secteur de l’électricité. Avec une production d’énergie publique insuffisante, les ménages libanais dépendent massivement des générateurs privés, qui fournissent aujourd’hui la majorité de l’électricité dans le pays. Cette dépendance engendre des coûts exorbitants pour les foyers, augmentant ainsi la précarité économique.

D’après des estimations récentes, plus de 80 % des ménages libanais dépensent en moyenne 30 % de leurs revenus mensuels pour l’électricité, principalement pour payer les factures de générateurs privés. Ces coûts élevés sont aggravés par les fluctuations des prix du carburant sur le marché mondial, auxquels les exploitants de générateurs privés répercutent directement les hausses.

Les générateurs privés : une solution de dernier recours

Face à l’incapacité de l’Électricité du Liban (EDL) à produire plus de deux heures d’électricité par jour, les générateurs privés se sont imposés comme une alternative incontournable. Ces générateurs, souvent regroupés en réseaux locaux, opèrent sans régulation stricte, ce qui permet à leurs propriétaires d’imposer des tarifs élevés. Certains experts estiment que le secteur des générateurs représente une économie parallèle pesant près de 1 milliard de dollars par an.

Cependant, cette solution de fortune a des conséquences environnementales et sanitaires graves. La combustion continue de carburants fossiles pour alimenter les générateurs contribue à la pollution atmosphérique, tandis que le bruit constant affecte la qualité de vie des résidents dans les zones urbaines denses.

Impacts sur les ménages et les petites entreprises

La crise énergétique a un impact disproportionné sur les ménages à faible revenu et les petites entreprises, qui peinent à supporter les coûts croissants de l’électricité. Dans certaines régions rurales, où les infrastructures sont encore plus limitées, de nombreuses familles doivent se contenter de quelques heures d’électricité par jour, ce qui affecte leur accès à des services essentiels comme l’éducation et la santé.

Les petites entreprises, quant à elles, font face à des défis similaires. Les boulangeries, les ateliers de couture et d’autres commerces locaux ont signalé une baisse de leur production en raison des coûts énergétiques élevés, ce qui menace la survie de milliers d’emplois.

Les initiatives publiques et internationales pour une réforme

Le gouvernement libanais a récemment annoncé un plan visant à réduire la dépendance aux générateurs privés. Ce plan comprend des investissements dans les énergies renouvelables, notamment l’installation de panneaux solaires et la construction de parcs éoliens. Cependant, la mise en œuvre de ces projets reste lente, en raison de l’instabilité politique et du manque de financement.

Des organisations internationales, telles que la Banque mondiale, ont proposé des financements pour moderniser le réseau électrique public. Cependant, ces aides sont conditionnées à des réformes structurelles, notamment une meilleure gouvernance de l’EDL et la réduction des pertes techniques et financières, qui représentent actuellement près de 40 % de la production électrique.

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Newsdesk Libnanews
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