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Liban : 1 238 morts, le Sud pilonné, les secours encore visés

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Le bilan humain continue de s’alourdir au Liban. Selon le rapport quotidien transmis ce dimanche 29 mars à 17 heures par l’unité de gestion des risques auprès de la présidence du Conseil, le nombre cumulé de morts atteint désormais 1 238, pour 3 543 blessés. Sur la seule journée, le document fait état de 49 morts et 116 blessés. Il recense aussi 4 401 actes hostiles663 centres d’hébergement ouverts136 147 déplacés installés dans des abris collectifs et 35 170 familles déplacées. Ce tableau confirme que la guerre ne se limite plus à une ligne de front : elle touche les villages du Sud, les secours, les routes d’évacuation et l’ensemble du tissu civil.

Sur le terrain, la journée de dimanche a été marquée par une nouvelle série de frappes israéliennes dans le Sud-Liban. À Bint Jbeil, la National News Agency a confirmé que deux frappes de drones ont visé un centre de l’Autorité sanitaire islamique près de l’hôpital de la ville. Deux secouristes ont été tués dans cette attaque. La même matinée, un autre centre de secours a aussi été touché à Deir Kifa, sans faire de victimes selon les premières informations. La NNA a également signalé un raid sur Haddatha, une frappe sur une maison à Charkieh, ainsi que des bombardements sur les abords de Froun et un raid sur Qoleileh. À Aba, une frappe nocturne a détruit une maison et tué deux personnes, tandis qu’à Nabatiyé, un centre commercial a subi d’importants dégâts.  

La frappe de Bint Jbeil n’est pas un épisode isolé. Elle intervient au lendemain d’une journée déjà marquée par des attaques contre des journalistes, des secouristes et des membres de l’armée libanaise. La National News Agency a relayé samedi les condamnations officielles après la mort de journalistes et le ciblage de personnels de secours et de soldats, tandis que Nabih Berri a qualifié ces attaques de « crime de guerre » commis délibérément. Dans la foulée, le ministre de l’Information Paul Morcos a annoncé avoir relancé le dossier des attaques contre les journalistes devant les instances diplomatiques.  

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Les médias proches du Hezbollah ont, de leur côté, mis en avant la continuité de ce ciblage. Al-Manar a rapporté que deux secouristes avaient été tués samedi alors qu’ils tentaient d’évacuer des journalistes frappés sur la route de Jezzine. Le même média a aussi signalé dimanche qu’une ambulance avait été visée à Bint Jbeil, tuant un ambulancier et le blessé qu’il transportait. Al-Manar relie cette séquence à un schéma plus large d’attaques visant les premiers secours dans le Sud-Liban, alors que l’Organisation mondiale de la santé s’est dite alarmée par la multiplication des frappes contre les personnels médicaux.  

Le dossier sanitaire est désormais l’un des plus lourds de cette guerre. Selon un communiqué conjoint du coordinateur humanitaire de l’ONU au Liban et de la représentante de l’OMS, publié par la NNA, l’escalade des attaques contre les secouristes et le personnel de santé suscite une profonde inquiétude, alors que ces équipes interviennent déjà dans des conditions extrêmes. MTV Lebanon rapportait ces derniers jours, en reprenant les chiffres officiels transmis par le ministère de l’Information, que des dizaines de secouristes et travailleurs de la santé avaient déjà été tués ou blessés, et que des ambulances, centres de secours et hôpitaux avaient été endommagés.  

Sur le plan militaire, le front sud reste très actif. La NNA a relayé dimanche matin les communiqués du Hezbollah affirmant avoir ciblé des chars Merkava à Beit Lif, Bayyada et Chamaa, ainsi qu’avoir repoussé des tentatives d’incursion israéliennes. Al-Manar a pour sa part détaillé d’autres opérations annoncées par la formation chiite dans la journée : frappe contre un char à Deir Seryan, tir sur un char à Bayyada, et attaque de drones contre des soldats israéliens à Alma al-Shaab. La veille, le mouvement avait revendiqué une vague plus large de tirs de roquettes, de drones et de missiles antichars contre plusieurs positions israéliennes, dans ce qu’il présente comme une réponse directe aux frappes sur le Liban.  

Ces revendications s’inscrivent dans une journée où les frappes israéliennes ont continué à labourer plusieurs secteurs du Sud. Al-Manar fait état de raids sur Shaqra, Tayri et Jouaya, ainsi que de bombardements d’artillerie sur Wadi al-Slouqi et les abords de Majdal Selm, Qabrikha, Safad al-Batikh, Barachit, Beit Yahoun, Haris et Haddatha. Samedi déjà, le même média signalait des frappes sur des localités du district de Tyr, de Nabatiyé et de la Bekaa, avec plusieurs morts dans la région de Maaraké, Aïchiyé, Deir al-Zahrani et Kfar Tebnit.  

La séquence de ces dernières quarante-huit heures montre surtout que les frappes atteignent désormais de plein fouet les maillons essentiels de la vie civile. Les secouristes sont touchés dans leurs centres et dans leurs ambulances. Les journalistes sont frappés sur les routes de reportage. Des soldats libanais figurent aussi parmi les victimes des raids récents. Al-Manar a notamment rapporté la mort du caporal Mohammad Tfeily, membre de la police militaire libanaise, après une frappe sur Deir al-Zahrani. Cette accumulation nourrit au Liban l’idée d’une guerre qui déborde largement le seul affrontement entre Israël et le Hezbollah et qui vise des catégories pourtant protégées par le droit international humanitaire.  

À Beyrouth, la pression ne se relâche pas non plus. La NNA a signalé dimanche matin des menaces israéliennes visant les habitants de la banlieue sud, signe que la capitale reste sous tension alors même que l’essentiel des bombardements les plus meurtriers se concentre sur le Sud. Cette atmosphère pèse sur tout le pays : déplacements de population, fermeture partielle d’institutions, cours en ligne dans plusieurs universités et inquiétude croissante face à un conflit qui continue de s’étendre.  

Le rapport de situation transmis à 17 heures offre, lui, une photographie plus large de cette dégradation. Les 1 238 mortset 3 543 blessés recensés à cette heure montrent que le mois de mars a fait basculer le Liban dans une nouvelle phase de guerre d’usure. Les 663 centres d’hébergement ouverts et les 136 147 déplacés installés dans les abris collectifs donnent une idée de l’ampleur de la crise humanitaire. Les 4 401 actes hostiles comptabilisés soulignent enfin que la guerre ne se lit plus seulement à travers quelques frappes spectaculaires, mais dans une pression militaire continue, disséminée, quotidienne, qui use les villes, les villages et les services vitaux.

Au fond, la journée de dimanche ne change pas la nature du conflit ; elle en confirme plutôt le durcissement. Le bilan monte encore. Les frappes se poursuivent sur plusieurs localités du Sud. Les opérations revendiquées par le Hezbollah montrent que le front reste ouvert et mobile. Mais ce sont surtout les attaques contre les secouristes, les journalistes et les infrastructures civiles qui marquent cette séquence. À Bint Jbeil, près d’un hôpital, deux secouristes ont encore été tués. Et ce simple fait résume, à lui seul, l’état du Liban en cette fin de journée : un pays où même ceux qui viennent sauver les autres deviennent à leur tour des cibles.  

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Newsdesk Libnanews
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