Actes de Tolérance

536

« Aucun avenir épanoui ne sera possible au Moyen Orient à défaut d’une reconstruction intellectuelle qui vienne rétablir les valeurs d’ouverture idéologique, de diversité et d’acceptation des opinions d’autrui, qu’elles soient intellectuelles, culturelles ou religieuses ». (1)

Nous prenons insensiblement distance jour après jour avec l’héritage et la fonction de la bienveillance dans le monde. Elle permet de transmettre la face du juste malgré la prédominance du faux. Les forces du mal dit « nécessaire » centrent les rythmes de vie sur les prédispositions au confort matériel. Elles mènent insensiblement à convertir le  discernement par une pensée standardisée et alimentent le questionnement des confiances établies et des évidences cohérentes. Elles répandent l’appréhension de la différence chez l’autre et élargissent au quotidien la marge des comportements agressifs et violents, jadis exceptionnels, révoltants et inconcevables.

Publicité

Les « normes » actuelles conduisent à favoriser l’indifférence « tranquille », la disqualification des cultures et des religions. Elles peuvent exister mais en silence sans le devoir de nous faire réagir suffisamment aux injustices. Ainsi, par l’abolition de l’éthique et de la décence les nouveaux paris de réussir impliquent de pouvoir survivre aux anormalités du XXI e siècle. Pourra-t-il se réaliser par le déni « civilisé » des souffrances, des morts et des morts vivants?

Citoyens du monde, le moyen de combattre durablement le faux qui nous indigne et nous ronge consiste à le regarder en face, à ne plus le contourner, ni le taire mais le reconnaître, le dénoncer et agir par soi même pour initier un nouvel équilibre intérieur propice à des coexistences véritables.

Aucun « ..avenir fondé sur le bonheur, la tolérance et la jeunesse » (1) ne peut être réalisable au Moyen Orient par la verticalité des pouvoirs et ses acharnements intellectuels et religieux. Ils déforment le sens des valeurs d’ouverture. La diversité ne peut exister réellement sans l’acceptation des différences chez l’autre, qu’elles que soient ses tendances intellectuelles, ses appartenances culturelles et ses différences religieuses. A chacun de choisir les actes qui correspondent à la fidélité de sa pensée positive et constructive. La préservation des valeurs humaines ne peut uniquement se faire par leurs reconnaissances. Elle nécessite autant la mesure des rapports et l’exercice de l’autocritique que la grâce de l’humilité ! A chaque individu de bonne volonté d’indiquer aux dirigeants de notre région que le changement ne peut consister à user et à sacrifier notre part humaine. Cette dimension ne tolère le mensonge des « intelligences » ni la menace.

(1) Ref: Mohammad ben Rashid Al-Maktoum, l’Orient Le Jour, 2/3/2016.

Joe Acoury.