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Aux femmes du Proche-Orient : celles qui portent la croix de la foi et de la guerre

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Ce 8 mars, la Journée internationale des droits des femmes ne résonne pas de chants de victoire. Elle résonne du silence de celles qui n’ont plus la force de crier. Au Proche-Orient, là où trois religions monothéistes se disputent la même terre sainte depuis des siècles, ce sont les femmes qui paient le tribut le plus lourd. Elles ne demandent pas de médaille. Elles demandent simplement que l’on regarde enfin leur visage, leurs mains, leurs yeux fatigués d’avoir trop pleuré.

Depuis des décennies, le conflit religieux qui ensanglante la région transforme chaque mère, chaque fille, chaque épouse en sentinelle de la survie. À Gaza, les femmes palestiniennes marchent parmi les ruines, un enfant dans les bras, un autre enterré la veille. Elles accouchent dans des tentes, lavent le linge avec l’eau saumâtre des camions-citernes, apprennent à leurs petits à réciter la prière entre deux explosions. Elles portent le voile de la tradition et le voile de la poussière. Elles enterrent leurs fils, leurs frères, leurs maris, et se relèvent pour nourrir ceux qui restent. Leur foi est leur seule armure ; elle est aussi leur seule prison.

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De l’autre côté de la ligne de feu, les femmes israéliennes, juives, arabes ou druzes, vivent la même litanie. Elles aussi ont vu leurs maisons éventrées, leurs enfants arrachés, leurs maris rappelés sous les drapeaux. Elles aussi allument les bougies du shabbat ou du ramadan dans des abris, elles aussi apprennent à leurs filles que la vie continue même quand la mort frappe à la porte. Elles aussi prient – chacune dans sa langue sacrée – pour que le cauchemar s’arrête.

Au Liban, au Yémen, en Syrie, en Iran, le même tableau se répète avec une constance tragique. Les femmes chiites du Sud-Liban, les mères yéménites vendues à douze ans, les lycéennes iraniennes qui risquent la flagellation pour un cheveu visible, les chrétiennes d’Alep ou de Damas qui ont vu leurs églises réduites en cendres : toutes portent le poids d’une guerre dont les racines plongent dans les Livres saints eux-mêmes. Le Coran, la Torah, les Évangiles – textes d’amour et de paix – sont invoqués pour justifier la haine. Et ce sont les femmes qui reçoivent les coups.

Elles ne choisissent pas cette guerre. Elles la subissent. Elles la portent dans leur ventre quand elles accouchent sous les bombes. Elles la portent sur leurs épaules quand elles deviennent veuves à vingt ans. Elles la portent dans leur cœur quand elles apprennent à leurs enfants les prières de la paix au milieu des appels à la vengeance. Elles sont les dernières gardiennes de l’humanité dans un conflit qui voudrait l’effacer.

Ce qui frappe, année après année, c’est leur dignité muette. Pas de tribunes, pas de selfies, pas de hashtags. Seulement le geste quotidien : faire à manger avec trois fois rien, soigner une plaie avec un bout de tissu, raconter une histoire avant de dormir pour que l’enfant oublie le bruit des drones. Elles ne parlent pas de « résistance » ou de « droit à la terre ». Elles parlent de pain, d’école, de demain. Leur combat n’est pas politique. Il est vital.

Le féminisme occidental, souvent, détourne le regard ou choisit ses indignations selon des critères qui leur échappent. Ici, nous refusons ce tri. Nous ne comparons pas les douleurs. Nous les additionnons toutes. La larme d’une mère de Rafah vaut celle d’une mère de Sdérot. Le cri d’une Iranienne qui enlève son voile vaut le silence d’une Yéménite qui accepte son mariage forcé pour survivre. Toutes sont les filles d’Abraham, toutes sont les filles d’Ève. Toutes méritent le même hommage.

Ce 8 mars, nous ne leur offrons ni fleurs ni discours convenus. Nous leur offrons la seule chose qui ait encore un sens : la reconnaissance brute de leur courage. Elles sont les véritables héroïnes de cette terre promise qui ressemble trop souvent à une terre maudite. Elles maintiennent le fil de la vie quand les hommes le coupent avec des kalachnikovs et des fatwas. Elles élèvent les enfants qui, peut-être, un jour, refuseront de répéter les erreurs de leurs pères.

Tant que ces femmes se lèveront, tant qu’elles continueront à prier, à soigner, à espérer malgré tout, le Proche-Orient ne sera pas entièrement perdu. Leur foi – celle qui console et non celle qui tue – reste la seule lumière dans la nuit religieuse qui enveloppe la région.

Un jour, peut-être, leurs petites-filles marcheront côte à côte, juives, musulmanes, chrétiennes, sans que personne leur demande de choisir leur camp. Ce jour-là, le 8 mars ne sera plus un hommage aux souffrances, mais une vraie fête.

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Newsdesk Libnanews
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