samedi, janvier 31, 2026

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Catherine O’Hara, star de « Maman, j’ai raté l’avion », s’éteint à 71 ans après une brève maladie

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L’actrice canadienne-américaine Catherine O’Hara, connue pour ses rôles emblématiques dans des films comme « Beetlejuice » et « Maman, j’ai raté l’avion », ainsi que pour son interprétation inoubliable de Moira Rose dans la série « Schitt’s Creek », est décédée ce vendredi 30 janvier 2026 à son domicile de Los Angeles. Âgée de 71 ans, elle a succombé à une brève maladie, selon les informations confirmées par son manager et son agence. Cette disparition soudaine marque la fin d’une carrière de plus de cinq décennies, marquée par un talent comique unique et une polyvalence qui l’ont imposée comme une figure incontournable du cinéma et de la télévision.

Née le 4 mars 1954 à Toronto, en Ontario, Catherine Elizabeth Anne O’Hara était la sixième d’une fratrie de sept enfants d’origine irlandaise, élevés dans la foi catholique. Son père travaillait pour la Compagnie des chemins de fer du Pacifique canadien, tandis que sa mère exerçait comme agente immobilière. Dès son enfance, O’Hara manifestait un intérêt pour la performance : elle a incarné la Vierge Marie dans une pièce de Noël scolaire, un rôle qui, bien que modeste, révélait déjà son penchant pour l’interprétation. Elle a fréquenté l’Institut collégial Burnhamthorpe, où elle a obtenu son diplôme en 1974, avant de plonger dans le monde du théâtre.

Les débuts d’une comique forgée à la Second City

C’est en 1974 que Catherine O’Hara entame véritablement sa carrière, en rejoignant la troupe d’improvisation The Second City à Toronto comme doublure de Gilda Radner. Ce théâtre, berceau de nombreux talents comiques, lui offre une formation intensive en sketch et en improvisation. Elle y rencontre des figures clés comme Eugene Levy, avec qui elle développera une collaboration fructueuse tout au long de sa vie professionnelle. O’Hara se souvient de cette période comme d’un apprentissage rigoureux : « J’étais chanceuse de pouvoir observer tout le monde », a-t-elle déclaré dans une interview récente, évoquant les légendes du lieu telles que Dan Aykroyd et Joe Flaherty.

En 1976, The Second City lance sa propre émission télévisée, « Second City Television » (SCTV), où O’Hara devient une habituée. Le programme, diffusé initialement au Canada puis sur NBC aux États-Unis, met en scène des parodies de programmes télévisés, et O’Hara y excelle dans des imitations de célébrités comme Meryl Streep ou Brooke Shields, ainsi que dans des personnages originaux qui captivent le public. Pour son travail d’écriture sur la série, elle remporte son premier Emmy Award en 1982 pour la catégorie du meilleur scénario pour une émission de variétés, et reçoit quatre nominations supplémentaires. SCTV, bien que marquée par des interruptions dues à des accords de diffusion instables, propulse O’Hara sur la scène internationale. Elle quitte temporairement le show en 1981 pour rejoindre « Saturday Night Live », mais retourne finalement à SCTV, préférant la stabilité de son équipe canadienne à la vie new-yorkaise. « Cela s’est déroulé comme cela devait se dérouler », a-t-elle reflété plus tard sur cette décision.

L’entrée au cinéma et les collaborations marquantes

Les années 1980 marquent l’entrée d’O’Hara dans le cinéma. Son premier rôle notable est dans « Double Negative » (1980), un thriller canadien où elle partage l’affiche avec Eugene Levy et d’autres collègues de SCTV comme John Candy. Suivent des apparitions dans des films hollywoodiens : elle joue dans « After Hours » (1985) de Martin Scorsese, une comédie noire où elle incarne une conductrice de camion excentrique, et dans « Heartburn » (1986) de Mike Nichols, aux côtés de Meryl Streep et Jack Nicholson. Ces rôles secondaires démontrent déjà sa capacité à injecter de l’humour absurde dans des contextes dramatiques.

C’est en 1988 que vient la reconnaissance avec « Beetlejuice » de Tim Burton, où elle interprète Delia Deetz, la belle-mère snob et artiste ratée de Lydia (Winona Ryder). Son personnage, avec ses tenues extravagantes et son attitude hystérique, devient iconique. O’Hara reprendra ce rôle en 2024 dans la suite « Beetlejuice Beetlejuice », prouvant la longévité de son partenariat avec Burton. « C’était un rôle parfait pour moi, car il permettait d’explorer l’absurde sans limites », a-t-elle commenté sur ce personnage.

Les années 1990 consolident sa réputation. En 1990, elle est choisie pour incarner Kate McCallister dans « Maman, j’ai raté l’avion » (Home Alone), la mère distraite qui oublie son fils Kevin (Macaulay Culkin) lors d’un voyage à Paris. Le film, un succès planétaire, la propulse au rang de star familiale. Elle reprend le rôle en 1992 dans « Maman, j’ai encore raté l’avion » (Home Alone 2: Lost in New York), où Kate affronte les rues de New York pour retrouver son enfant. O’Hara a maintenu une amitié étroite avec Culkin, l’honorant lors de sa cérémonie d’étoile sur le Hollywood Walk of Fame en 2023. « C’est un film parfait, n’est-ce pas ? », a-t-elle dit en 2024, soulignant son exigence pour des projets de qualité.

Parallèlement, elle prête sa voix à des films d’animation, comme Sally dans « L’Étrange Noël de monsieur Jack » (The Nightmare Before Christmas, 1993) de Tim Burton, un rôle qui mêle chant et émotion, ou dans « Chicken Little » (2005) et « Over the Hedge » (2006). Ces contributions vocales élargissent son répertoire, démontrant sa versatilité.

Les mockumentaires avec Christopher Guest : un sommet d’humour improvisé

À partir des années 1990, O’Hara collabore régulièrement avec le réalisateur Christopher Guest sur des mockumentaires, des faux documentaires satiriques. Dans « Waiting for Guffman » (1996), elle joue une actrice amatrice dans une petite ville américaine, explorant les rêves déçus du théâtre communautaire. Suivent « Best in Show » (2000), où elle incarne une propriétaire de chien obsédée par les concours canins, « A Mighty Wind » (2003), satire du folk des années 1960 où elle chante aux côtés d’Eugene Levy, et « For Your Consideration » (2006), qui moque l’industrie des Oscars. Ces films, largement improvisés, mettent en valeur son talent pour l’humour absurde et les personnages excentriques. « La plupart des gens essaient de faire du bon travail et veulent être divertis », a-t-elle observé en 2025 sur l’évolution d’Hollywood, reflétant sur les changements apportés par le streaming.

Le renouveau avec « Schitt’s Creek » : une renaissance tardive

Les années 2010 marquent un renouveau spectaculaire pour O’Hara. En 2015, elle rejoint Eugene Levy et son fils Dan Levy dans « Schitt’s Creek », une sitcom canadienne diffusée sur CBC et Pop TV, puis sur Netflix. Elle y incarne Moira Rose, une ancienne star de soap opera ruinée, forcée de vivre dans un motel miteux. Le personnage, avec son accent indéfinissable, ses tenues extravagantes et sa collection de perruques – une idée qu’O’Hara a elle-même imposée –, devient culte. « J’ai suggéré, ou plutôt supplié pour cela », a-t-elle expliqué sur les perruques, qui variaient selon l’humeur de Moira.

La série, initialement confidentielle, explose en popularité grâce au streaming. O’Hara remporte six Canadian Screen Awards pour meilleure actrice dans une comédie, un Emmy en 2020 pour meilleure actrice principale dans une série comique, un Golden Globe, un Critics’ Choice Award et un Screen Actors Guild Award. Dans son discours aux Emmys, elle remercie les Levy : « Je serai éternellement reconnaissante à Eugene et Daniel Levy pour l’opportunité de jouer une femme d’un certain âge, mon âge, qui peut pleinement être elle-même. » « Schitt’s Creek » la propulse auprès d’une nouvelle génération, transformant les fans qui l’abord l’abord pour « Kevin ! » en admirateurs de Moira.

Des rôles variés à la télévision et au cinéma récent

Au-delà de « Schitt’s Creek », O’Hara apparaît dans des séries comme « Six Feet Under » (2003-2005), « Curb Your Enthusiasm » et « 30 Rock ». Elle est nominée aux Emmys pour son rôle dans le téléfilm « Temple Grandin » (2010), où elle joue la tante d’une autiste brillante. En 2017-2018, elle est dans « A Series of Unfortunate Events » sur Netflix. Plus récemment, en 2024, elle joue dans « Argylle », un film d’action, et reprend Delia Deetz dans « Beetlejuice Beetlejuice ». En 2025, elle intègre « The Last of Us » sur HBO dans le rôle de Gail Lynden, et « The Studio » sur Apple TV+, une satire d’Hollywood avec Seth Rogen, dont la deuxième saison était en production. « Cela doit être un business beaucoup plus nerveux maintenant qu’avant. Internet et le streaming doivent avoir ouvert un monde de possibilités bonnes et horribles pour les gens », a-t-elle analysé sur ces changements.

Vie personnelle : une famille ancrée et une discrétion assumée

O’Hara a épousé en 1992 le chef décorateur Bo Welch, rencontré sur le tournage de « Beetlejuice ». Le couple a deux fils, Matthew (né en 1994) et Luke (né en 1997). Elle décrit leur relation comme basée sur l’humour : « Les gens disent toujours ‘Communiquez’, n’est-ce pas ? Nous le faisons beaucoup avec des blagues. Nous nous moquons l’un de l’autre au lieu de nous crier dessus. Le sarcasme aide ! » Atteinte de situs inversus, une condition où les organes internes sont inversés, elle maintenait une double citoyenneté canadienne-américaine et a été nommée maire honoraire de Brentwood à Los Angeles en 2021. Elle était proche de sa sœur, la musicienne Mary Margaret O’Hara, et de ses autres siblings.

Hommages et réactions immédiates à sa disparition

La nouvelle de la mort d’O’Hara a provoqué une vague d’émotion dans le monde du spectacle. Macaulay Culkin, son fils fictif dans « Maman, j’ai raté l’avion », a partagé un message poignant : « Mama. Je pensais que nous avions le temps. Je voulais plus. Je voulais m’asseoir sur une chaise à côté de toi. Je t’ai entendue mais j’avais tellement plus à dire. Je t’aime. Je te verrai plus tard. » Pedro Pascal, co-star dans « The Last of Us », a écrit : « Oh, génie d’être près de toi. » Kevin Nealon a salué comment elle « a changé la façon dont tant d’entre nous comprennent la comédie et l’humanité ». Tom Green, comédien canadien, a noté : « Ses personnages ont apporté tant de joie et de rire au monde. » Josh Gad a exprimé son incrédulité : « Je ne pouvais pas me résoudre à croire qu’elle est partie. » Le leader conservateur canadien Pierre Poilievre a rendu hommage, soulignant son impact culturel. Ces réactions, survenues quelques heures après l’annonce, illustrent l’empreinte profonde d’O’Hara sur ses pairs et le public.

Ses derniers projets, comme la saison en cours de « The Studio », soulignent comment, jusqu’à la fin, elle continuait à explorer des rôles complexes dans un Hollywood en mutation, où le streaming redéfinit les carrières et les audiences. Les implications immédiates de sa disparition se font sentir dans l’industrie, avec des productions potentiellement affectées et une communauté artistique qui perd une voix unique en improvisation et en satire.

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