En 2023, le Liban a été classé 11ᵉ parmi 20 pays arabes dans l’indice des énergies renouvelables, publié par le Regional Center for Renewable Energy and Energy Efficiency (RCREEE). Bien que cela représente une légère amélioration par rapport aux années précédentes, le score du Liban de 58,8 % reste légèrement en dessous de la moyenne des pays du Conseil de Coopération du Golfe (GCC), mais supérieur à celui des pays non membres du GCC avec une moyenne de 57,1 %. Ce classement montre à la fois les défis et les opportunités pour le Liban dans la transition vers une énergie plus durable.
Méthodologie et structure de l’indice
L’indice du RCREEE évalue les performances des pays sur la base de cinq catégories clés : la structure du marché, le cadre politique, la capacité institutionnelle, le financement et les investissements, ainsi que les émissions de carbone et la surveillance. Ces éléments sont essentiels pour déterminer les conditions dans lesquelles les énergies renouvelables peuvent prospérer. Le Liban a obtenu des résultats contrastés dans ces différentes catégories, notamment dans la structure du marché (30 %), le cadre politique (53 %) et la surveillance des émissions de carbone (73 %).
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Performances du Liban par catégorie
- Structure du marché : Le Liban se classe 10ᵉ avec un score de 30 %, ce qui est légèrement supérieur à la moyenne régionale (32,7 %). Ce domaine mesure la facilité avec laquelle les investisseurs privés peuvent accéder au marché de la production d’énergie. Le Liban se situe derrière des pays comme les Émirats arabes unis, le Qatar et Bahreïn, mais surpasse des pays comme l’Irak et le Soudan.
- Cadre politique : Avec un score de 53 %, le Liban est 11ᵉ dans cette catégorie, juste à la moyenne régionale (56,9 %). Cela mesure l’engagement politique global en faveur du développement des énergies renouvelables. Bien que des progrès aient été réalisés, le Liban doit encore améliorer la mise en œuvre de politiques incitatives pour attirer davantage d’investissements privés et institutionnels dans ce secteur.
- Surveillance des émissions de carbone : Le Liban se classe 15ᵉ avec 73 %, bien en deçà de la moyenne de 73,2 %. Cette catégorie évalue la capacité des pays à surveiller les émissions provenant des réseaux électriques et leur engagement sous l’Accord de Paris. Le Liban partage ce rang avec des pays comme l’Irak, la Syrie et la Libye, ce qui montre la nécessité d’un meilleur suivi et contrôle des émissions de gaz à effet de serre.
Comparaison avec d’autres pays de la région
Le Liban a progressé en 2023, mais reste derrière des pays comme l’Arabie saoudite, le Qatar et Bahreïn dans la mise en œuvre des solutions énergétiques renouvelables. Les pays du GCC continuent d’investir massivement dans le développement des énergies renouvelables, avec un score moyen de 62,7 %, reflétant une approche plus proactive pour réduire leur dépendance aux énergies fossiles.
En termes de structure du marché, le Liban se retrouve à égalité avec des pays comme l’Irak et le Koweït, mais reste en retard par rapport à l’Arabie saoudite et à Bahreïn. Cela indique que les conditions de marché pour les énergies renouvelables restent limitées, entravant l’accès des investisseurs privés. Cependant, le cadre législatif a connu des améliorations modestes, avec des politiques de soutien qui commencent à être mises en œuvre, mais qui nécessitent encore des ajustements pour être efficaces.
Défis structurels et opportunités
Le rapport souligne que le Liban possède des systèmes photovoltaïques de petite échelle, connectés à des réseaux de basse tension, ainsi que des systèmes de moyenne à grande échelle actuellement en phase de préparation. L’objectif est d’augmenter la part des énergies renouvelables à 30 % de la production totale d’électricité d’ici 2030. Cependant, le principal obstacle reste l’absence d’une autorité de régulation indépendante qui permettrait la délivrance de licences aux compagnies privées de production d’énergie. Cette absence freine les initiatives privées et limite les investissements étrangers dans ce domaine crucial pour l’avenir énergétique du pays.
Malgré un certain progrès en 2023, le Liban continue de faire face à d’importants défis dans le développement des énergies renouvelables. Des réformes plus larges sont nécessaires, notamment la mise en place d’une autorité indépendante pour réglementer l’accès au marché et encourager les investissements privés. À mesure que le pays avance vers son objectif de 30 % d’énergies renouvelables d’ici 2030, le cadre législatif et politique devra évoluer pour faciliter la transition. En définitive, si le Liban souhaite combler son retard par rapport aux leaders régionaux, une approche plus cohérente et ambitieuse s’impose dans les années à venir.



