samedi, janvier 24, 2026

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De Byblos à Rome : influences croisées entre le Liban antique et l’Italie romaine

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Quand la Phénicie ouvrait les routes de la Méditerranée

Bien avant l’existence de l’Italie moderne, les ports de la Phénicie, dont Byblos, Tyr et Sidon, régnaient sur le commerce maritime en Méditerranée orientale. Les Phéniciens, peuple de navigateurs et de marchands, établissent dès le deuxième millénaire avant notre ère des routes commerciales qui atteignent les côtes de la péninsule italienne. Les vestiges archéologiques retrouvés dans la région de Latium ou en Sardaigne témoignent de ces premiers contacts directs. Amphores, bijoux et céramiques phéniciennes sont présentes dans plusieurs musées italiens.

Alphabet, navigation et influences culturelles : l’héritage oublié

L’une des contributions majeures des Phéniciens au monde méditerranéen reste la diffusion de leur alphabet. Ce système d’écriture, plus simple et plus accessible que les hiéroglyphes égyptiens ou le cunéiforme mésopotamien, inspire directement les Grecs, puis les Romains. L’alphabet latin, utilisé aujourd’hui à travers le monde, trouve ainsi indirectement ses racines sur les côtes libanaises.

Les techniques de navigation, la maîtrise des routes commerciales et le savoir-faire artisanal des Phéniciens impressionnent les civilisations qui leur succèdent. Les Romains, eux-mêmes grands bâtisseurs d’un empire maritime, s’inspireront de certaines méthodes commerciales développées par les Phéniciens pour contrôler la Méditerranée.

La conquête romaine du Levant : intégration et romanisation

Au premier siècle avant notre ère, les troupes de Pompée intègrent la région levantine à l’orbite de Rome. La Phénicie devient alors partie intégrante de la province de Syrie. Les cités comme Byblos, Tyr et Béryte (l’actuelle Beyrouth) se transforment progressivement sous l’influence romaine.

L’urbanisme évolue : routes pavées, aqueducs, théâtres et thermes romains apparaissent. À Beyrouth, la présence d’une école de droit renommée fait de la ville un centre intellectuel majeur de l’Empire romain d’Orient.

Le culte impérial se répand dans la région. Les temples dédiés aux empereurs romains côtoient encore les vestiges des cultes phéniciens. À Baalbek, les temples de Jupiter, Bacchus et Vénus deviennent des symboles de la puissance architecturale de Rome.

Circulation des hommes et des idées : diplomates, marchands et soldats

La domination romaine facilite les échanges humains. De nombreux commerçants libanais s’établissent à Rome et dans d’autres villes italiennes. Certains deviennent fournisseurs officiels de produits de luxe : pourpre de Tyr, bois de cèdre, verre soufflé de Sidon.

Des soldats originaires du Liban servent dans les légions romaines et participent à des campagnes militaires aux confins de l’Empire, jusqu’en Grande-Bretagne ou en Germanie. À l’inverse, des familles romaines s’installent sur les côtes du Levant, contribuant à un métissage culturel progressif.

Les élites libanaises adoptent progressivement le latin comme langue administrative, tout en conservant leur langue sémitique pour les usages domestiques et religieux.

De l’architecture à la gastronomie : des traces encore visibles aujourd’hui

L’héritage de ces échanges se lit encore dans le paysage libanais. Les vestiges romains de Baalbek restent parmi les mieux conservés du monde méditerranéen. À Byblos, les couches archéologiques superposent les époques phénicienne, grecque et romaine.

Même dans la cuisine, certains historiens retrouvent des échos de ces influences croisées. L’usage d’herbes aromatiques, de céréales, ou encore certaines techniques de conservation des aliments témoigneraient d’un héritage culinaire gréco-romain adapté aux produits locaux.

La fabrication du vin au Liban, notamment dans la vallée de la Bekaa, perpétue aussi des traditions viticoles introduites et développées sous l’époque romaine.

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Newsdesk Libnanews
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