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Effondrement du régime d’Assad : Mikati et Jumblat en Turquie pour des discussions sur l’avenir du Liban et de la Syrie

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Le Premier ministre libanais par intérim, Najib Mikati, se rendra en Turquie ce mercredi afin de discuter des questions de démarcation des frontières terrestres entre le Liban et la Syrie, à la suite de la chute du président syrien Bachar al-Assad. Ce déplacement fait suite à un bouleversement historique marqué par la prise de pouvoir des rebelles islamistes en Syrie, après des années de guerre dévastatrice.

Parallèlement, Walid Joumblatt, ancien leader du Parti Socialiste Progressiste, se rendra également en Turquie avant de se diriger vers la Syrie. Il y rencontrera Abou Mohammed al-Jolani, chef de Hayat Tahrir al-Sham (HTS), qui se fait désormais appeler Ahmad al-Sharaa. Joumblatt avait déjà contacté al-Jolani le week-end dernier, exprimant son soutien après la destitution d’Assad.

La chute d’Assad : un tournant pour le Moyen-Orient

L’effondrement du régime syrien, survenu le 8 décembre, a pris le monde par surprise. Les forces d’Assad, affaiblies et désorganisées, n’ont pas résisté à l’offensive éclair menée par Hayat Tahrir al-Sham. En fuite, Assad a laissé derrière lui un pays ravagé par des décennies de dictature et une guerre civile qui a fait plus de 500 000 morts et déplacé la moitié de la population syrienne.

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L’événement a suscité des réactions contrastées :

  • Jubilation au sein de la population syrienne et au-delà, pour ceux qui voyaient en cette chute un espoir de justice.
  • Inquiétude dans les cercles politiques, notamment au Liban, face aux risques de déstabilisation régionale accrue.

En exprimant sa satisfaction, Joumblatt a déclaré que cette chute représentait une forme de « justice » pour Rafic Hariri, son père Saad Hariri, et d’autres figures du mouvement du 14 Mars, victimes de l’influence syrienne au Liban.

Les répercussions pour le Liban

La transition syrienne pose un défi majeur au Liban, qui a été profondément marqué par la guerre civile syrienne. Les tensions entre les communautés libanaises, exacerbées par l’implication du Hezbollah dans le conflit aux côtés d’Assad, pourraient ressurgir. Tripoli, en particulier, a été le théâtre d’attaques entre rebelles et forces de sécurité libanaises dans le passé.

Cependant, Obaida Arnaout, porte-parole du nouveau gouvernement syrien, a tenté de rassurer les Libanais. Dans une déclaration à LBCI, il a affirmé que la nouvelle Syrie serait une « nation civile », respectueuse de la souveraineté libanaise et de ses frontières.

De son côté, Joumblatt a appelé à un soutien actif envers le peuple syrien : « Nous voulons une Syrie démocratique et diverse. Il est temps de donner aux Syriens l’opportunité de reconstruire leur avenir ».

HTS et l’engagement international

Ancienne branche d’Al-Qaïda, Hayat Tahrir al-Sham (HTS), désormais au pouvoir, cherche à redorer son image. Désigné comme organisation terroriste par de nombreux pays occidentaux, HTS a récemment modéré son discours, promettant de protéger les minorités religieuses syriennes et de favoriser une gouvernance inclusive.

Cet assouplissement a entraîné un regain de relations diplomatiques avec Damas :

  • La France a hissé son drapeau à l’ambassade pour la première fois depuis 2012, marquant un geste symbolique d’ouverture.
  • L’Union européenne prévoit de rouvrir sa mission en Syrie, après des discussions qualifiées de « constructives ». Toutefois, la levée des sanctions reste conditionnée à des « actions concrètes » du nouveau gouvernement syrien, selon la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas.
  • La Turquie et le Qatar, longtemps alliés de l’opposition syrienne, ont rouvert leurs ambassades.
  • Des pourparlers ont été initiés avec les États-Unis et le Royaume-Uni, soulignant un intérêt mondial pour une transition stable en Syrie.

Les défis de la reconstruction syrienne

Alors que le régime d’Assad a laissé un pays en ruines, 70 % de la population syrienne nécessite une aide humanitaire urgente. Le chef humanitaire des Nations Unies, Tom Fletcher, a exprimé son optimisme après avoir rencontré les nouveaux dirigeants, appelant à une intensification des secours.

L’ONU estime qu’environ un million de réfugiés syriens pourraient retourner dans leur pays d’ici la première moitié de 2025. Cette perspective soulève des questions pour le Liban, qui abrite actuellement plus d’un million de réfugiés syriens. La gestion de ces retours, dans un contexte socioéconomique précaire, reste une priorité pour Beyrouth.

Vers une nouvelle dynamique régionale

La visite prochaine de Mikati en Turquie s’inscrit dans une volonté d’établir un dialogue régional sur les questions sensibles comme la démarcation des frontières. Les tensions frontalières entre le Liban et la Syrie, héritées de l’ère Assad, demeurent une source de litiges.

Cette rencontre pourrait également ouvrir la voie à un nouveau chapitre diplomatique, alors que les puissances régionales et internationales s’engagent dans des discussions avec la nouvelle administration syrienne.

Un équilibre fragile

Si la chute d’Assad est célébrée par une partie des Libanais, elle soulève néanmoins des inquiétudes quant à la stabilité régionale. Pour le Liban, pays déjà éprouvé par des crises politiques et économiques sans précédent, l’évolution du dossier syrien pourrait avoir des conséquences majeures.

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Newsdesk Libnanews
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