dimanche, janvier 25, 2026

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Et si le Liban osait son propre « Grand RESET » à la vietnamienne ?

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Le Vietnam s’est lancé dans une grande réforme administrative : réduction des ministères, suppression de milliers de postes, réorganisation de l’État. Pourquoi le Liban ne pourrait-il pas s’en inspirer pour redresser son économie ?

Contexte : deux nations à un tournant

Le Vietnam en action

Le Vietnam a engagé une réforme majeure début 2025, visant à réduire au moins 20 % de ses effectifs publics, soit 100 000 postes d’agents d’État (fonctionnaires, médias d’État, police, armée), dans le cadre d’une vaste restructuration ministérielle.
L’objectif : fusionner plusieurs ministères, réduire la bureaucratie, accroître l’efficacité administrative tout en économisant plusieurs milliards de dollars.

Le Liban sous tension

  • Endettement public colossal : entre 250 % et 282 % du PIB fin 2023
  • Déficits budgétaires moyens : –7 % du PIB depuis 2010, –0,4 % en 2023
  • Masse salariale publique : 5,6 milliards USD en 2019
  • Inflation ≈ 40 %, effondrement de la livre, 44 % sous le seuil de pauvreté

Comparaison : Vietnam vs Liban

ThèmeVietnamLiban
Réduction des postes–20 % du secteur public (≈ 100 000 emplois)Aucun plan global
Restructuration ministérielleFusion ministères et agences (30 → 22)Structures éclatées, doublons
Budget réaffectéÉconomies de plusieurs milliards de $Déficit persistant, dette colossale
Accompagnement des agentsRetraite anticipée, reconversion, indemnitésAucun système de reconversion
Communication politiqueVision affirmée : « révolution administrative »Réformes bloquées, absence de cap

Et si le Liban suivait cette voie ?

Le pays pourrait bénéficier d’un plan structuré, en plusieurs étapes :

  1. Audit national des ministères et effectifs : identifier redondances, postes superflus, missions abandonnées
  2. Fusion des entités aux missions similaires : unifier Culture + Jeunesse, Transport + Infrastructures
  3. Plan de transition volontaire : indemnités, formations, accompagnement social
  4. Fonds national de reconversion : soutien à la reconversion, à l’entrepreneuriat, au tutorat scolaire
  5. Campagne de transparence citoyenne : pédagogie budgétaire, information publique
  6. Mécanismes anticorruption renforcés : audits indépendants, signalement protégé, indicateurs de performance
  7. Évaluation périodique : mesure des économies, redéploiement territorial, qualité du service

Les bénéfices potentiels

  • Réduction rapide du déficit public
  • Frein à la spirale de la dette, retour de la crédibilité
  • Redressement progressif des services publics
  • Réciblage fonctionnel de l’appareil d’État
  • Signal politique fort : l’État devient fonctionnel et réformable

Conclusion

Le Liban est à la croisée des chemins. Continuer à étouffer sous un État hypertrophié, ou lancer une refondation fonctionnelle inspirée de l’exemple vietnamien. Ce n’est pas une imitation mécanique, mais une leçon : réformer l’État est possible, pacifiquement, avec lucidité et courage. Le peuple libanais mérite un État allégé, transparent, opérationnel. Réformer l’administration, c’est réinjecter de la vie dans la nation.

Indicateurs économiques comparés (2024)

IndicateurLibanVietnam
Dette publique (% du PIB)282 %38 %
Déficit budgétaire (% du PIB)0,4 %4,4 %
Masse salariale publique5,6 Mds USD3,2 Mds USD

Leçon de réformes : Vietnam

  • Réduction de 245 000 postes publics
  • Fusion de 7 ministères
  • Digitalisation des services
  • Recentrage de l’État sur ses fonctions essentielles
  • Réinsertion progressive vers le privé
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Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre, Etudes scolaires à Jamhour puis à l’Ecole Gerson à Paris, continua ses études d’économie et de gestion licence et maitrise à Paris -Dauphine où il se spécialise dans le Master « Marchés Financiers Internationaux et Gestion des Risques » de l’Université de Paris - Dauphine 1989. Par la suite , Il se spécialise dans la gestion des risques des dérivés des marchés actions notamment dans les obligations convertibles en actions et le marché des options chez Morgan Stanley Londres 1988 , et à la société de Bourse Fauchier- Magnan - Paris 1989 à 1991, puis il revint au Liban en 1992 pour aider à reconstruire l’affaire familiale la Brasserie Almaza qu’il dirigea 11 ans , puis il fonda en 2003 une société de gestion Aleph Asset Management dont il est actionnaire à 100% analyste et gérant de portefeuille , de trésorerie et de risques financiers internationaux jusqu’à nos jours.

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