Affirmation : Une décision d’une cour d’appel égyptienne datée du 28 mai 2025 menace de fermer le monastère de Sainte-Catherine au Mont Sinaï en tant que lieu de culte, de confisquer ses propriétés au profit de l’État égyptien, d’expulser les 20 moines orthodoxes qui y résident, et potentiellement de transformer le site en musée, ce qui pourrait tendre les relations gréco-égyptiennes.
Source de l’affirmation : Rapports de médias grecs (par exemple, eKathimerini, Greek Reporter), déclarations de responsables orthodoxes grecs comme l’archevêque Ieronymos II, et publications sur X, datées des 29 et 30 mai 2025. L’affirmation suggère que cette décision contredit les assurances données par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi au Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis lors d’une rencontre à Athènes début mai 2025.
Statut de la vérification : Partiellement vérifié, avec des récits contradictoires
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Contexte
Le monastère de Sainte-Catherine, situé au pied du Mont Sinaï en Égypte, est le plus ancien monastère chrétien en activité continue au monde, fondé au VIe siècle par l’empereur Justinien Ier. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, il revêt une importance religieuse majeure pour le christianisme, le judaïsme et l’islam en raison de son association avec Moïse et le Buisson ardent. Le monastère, sous la juridiction de l’Église autonome du Sinaï (liée canoniquement au Patriarcat de Jérusalem), abrite une collection renommée de manuscrits et d’icônes chrétiens anciens. Il fonctionne comme un site religieux depuis plus de 1 500 ans, historiquement respecté par divers dirigeants, y compris les autorités islamiques.
L’affirmation découle d’une décision de justice égyptienne rendue le 28 mai 2025, qui a suscité une inquiétude internationale, notamment en Grèce, en raison de la communauté monastique orthodoxe grecque et des liens culturels avec la Grèce.
Vérification des points clés
- Décision de justice et menace sur le monastère
- Vérifié : Les médias grecs (par exemple, eKathimerini, 29 mai 2025) et les déclarations de l’archevêque Ieronymos II confirment qu’une cour d’appel égyptienne a rendu une décision qui menace, selon eux, de transférer les propriétés du monastère à l’État égyptien, de potentiellement expulser les 20 moines, et de transformer le site en musée à des fins touristiques. Cette décision s’inscrit dans un litige juridique remontant aux années 2000, intensifié en 2015 par un différend sur la propriété de 71 actifs du monastère.
- Contre-affirmation : Le 30 mai 2025, la présidence égyptienne et le ministère des Affaires étrangères ont publié des déclarations niant tout changement dans le statut religieux du monastère. Ils affirment que la décision “renforce le statut religieux unique et sacré” du monastère et réglemente pour la première fois son statut juridique, permettant aux moines de continuer à utiliser le site. Ils qualifient les allégations de confiscation de “totalement infondées” (Ministère égyptien des Affaires étrangères, 30 mai 2025).
- Analyse : L’absence du texte complet de la décision judiciaire rend difficile la confirmation de son champ d’application exact. Les sources grecques et les moines perçoivent cela comme une menace directe à l’autonomie religieuse, tandis que les autorités égyptiennes la présentent comme une mesure de protection. Cette divergence suggère soit une mauvaise communication, soit des interprétations différentes de l’intention de la décision.
- Impact sur les relations gréco-égyptiennes
- Vérifié : La décision a soulevé des inquiétudes quant à une possible tension dans les relations gréco-égyptiennes. Le ministre grec des Affaires étrangères, George Gerapetritis, a contacté son homologue égyptien, Badr Abdelatty, le 29 mai 2025, pour insister sur le respect des accords précédents (Ministère grec des Affaires étrangères, 29 mai 2025). Le porte-parole du gouvernement grec, Pavlos Marinakis, a indiqué que la Grèce attendait le texte officiel de la décision pour formuler une réponse. L’archevêque Ieronymos II a qualifié la décision de “violation violente des droits humains” et a exhorté le Premier ministre Mitsotakis à agir.
- Contexte : Les inquiétudes découlent des assurances données par le président al-Sissi lors d’une rencontre à Athènes en mai 2025, où il s’était engagé à préserver le statut du monastère. Le timing de la décision, peu après cet engagement diplomatique, alimente les perceptions d’une rupture de confiance.
- Réponse égyptienne : Les déclarations égyptiennes mettent en avant une coopération continue avec la Grèce et le respect du statut du monastère, suggérant une volonté de limiter les retombées diplomatiques.
- Motivations derrière la décision
- Partiellement vérifié : Les médias grecs et les publications sur X suggèrent que la décision pourrait être motivée par des intérêts de développement touristique, avec des plans pour transformer le monastère en musée, à l’image des Pyramides. Les autorités archéologiques égyptiennes ont invoqué la loi nationale sur les antiquités pour justifier la décision, affirmant qu’elle profite à la préservation du site (Ministère égyptien des Antiquités, cité dans eKathimerini, 29 mai 2025).
- Contre-affirmation : Les moines contestent cette version, accusant les autorités de violer les libertés religieuses. Les déclarations égyptiennes nient toute intention liée au tourisme, affirmant que la décision garantit l’intégrité spirituelle et archéologique du monastère.
- Analyse : Le tourisme est un sujet de discorde depuis les années 2000, avec un développement accru dans la péninsule du Sinaï. Cependant, sans le texte complet de la décision, il n’est pas clair si le tourisme est la motivation principale ou un facteur secondaire.
- Statut et autonomie du monastère
- Vérifié : Le monastère opère sous l’égide de l’Église autonome du Sinaï, liée canoniquement au Patriarcat de Jérusalem, et non au Patriarcat d’Alexandrie. Il a maintenu sa fonction religieuse pendant des siècles, bénéficiant de protections historiques de la part de divers dirigeants, y compris islamiques.
L’information concernant la décision de justice égyptienne menaçant le monastère de Sainte-Catherine est largement étayée par les sources grecques et les rapports médiatiques, qui soulignent les préoccupations concernant la confiscation des propriétés, l’expulsion des moines et la transformation en musée. Cependant, les autorités égyptiennes nient ces allégations, affirmant que le statut religieux du monastère reste inchangé. La situation demeure irrésolue, la Grèce attendant le texte officiel de la décision pour formuler une réponse. La divergence entre les deux parties suggère un besoin de clarification diplomatique pour éviter une escalade des tensions dans les relations gréco-égyptiennes. Pour suivre les derniers développements, il est recommandé de consulter les déclarations officielles des deux gouvernements ou des sources d’information fiables comme eKathimerini ou Greek Reporter.
Sources :
- eKathimerini, “Egypt court decision threatens Mount Sinai monastery; Athens expresses concern,” 29 mai 2025.
- Greek Reporter, “Egypt’s Move Against Mount Sinai Monastery Sparks Outrage,” 29 mai 2025.
- Déclarations de la présidence égyptienne et du ministère des Affaires étrangères, 30 mai 2025.
- Publications sur X, 29–30 mai 2025.



