En janvier 2024, le taux de pénétration d’Internet au Liban atteignait 85,6 % de la population, selon un rapport publié par DataReportal. Cette statistique illustre une adoption croissante des plateformes numériques et des réseaux sociaux dans un pays marqué par des défis économiques et sociopolitiques majeurs. Les données révèlent une accélération notable de la connectivité et une domination croissante des réseaux sociaux dans la vie quotidienne des Libanais.
Un pays de plus en plus connecté
Avec 4,76 millions d’utilisateurs d’Internet en janvier 2024, soit 90,1 % des adultes libanais, le Liban a vu sa population en ligne augmenter de manière significative par rapport à l’année précédente. Toutefois, 9,9 % de la population, soit environ 525 500 individus, restaient encore déconnectés au début de l’année. Le rapport souligne que l’adoption réelle pourrait être encore plus élevée que ces chiffres, les méthodes de collecte de données ayant souvent du mal à refléter pleinement la dynamique numérique.
Le débit de connexion via les réseaux mobiles a également enregistré une amélioration de 9,4 % par rapport à 2023, atteignant une moyenne de 31,06 Mbps. De même, les connexions fixes ont progressé de 29,5 % pour atteindre 9,39 Mbps, une augmentation notable dans un pays où les infrastructures numériques ont longtemps été critiquées pour leur lenteur.
Réseaux sociaux : une part essentielle du quotidien libanais
Les réseaux sociaux jouent un rôle central dans cette transformation numérique. Avec 4,52 millions d’utilisateurs actifs sur les réseaux sociaux en janvier 2024, soit 85,6 % de la population totale, ces plateformes représentent un outil incontournable de communication, d’information et de divertissement. En comparaison avec 2023, où 90,5 % des adultes libanais étaient présents sur les réseaux sociaux, une légère baisse est observée, mais cela reste un indicateur de leur omniprésence.
Le rapport indique que 52,2 % des utilisateurs des réseaux sociaux au Liban étaient des hommes, contre 47,8 % de femmes, un léger changement par rapport à l’année précédente, où les utilisateurs masculins représentaient 50,7 %. Cette parité relative témoigne de l’universalité de l’accès et de l’intérêt pour les réseaux sociaux, indépendamment des genres.
YouTube et TikTok dominent le paysage numérique
Parmi les plateformes les plus utilisées, YouTube arrive en tête avec 4,52 millions d’utilisateurs au début de 2024. Elle est suivie de près par TikTok, qui compte 3,92 millions d’utilisateurs âgés de 18 ans et plus, confirmant la popularité croissante de cette plateforme auprès des jeunes adultes. Les réseaux sociaux traditionnels comme Facebook (3,15 millions d’utilisateurs) et Instagram (2,5 millions d’utilisateurs) restent également fortement présents, tandis que des plateformes comme Snapchat (1,39 million) et LinkedIn (1,2 million) conservent leur pertinence dans des niches spécifiques.
L’émergence de Threads, propriété de Meta (anciennement Facebook), et l’utilisation croissante de WhatsApp pour des usages professionnels et sociaux démontrent une diversification des habitudes numériques des Libanais. En 2024, 77,4 % des utilisateurs admissibles au Liban (âgés de 13 ans et plus) ont utilisé les plateformes Meta, contre 71 % en 2023.
Une dépendance croissante aux mobiles
Le Liban comptait 4,63 millions de connexions mobiles en janvier 2024, représentant 87,6 % de la population totale. Cette hausse de 0,8 % par rapport à 2023 traduit une dépendance accrue aux smartphones comme principal outil d’accès à Internet. Les connexions mobiles constituent un moteur clé de l’adoption numérique, notamment dans les zones rurales où les infrastructures fixes restent insuffisantes.
Analyse : des opportunités et des défis
Une transformation numérique accélérée
La forte pénétration des réseaux sociaux au Liban reflète une modernisation accélérée du pays dans un contexte de crise économique et d’instabilité politique. Les Libanais utilisent ces plateformes non seulement pour se divertir mais aussi pour s’informer, créer des opportunités économiques et maintenir des liens sociaux, notamment avec la diaspora.
Défis techniques et économiques
Cependant, la transformation numérique du Liban n’est pas sans défis. Les infrastructures restent inégales, comme en témoignent les débits Internet encore faibles par rapport aux normes internationales. De plus, l’accès au numérique est souvent limité par des coûts élevés, dans un contexte où une grande partie de la population souffre de difficultés économiques.
Monétisation et sécurité des données
La domination des plateformes internationales comme Meta, YouTube ou TikTok pose également des questions sur la monétisation locale et la sécurité des données. Alors que les publicités numériques augmentent, une grande partie des revenus publicitaires quitte le pays au profit de ces géants, réduisant ainsi les bénéfices pour l’économie libanaise.
Un outil pour l’émancipation et la résilience
Malgré ces défis, les réseaux sociaux jouent un rôle clé dans la résilience des Libanais. Ils offrent une plateforme pour l’activisme, la créativité et le partage d’informations dans un contexte où les médias traditionnels sont confrontés à des restrictions financières et politiques.
Conclusion : une dynamique à surveiller
Le paysage numérique du Liban, porté par une adoption massive des réseaux sociaux, reflète une société en pleine mutation. Alors que des plateformes comme YouTube, TikTok et Facebook dominent, le défi pour le pays réside dans l’amélioration des infrastructures et la maximisation des bénéfices économiques et sociaux de cette transformation numérique. Dans un monde de plus en plus interconnecté, la capacité du Liban à s’adapter et à innover dans cet espace sera cruciale pour son développement futur.



