Le Liban, malgré des crises multiples, connaît une adoption croissante des technologies numériques, qui transforment progressivement la vie quotidienne des citoyens et des entreprises. Pourtant, ce développement se heurte à des obstacles majeurs : l’instabilité économique, les infrastructures insuffisantes et les coupures d’électricité. Alors que le pays est en quête de solutions pour surmonter ses défis structurels, le secteur technologique émerge comme un potentiel moteur de résilience et d’innovation.
L’impact des coupures d’électricité sur la numérisation
Les coupures de courant, devenues endémiques dans tout le pays, affectent gravement la transition numérique. Selon An-Nahar (édition du 25 novembre 2024), les entreprises technologiques peinent à maintenir leurs opérations en raison du manque d’énergie fiable. Les générateurs privés, bien qu’omniprésents, augmentent les coûts de fonctionnement et limitent l’expansion des infrastructures numériques.
Les écoles et universités, déjà affaiblies par la crise économique, ont également vu leurs programmes de formation en ligne perturbés par l’instabilité de l’électricité et de l’accès à Internet. Al Sharq (édition du 25 novembre 2024) rapporte que les étudiants dans les régions rurales, où les connexions sont souvent limitées, sont les plus affectés, creusant les inégalités d’accès à l’éducation numérique.
L’essor des startups malgré les crises
Malgré ces défis, le Liban reste un vivier d’innovation technologique. Al Akhbar (édition du 25 novembre 2024) met en lumière plusieurs startups locales qui continuent de se développer, notamment dans les domaines de la fintech, de l’éducation numérique (EdTech) et de la santé numérique (HealthTech). Ces entreprises, bien que confrontées à des difficultés de financement, parviennent à tirer parti des talents locaux pour créer des solutions adaptées aux besoins spécifiques du marché libanais.
Le secteur fintech, en particulier, connaît une croissance rapide, car il répond aux besoins d’une population de plus en plus désenchantée par le système bancaire traditionnel. Des applications de paiement mobile et des plateformes de prêt en ligne gagnent en popularité, offrant des alternatives fiables dans un contexte de crise économique.
La montée en puissance du travail à distance
La pandémie de COVID-19 a accéléré l’adoption du travail à distance, transformant les habitudes professionnelles de nombreux Libanais. Selon Al Joumhouria (édition du 25 novembre 2024), cette transition a permis à des entreprises locales de collaborer avec des clients internationaux, créant ainsi de nouvelles opportunités économiques. Cependant, l’instabilité du réseau électrique reste un obstacle majeur pour les professionnels qui dépendent des connexions numériques.
Le secteur technologique libanais bénéficie également de la diaspora, qui joue un rôle clé en soutenant les entreprises locales par le biais d’investissements et de partenariats. Cette relation transnationale permet aux talents libanais de rester compétitifs sur la scène mondiale.
Les infrastructures numériques en retard
Le retard des infrastructures numériques constitue un frein au développement technologique. Al Sharq Al-Awsat(édition du 25 novembre 2024) rapporte que les services Internet au Liban sont parmi les plus lents et les plus chers de la région, en raison du manque d’investissements publics et des monopoles sur le marché des télécommunications.
Les initiatives visant à améliorer ces infrastructures, comme le déploiement de la fibre optique, progressent lentement en raison de la corruption et de la mauvaise gestion. An-Nahar souligne que ces retards freinent non seulement l’innovation, mais aussi l’attractivité du Liban en tant que hub technologique régional.
La digitalisation des services publics
Face à l’effondrement des services publics traditionnels, la digitalisation apparaît comme une solution potentielle pour améliorer l’efficacité administrative et réduire la corruption. Plusieurs projets pilotes, comme les plateformes numériques pour la déclaration fiscale et l’enregistrement des entreprises, ont été lancés avec le soutien d’organisations internationales.
Cependant, Al Akhbar souligne que ces initiatives restent largement limitées à Beyrouth et ne bénéficient pas encore aux régions rurales, où les citoyens continuent de dépendre des procédures administratives traditionnelles, souvent inefficaces et chronophages.
Le rôle des organisations internationales
Les agences internationales, telles que la Banque mondiale, jouent un rôle crucial dans le soutien à la transformation numérique du Liban. Al Joumhouria mentionne que des fonds ont été alloués pour moderniser les infrastructures Internet et promouvoir l’inclusion numérique, notamment pour les groupes marginalisés.
Cependant, ces efforts sont souvent entravés par l’instabilité politique et la corruption, qui ralentissent la mise en œuvre des projets. Al Sharq appelle à une meilleure coordination entre les acteurs locaux et internationaux pour maximiser l’impact de ces initiatives.
Les perspectives d’avenir
Malgré les défis actuels, le secteur technologique libanais montre un potentiel important pour contribuer à la reprise économique du pays. Les experts cités par Al Akhbar insistent sur l’importance de renforcer les infrastructures numériques et de soutenir les startups locales par des incitations fiscales et des programmes de formation.
Le développement des énergies renouvelables, comme l’énergie solaire, pourrait également jouer un rôle clé en fournissant une source d’électricité stable pour les entreprises technologiques. À plus long terme, une meilleure réglementation du marché des télécommunications est essentielle pour réduire les coûts et améliorer la qualité des services.
Références :
- An-Nahar, édition du 25 novembre 2024.
- Al Akhbar, édition du 25 novembre 2024.
- Al Sharq Al-Awsat, édition du 25 novembre 2024.
- Banque mondiale, rapports sur la digitalisation au Liban.
- Al Joumhouria, édition du 25 novembre 2024.



