Dans ses récentes déclarations, Gebran Bassil a évoqué les conséquences potentielles de la chute du régime de Bachar el-Assad en Syrie, une hypothèse qui reste un sujet de débat depuis le début du conflit en 2011. Pour Bassil, un tel scénario aurait des répercussions profondes et potentiellement déstabilisatrices, non seulement pour la Syrie elle-même, mais également pour le Liban et l’ensemble de la région.
Une rupture dans l’axe de la résistance
Bassil a souligné que la chute du régime syrien couperait les routes stratégiques de l’axe de la résistance, formé principalement par l’Iran, la Syrie et le Hezbollah. Selon lui, une telle rupture rendrait l’approvisionnement en armes du Hezbollah beaucoup plus complexe. Cette remarque met en lumière l’importance géopolitique de la Syrie, qui joue un rôle de corridor vital reliant l’Iran au Hezbollah au Liban.
Le régime syrien de Bachar el-Assad a longtemps servi de pivot pour cet axe, permettant un transfert régulier de matériel militaire et une coopération logistique entre ses alliés. Si ce pilier venait à s’effondrer, l’Iran et le Hezbollah pourraient être confrontés à des défis majeurs pour maintenir leur capacité militaire. Cette situation, selon Bassil, aurait des implications directes sur l’équilibre des forces au Liban, où le Hezbollah est à la fois un acteur militaire puissant et un acteur politique controversé.
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Une reconfiguration régionale potentiellement dangereuse
La chute d’Assad pourrait également déclencher une reconfiguration régionale aux conséquences imprévisibles. Bassil met en garde contre l’instabilité accrue qui pourrait en résulter, non seulement pour la Syrie, mais également pour le Liban. Il estime qu’un effondrement du régime syrien pourrait entraîner une fragmentation du pays en zones contrôlées par des factions religieuses et ethniques. Cette perspective est particulièrement préoccupante pour le Liban, où une partition similaire pourrait être envisagée par certains acteurs régionaux.
En effet, l’histoire récente du Liban, marquée par la guerre civile et l’ingérence étrangère, illustre la fragilité du système politique libanais face à des bouleversements régionaux. Bassil redoute que la chute du régime syrien n’encourage des forces centrifuges au Liban, réveillant les tensions communautaires et menaçant l’unité du pays.
Une menace pour les minorités et les équilibres confessionnels
En outre, Bassil insiste sur le fait que la disparition d’un régime centralisé en Syrie pourrait exposer les minorités religieuses, notamment chrétiennes, à des persécutions accrues. Cette crainte n’est pas sans fondement, car des exemples récents, comme l’essor de groupes extrémistes durant le conflit syrien, ont montré que les minorités deviennent souvent des cibles dans des contextes de vide du pouvoir.
Pour le Liban, où les chrétiens occupent une place importante dans le système confessionnel, un affaiblissement de leurs homologues en Syrie pourrait renforcer un sentiment de vulnérabilité. Bassil semble percevoir dans cette situation un risque pour la pérennité du rôle des chrétiens dans la région.



