Les derniers articles

Articles liés

Je parle de la sécheresse au Liban : un fléau aggravé par l’irresponsabilité de l’État par Georges Milad Al Maalouf 

- Advertisement -

Je parle d’une sécheresse sans précédent qui frappe le Liban cette année, asséchant les sols, les sources et les espoirs. Dans un pays déjà épuisé par les crises économiques, sociales et politiques, la raréfaction de l’eau devient une urgence vitale. Les régions rurales, autrefois nourries par des rivières vives et des nappes phréatiques stables, sont désormais contraintes de quémander chaque goutte.

Je parle de familles entières qui ne peuvent plus se permettre de remplir leur citerne. Le prix des 1000 litres d’eau dépasse parfois les 15 dollars, un luxe inabordable pour la majorité. Dans certains villages du Sud, du Akkar ou de la Békaa, des enfants font des kilomètres à pied pour remplir des bidons, pendant que l’État reste spectateur, inerte.

Je parle d’une responsabilité écrasante portée par les gouvernements successifs qui, depuis des décennies, n’ont jamais établi une stratégie nationale sérieuse de gestion de l’eau. Aucun barrage digne de ce nom n’a été construit dans un pays pourtant béni, autrefois, par des sources naturelles abondantes. Les projets sont restés dans les tiroirs, bloqués par la corruption, les conflits d’intérêts ou tout simplement l’indifférence.

Recommande par Libnanews
Indicateurs économiques du Liban

Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.

Je parle d’un gâchis monumental : chaque hiver, le Liban reçoit des milliards de mètres cubes de pluie et de neige qui s’écoulent vers la mer, inutilisés, alors qu’il aurait suffi d’investir dans des infrastructures durables — barrages, réservoirs, stations de traitement — pour éviter la pénurie estivale. Mais la vision à long terme a toujours été étrangère à nos dirigeants.

Je parle aussi de l’arrogance d’un système qui a toujours préféré importer, improviser et se reposer sur le climat, au lieu d’anticiper et de protéger ses ressources. Aujourd’hui, le prix de cette négligence est payé par les citoyens les plus pauvres, ceux qui n’ont ni puits privé, ni citerne moderne, ni réseau d’approvisionnement fiable.

Je parle enfin d’un cri d’alarme qui ne peut plus être ignoré. Car l’eau, bien plus que l’électricité ou le carburant, est une question de vie ou de mort. Et dans un pays où tout s’effondre, il ne restera bientôt plus que la sécheresse comme unique certitude.

- Advertisement -
Nos Lecteurs
Nos Lecteurs
Nos Lecteurs sont également les auteurs de ce site. Vous pouvez soumettre votre tribune libre, vos réactions ou analyses en rapport avec les évènements actuels, en envoyant un courriel à redaction@libnanews.com Une fois accepté par l’équipe Libnanews, votre texte sera publié dans la rubrique opinion ou dans les catégories appropriées. N’oubliez cependant pas les règles élémentaires de la courtoisie et veuillez respecter les règles et les usages de la Langue Française. Nous ne sommes toutefois pas responsables des opinions ou du contenu soumis par Nos Lecteurs.

A lire aussi