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Jour pour jour : Donald Trump dévoile son plan de paix au Moyen-Orient le 28 janvier 2020

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Le 28 janvier 2020, dans la salle Est de la Maison Blanche, le président américain Donald Trump présente officiellement son plan de paix pour le Moyen-Orient, baptisé « Peace to Prosperity », plus connu sous le nom de « Deal du siècle ». Aux côtés du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Trump détaille une vision qui propose une résolution du conflit israélo-palestinien par une reconnaissance accrue des revendications israéliennes, incluant l’annexion de colonies en Cisjordanie et un statut limité pour un État palestinien démilitarisé. Cette annonce, préparée en secret par une équipe dirigée par son gendre Jared Kushner, survient dans un contexte de tensions régionales exacerbées par l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani trois semaines plus tôt, et marque un tournant diplomatique en marginalisant les Palestiniens, absents de la cérémonie. Le plan, étalé sur 181 pages, promet des investissements de 50 milliards de dollars pour l’économie palestinienne, mais il est immédiatement rejeté par l’Autorité palestinienne comme une capitulation unilatérale.

Le contexte d’une diplomatie américaine réorientée vers Israël

À la fin des années 2010, les États-Unis sous Donald Trump opèrent un virage prononcé dans leur politique moyen-orientale, rompant avec les approches bipartisanes antérieures centrées sur un équilibre entre Israël et les Palestiniens. Élu en 2016 sur une plateforme isolationniste, Trump nomme des conseillers pro-israéliens comme David Friedman ambassadeur en Israël et Jason Greenblatt envoyé spécial pour le Moyen-Orient. Dès décembre 2017, il reconnaît Jérusalem comme capitale d’Israël et y transfère l’ambassade américaine, provoquant des manifestations palestiniennes qui font plus de 60 morts à Gaza. En mars 2019, il valide la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan, occupé depuis 1967, et ferme le consulat américain à Jérusalem-Est, dédié aux affaires palestiniennes.

Ces gestes unilatéraux s’inscrivent dans une stratégie de « paix par la force », influencée par les lobbies pro-israéliens comme l’AIPAC et des donateurs républicains tels que Sheldon Adelson. Jared Kushner, sans expérience diplomatique préalable mais marié à Ivanka Trump, dirige l’élaboration du plan depuis 2017, consultant principalement des officiels israéliens et des États arabes du Golfe. Les Palestiniens, dirigés par Mahmoud Abbas, boycottent les discussions après le déménagement de l’ambassade, accusant Washington de partialité. Le plan émerge ainsi dans un vide palestinien, alors que Netanyahu, affaibli par des accusations de corruption et des élections répétées en Israël (avril et septembre 2019, puis mars 2020), utilise cette alliance pour consolider son pouvoir.

Les préparatifs discrets d’un document controversé

La genèse du « Deal du siècle » remonte à une promesse de campagne de Trump, qui se vante de conclure l’accord « ultime » que ses prédécesseurs ont échoué à obtenir. Kushner assemble une équipe restreinte, incluant Avi Berkowitz, un jeune avocat, et des experts économiques comme Adam Boehler de l’International Development Finance Corporation. Des consultations secrètes ont lieu avec des leaders arabes : en 2018, Kushner rencontre le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à Riyad, qui exprime un soutien discret en échange d’une pression sur les Palestiniens pour accepter des concessions. Des fuites dans la presse israélienne, comme dans Haaretz, révèlent des cartes préliminaires montrant un État palestinien fragmenté, relié par des tunnels et des ponts, sans contrôle sur les frontières ou l’espace aérien.

Le document final, divisé en une partie politique (80 pages) et économique (101 pages), est finalisé en janvier 2020. La section économique, présentée en juin 2019 lors d’une conférence à Bahreïn, promet 28 milliards pour la Cisjordanie et Gaza, 9 milliards pour l’Égypte, la Jordanie et le Liban, finançant des infrastructures comme un corridor reliant Gaza à la Cisjordanie. Mais les Palestiniens boycottent l’événement, le qualifiant de « pot-de-vin ». Politiquement, le plan accorde à Israël 30 % de la Cisjordanie, incluant la vallée du Jourdain et toutes les colonies (environ 600 000 colons), en échange d’un gel de quatre ans sur de nouvelles constructions. Jérusalem reste indivise sous contrôle israélien, avec une capitale palestinienne à Abu Dis, un faubourg extérieur. Les réfugiés palestiniens perdent le droit au retour, limité à 50 000 sur dix ans.

Netanyahu, en pleine campagne électorale, presse Trump pour une annonce rapide. Des négociations de dernière minute ajustent les cartes : Israël renonce à annexer immédiatement, mais obtient une reconnaissance implicite de ses frontières élargies. Les États arabes, las des veto palestiniens sur la normalisation avec Israël, sont informés par des canaux backchannel, comme via l’ambassadeur émirati Yousef Al Otaiba à Washington.

Le déroulement de la cérémonie à la Maison Blanche

Le 28 janvier 2020, à midi, Trump et Netanyahu entrent dans la salle Est, devant un parterre d’invités incluant des ambassadeurs arabes (Émirats, Bahreïn, Oman) mais aucun représentant palestinien. Trump ouvre par une déclaration emphatique : « C’est un grand pas vers la paix. Très grand. » Il décrit le plan comme une « victoire pour tous », promettant aux Palestiniens un territoire doublé et une prospérité économique. Netanyahu, applaudissant, qualifie le jour d’« historique », comparant Trump à Cyrus le Grand pour sa reconnaissance de Jérusalem. La carte projetée montre un État palestinien en archipel, avec Gaza isolée et des enclaves israéliennes maintenues.

La conférence de presse dure une heure, avec Trump évitant les questions sur les réactions palestiniennes. Abbas, depuis Ramallah, condamne immédiatement le plan comme une « conspiration », appelant à une réunion d’urgence de la Ligue arabe. Des manifestations éclatent à Gaza et en Cisjordanie, avec des heurts faisant plusieurs blessés. À l’international, l’Union européenne exprime des réserves, soulignant la violation des lignes de 1967, tandis que la Russie et l’Iran le dénoncent comme un diktat. Les États du Golfe, comme l’Arabie saoudite, saluent poliment l’initiative sans engagement ferme.

Les figures centrales d’une initiative unilatérale

Donald Trump, ancien magnat de l’immobilier, aborde la diplomatie comme une négociation d’affaires, vantant son plan comme le « deal » parfait. Jared Kushner, 39 ans, issu d’une famille orthodoxe juive avec des liens en Israël, pilote le projet sans consulter les Palestiniens après 2017, arguant qu’ils « ont raté toutes les opportunités ». Benjamin Netanyahu, au pouvoir depuis 2009, utilise le plan pour renforcer sa base électorale de droite, promettant l’annexion rapide de la vallée du Jourdain. Mahmoud Abbas, 84 ans, président de l’Autorité palestinienne depuis 2005, rejette toute discussion, accusant Trump de trahison après des décennies de médiation américaine.

Des acteurs secondaires influencent le processus : Mohammed Dahlan, ex-leader du Fatah en exil aux Émirats, sert d’intermédiaire informel, tandis que Nikki Haley, ambassadrice à l’ONU jusqu’en 2018, défend le plan dans les forums internationaux. Du côté arabe, Mohammed ben Zayed, dirigeant émirati, pousse pour une normalisation post-plan, voyant une opportunité contre l’Iran.

Les réactions immédiates et le rejet palestinien

Dès l’annonce, des milliers de Palestiniens descendent dans les rues de Ramallah, Naplouse et Hébron, brûlant des effigies de Trump et Netanyahu. Le Hamas, à Gaza, et le Fatah s’unissent temporairement pour condamner le plan, organisant une « journée de rage ». La Ligue arabe, réunie le 1er février au Caire, rejette unanimement le document, réaffirmant l’initiative de paix arabe de 2002 basée sur les frontières de 1967. L’ONU, par la voix d’Antonio Guterres, rappelle l’attachement aux résolutions 242 et 338.

Aux États-Unis, les démocrates critiquent l’unilatéralisme : Joe Biden, en campagne, le qualifie de « coup politique » pour Netanyahu. En Israël, l’opposition centriste comme Benny Gantz exprime des réserves, mais le plan booste Netanyahu aux élections de mars 2020, où il remporte une victoire relative. Économiquement, les marchés réagissent tièdement : le shekel israélien gagne 0,5 %, mais les investissements promis tardent, conditionnés à l’acceptation palestinienne.

L’invisibilisation de la question palestinienne et ses conséquences

Le plan de Trump consacre une approche qui marginalise les Palestiniens, traités comme des bénéficiaires passifs plutôt que des partenaires égaux. En excluant leurs représentants des négociations, il rompt avec les accords d’Oslo de 1993, qui posaient le dialogue direct comme principe. Cette invisibilisation s’incarne dans les Abraham Accords, signés en septembre 2020 entre Israël, les Émirats, Bahreïn, puis le Soudan et le Maroc, normalisant les relations sans condition sur les droits palestiniens. Kushner argue que les Arabes sont « fatigués » du veto palestinien, priorisant la coopération économique et sécuritaire contre l’Iran.

Cette stratégie alimente un ressentiment croissant chez les Palestiniens, perçus comme relégués à une cause obsolète. Des rapports de l’ONU, comme celui du rapporteur spécial Michael Lynk en 2020, dénoncent le plan comme une validation de l’« apartheid », avec des territoires palestiniens morcelés en bantoustans. Le Hamas, renforcé par ce rejet, intensifie sa rhétorique, voyant dans les Accords une trahison arabe. Des analystes, comme dans le Washington Post, lient cette frustration à l’attaque du 7 octobre 2023, où Hamas vise à disrupting la normalisation israélo-arabe, tuant 1 200 Israéliens et prenant 250 otages.

Les répercussions à long terme sur les dynamiques régionales

L’attaque du 7 octobre 2023 transforme le paysage : Israël lance une offensive à Gaza, causant plus de 40 000 morts selon les autorités palestiniennes. Les Accords survivent, mais la guerre expose les limites du plan de Trump, avec une escalade impliquant le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen. En 2024, sous Biden, les efforts pour étendre les Accords à l’Arabie saoudite stagnent, Riyad conditionnant à un État palestinien.

Avec le retour de Trump en 2025, une nouvelle version du plan émerge : en septembre 2025, il présente un « plan en 20 points » pour Gaza, incluant un cessez-le-feu, la libération d’otages et une administration technocratique palestinienne, soutenue par des États arabes. Netanyahu, réélu en 2022, accepte, mais les Palestiniens, divisés entre Fatah et Hamas, rejettent les clauses démilitarisant Gaza. Des frappes israéliennes en janvier 2026, visant des tunnels à Rafah, tuent 15 civils, selon le ministère de la Santé de Gaza, illustrant la persistance des tensions.

Les implications immédiates des initiatives récentes

En octobre 2025, Trump signe un accord partiel libérant 48 otages, en échange de 200 prisonniers palestiniens et un retrait israélien partiel du nord de Gaza. Des observateurs de l’ONU, déployés à la frontière égyptienne, rapportent des violations quotidiennes, avec des tirs sporadiques. Le Qatar et la Turquie, médiateurs clés, facilitent les négociations, mais Hamas exige un retrait total. En décembre 2025, une commission mixte arabo-israélienne se réunit à Doha pour discuter de la reconstruction, estimée à 50 milliards de dollars par la Banque mondiale, avec des fonds saoudiens conditionnés à l’exclusion de Hamas. Des incidents frontaliers, comme une incursion israélienne près de Khan Younès le 15 janvier 2026, blessant trois Palestiniens, soulignent la fragilité de l’accord, alors que des milices pro-iraniennes lancent des roquettes depuis le Liban sud.

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