Depuis le début du conflit actuel, l’économie libanaise a subi un choc sévère, marqué par une baisse drastique de l’activité dans le secteur privé. Selon le président des organisations économiques libanaises, l’activité économique a chuté de 85 à 90 %, à l’exception des secteurs liés aux denrées alimentaires et à certains produits essentiels. Cette situation alarmante s’accompagne de pertes économiques estimées à environ 10 milliards de dollars américains.
Une menace pour les revenus de l’État
La baisse massive de l’activité économique au sein du secteur privé implique un déclin significatif des recettes fiscales pour le Trésor libanais. Dans un pays déjà fragilisé par une crise économique sans précédent, cette diminution des revenus d’État ne fait qu’aggraver la situation budgétaire.
Parallèlement, les réserves de change de la Banque centrale sont également affectées. Au cours de la première moitié d’octobre, les réserves en devises étrangères ont diminué de 343 millions de dollars, une tendance qui illustre l’érosion continue des ressources financières du Liban.
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Le risque de faillite pour de nombreuses entreprises
Le prolongement du conflit menace directement la stabilité des entreprises. Selon le président des organisations économiques, de nombreuses sociétés pourraient se retrouver dans l’incapacité de verser les salaires à leurs employés. Cela risquerait de provoquer une réduction générale des salaires et, potentiellement, des licenciements en masse, alors que les entreprises tentent de réduire leurs dépenses pour faire face à une activité économique très limitée.
Cette situation, si elle persiste, pourrait entraîner une crise sociale majeure. Les entreprises jouent un rôle essentiel dans l’économie libanaise, et leur incapacité à maintenir leurs niveaux d’emploi et de salaire pourrait mener à une précarité accrue au sein de la population active.
Vers un plan d’urgence économique et social
Afin de répondre à cette crise, une réunion a été organisée sous le thème « Sauver le Liban ». Cette rencontre a permis de sensibiliser les députés aux réalités économiques et sociales qui pèsent actuellement sur le pays. À la fin de cette réunion, il a été convenu de mettre en place une commission pour suivre les développements économiques et sociaux pendant cette période difficile. En outre, les organisations ont proposé de rédiger un plan d’urgence économique et social, destiné à être mis en œuvre avec l’aide des parlementaires.
Ce plan vise à répondre aux besoins immédiats du secteur privé tout en offrant des perspectives pour relancer l’économie et soutenir les ménages les plus touchés. Cependant, sa mise en œuvre reste conditionnée à la capacité des acteurs politiques à surmonter leurs divergences et à unir leurs efforts face à la crise.
La situation actuelle de l’économie libanaise est critique. La chute de l’activité dans le secteur privé, combinée à une diminution des réserves de la Banque centrale et à une perte des recettes fiscales, risque d’ouvrir la voie à une crise sociale et économique sans précédent. Les mesures annoncées lors de la réunion des organisations économiques, bien qu’encourageantes, devront être rapidement mises en œuvre pour espérer un redressement. La mobilisation de tous les acteurs politiques et économiques est cruciale pour sauver l’économie libanaise et éviter une catastrophe sociale.



