samedi, janvier 24, 2026

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La crise des ressources de la justice libanaise : un système à bout de souffle

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Le système judiciaire libanais traverse une crise profonde, amplifiée par l’effondrement économique et la dévaluation de la livre libanaise. En plus des ingérences politiques, le manque de ressources financières et humaines fragilise un appareil judiciaire essentiel pour garantir l’État de droit et la confiance des citoyens.

Des tribunaux sous-financés
La crise économique a réduit drastiquement les budgets alloués au système judiciaire. De nombreux tribunaux fonctionnent dans des conditions précaires, faute d’électricité, de fournitures de bureau ou même d’accès à l’eau courante. Certaines juridictions rapportent des retards de plusieurs semaines dans le traitement des dossiers, exacerbés par un manque de personnel administratif.

Selon des données issues de rapports judiciaires récents, près de 30 % des tribunaux ont interrompu leurs activités régulièrement en raison de coupures d’électricité, tandis que les juges doivent parfois financer eux-mêmes des dépenses courantes.

Des salaires dévalorisés et des départs massifs
Les salaires des magistrats, payés en livres libanaises, ont perdu plus de 90 % de leur valeur réelle. Cette chute drastique de leur pouvoir d’achat a conduit de nombreux juges et greffiers à abandonner leurs postes ou à chercher des opportunités à l’étranger.

Un rapport interne du ministère de la Justice, cité dans plusieurs journaux, estime que près de 15 % des magistrats ont quitté leurs fonctions entre 2021 et 2024. Ces départs aggravent la surcharge des dossiers et la lenteur des procédures judiciaires, déjà critiquées par les citoyens.

L’impuissance des juridictions face à la corruption
La corruption est un problème systémique dans le système judiciaire libanais. De nombreuses affaires sensibles, comme l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth, restent bloquées en raison d’interférences politiques et de réseaux d’intérêts influents.

Les juges qui tentent de s’attaquer à la corruption se heurtent à un manque de soutien institutionnel et à des menaces directes. Plusieurs associations de magistrats ont dénoncé publiquement le risque croissant pour l’indépendance judiciaire, sans obtenir de réponse concrète des autorités.

L’impact sur les citoyens
Pour les citoyens libanais, cette crise se traduit par une perte de confiance massive dans la justice. Les affaires traînent en longueur, les coûts des procédures augmentent, et les verdicts sont perçus comme influencés par des considérations politiques ou financières.

Les populations les plus vulnérables, notamment les réfugiés et les femmes victimes de violences, subissent les conséquences les plus graves. En raison du manque de moyens, de nombreuses affaires ne sont jamais portées devant les tribunaux, laissant les victimes sans recours.

Initiatives pour réformer le système
Face à ces défis, des initiatives locales et internationales tentent de restaurer la crédibilité et l’efficacité de la justice au Liban. Des ONG financent des formations pour les juges et les greffiers, ainsi que des projets pour moderniser les infrastructures judiciaires.

Des partenaires internationaux, comme l’Union européenne, ont proposé des aides financières conditionnées à la mise en œuvre de réformes, notamment pour renforcer l’indépendance de la justice et lutter contre la corruption. Cependant, ces efforts se heurtent souvent à des résistances politiques et à un manque de coordination entre les acteurs locaux.

Des réformes indispensables pour sauver la justice libanaise
Pour éviter l’effondrement total du système judiciaire, plusieurs réformes sont nécessaires :

  • Revaloriser les salaires des magistrats et du personnel judiciaire, pour stopper les départs et attirer de nouveaux talents.
  • Augmenter les budgets des tribunaux, afin d’assurer leur fonctionnement basique et de moderniser les infrastructures.
  • Renforcer l’indépendance des juges, en protégeant les magistrats des pressions politiques et des interférences extérieures.
  • Mettre en place des mécanismes de contrôle transparents, pour lutter contre la corruption et restaurer la confiance des citoyens dans l’appareil judiciaire.
  • Développer des partenariats public-privé, pour financer des projets pilotes de numérisation des procédures judiciaires et réduire les délais de traitement des affaires.

Ces réformes nécessitent une volonté politique forte, ainsi qu’un consensus national pour placer la justice au centre du redressement institutionnel du Liban.

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Newsdesk Libnanews
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