Le rapport quotidien publié en fin d’après-midi par le ministère libanais de la Santé fixe désormais le bilan cumulé à 1 189 morts et 3 427 blessés entre le 2 mars et le 28 mars. Pour la seule journée du 28 mars, le même rapport fait état de 47 morts et 112 blessés. L’infographie officielle jointe au communiqué confirme également l’ampleur des pertes dans toutes les catégories de population et illustre la concentration des frappes dans le Sud, la Nabatiyé, la Békaa et le Nord-Est du pays.
Le document officiel souligne aussi le prix payé par le secteur médical et les secours. Selon l’infographie du PHEOC, 51 membres du secteur de la santé ont été tués, 126 blessés, 48 véhicules sanitaires ont été touchés, 18 centres médicaux ambulatoires affectés, 75 attaques contre les services d’urgence recensées et 5 hôpitaux contraints à la fermeture. Ce n’est plus un dommage collatéral ponctuel : c’est désormais un trait structurel de cette séquence de guerre.
Les secouristes encore dans le viseur
Parmi les faits marquants de la journée, plusieurs attaques ont de nouveau touché les secours. L’Agence nationale d’information a rapporté la mort de secouristes de Kachafat al-Rissala dans une frappe sur la route de Zawtar el-Charqiyeh. D’autres secouristes ont aussi été tués dans le secteur de Kfartibnit-Arnoun, selon les dépêches locales relayées au fil de la journée.
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Dans le même temps, les opérations d’évacuation se sont poursuivies sous les frappes. NNA a indiqué que dans la région de Hanniyé, cinq corps de victimes syriennes ont été retirés des décombres et huit blessés transportés, ce qui montre que plusieurs raids de la journée ont visé ou touché des zones déjà meurtries, où les secours interviennent souvent dans des conditions extrêmement dégradées.
Trois journalistes tués à Jezzine
Autre événement majeur de ce 28 mars : la mort de trois journalistes dans une frappe israélienne contre un véhicule dans le secteur de Jezzine. Reuters et l’Associated Press rapportent que les victimes sont Ali Choueib, correspondant d’Al-Manar, Fatima Ftouni, journaliste d’Al-Mayadeen, et son frère Mohammed Ftouni, vidéaste. La présidence libanaise a dénoncé une violation flagrante des protections internationales accordées aux journalistes.
L’armée israélienne a affirmé qu’Ali Choueib était lié au Hezbollah, sans fournir à ce stade d’éléments publics probants, et sans répondre de manière détaillée sur les deux autres victimes. Ce point compte, parce qu’il ne s’agit pas seulement d’un bilan humain supplémentaire : il renforce l’impression d’un élargissement des cibles touchées à la presse, après plusieurs incidents similaires survenus ces derniers jours.
Civils touchés entre Rmeich et Debel
La journée a aussi été marquée par la mort de deux civils, un père et son fils, visés alors qu’ils circulaient en voiture dans la zone d’al-Ouwaynat, entre Rmeich et Debel. L’Agence nationale d’information précise qu’ils ont été atteints par des tirs nourris visant leur véhicule civil. Cet épisode confirme que les axes routiers du Sud restent eux aussi exposés, y compris pour des habitants sans rôle militaire ni médiatique.
Une journée de frappes sur un arc très large du Sud
Au-delà de ces cas précis, les dépêches de la journée décrivent une séquence de frappes étendue à de nombreuses localités et secteurs du Liban-Sud. NNA a notamment signalé des bombardements ou des raids sur des zones autour de Nabatiyé, Zawtar, Kfartibnit, Arnoun, ainsi que sur le littoral sud et plusieurs villages de la bande frontalière. Le tableau d’ensemble est celui d’une pression militaire continue, sans stabilisation visible en fin de journée.
Sur le plan militaire, la guerre reste active des deux côtés de la frontière. Des comptes rendus relayés par la presse libanaise évoquent la poursuite des frappes israéliennes, tandis que des tirs contre les forces israéliennes au sud de la frontière sont également mentionnés dans la couverture de la journée. Mais à 18 heures, l’élément dominant reste moins l’évolution tactique que le bilan humain et la nature des cibles touchées : secouristes, journalistes, civils sur les routes et zones d’habitation.
Le point à 18 heures
À 18 heures, le constat est clair. Le bilan officiel du ministère de la Santé a encore grimpé, atteignant 1 189 morts et 3 427 blessés depuis le 2 mars. Pour la seule journée du 28 mars, 47 personnes ont été tuées et 112 blessées. Mais derrière ces chiffres, la journée laisse surtout l’image d’un front qui déborde désormais largement le seul champ militaire : les secouristes continuent d’être frappés, trois journalistes ont été tués à Jezzine, et des civils ont encore péri sur les routes du Sud.


