Beyrouth, 4 mars 2026. Le cheikh Naim Qassem, secrétaire général du Hezbollah, a prononcé ce soir une allocution dans laquelle il a exposé la position du parti sur les agressions israéliennes en cours et sur les décisions prises par le gouvernement libanais. Le discours a été diffusé peu après 21 heures.
Le cheikh Naim Qassem a affirmé que le Hezbollah n’avait pas répondu aux agressions israéliennes répétées afin de ne pas être accusé d’entraver le processus diplomatique. Il a indiqué que le parti avait accepté la voie diplomatique et l’avait considérée comme une opportunité pour l’État libanais d’assumer ses responsabilités, tout en précisant que « la patience a des limites ».
Le secrétaire général du Hezbollah a déclaré que les décisions prises par le gouvernement les 5 et 7 août avaient affaibli la position de l’État libanais et donné une légitimité à l’agression. Il a ajouté que le cœur de la crise résidait dans l’occupation et non dans l’intérieur, ni dans les armes, ni dans la résistance. « Israël représente un danger existentiel pour nous, pour notre peuple, pour notre patrie et pour toute la région », a-t-il souligné.
Le cheikh Naim Qassem a posé la question suivante : « N’a-t-il pas suffi de cette longue période de violations et de l’élévation de 500 martyrs au cours de 15 mois ? » Il a estimé qu’Israël cherchait à montrer sa capacité à imposer une décision politique au Liban. Il a affirmé que ce qu’avait fait Israël n’était pas une réponse à une salve de roquettes mais une agression préparée à l’avance.
Le secrétaire général du Hezbollah a insisté sur le fait que la poursuite de l’occupation consacrait le droit à la résistance. Il a déclaré que l’agression, malgré la douleur qu’elle causait à tous, ne parviendrait pas à briser la volonté des Libanais. Il a appelé à l’unité des rangs et à placer la priorité de la confrontation avec l’ennemi en tête des préoccupations, les questions intérieures devant être discutées ensuite dans un esprit de compréhension et d’accord.
Le cheikh Naim Qassem a rappelé que la responsabilité du gouvernement consistait à œuvrer pour la récupération de la souveraineté du Liban, à être le protecteur de son peuple et le défenseur du droit à la résistance jusqu’à l’arrêt de l’agression et le retrait des forces israéliennes du territoire libanais, tout en restant fidèle à ses responsabilités envers tous les citoyens. Il a souligné que le déplacement forcé visait à créer une fracture entre la résistance et la population, mais que les citoyens savaient que ce qui s’était produit était dû à l’agression.
Le secrétaire général du Hezbollah a rappelé que les déplacés étaient des membres à part entière de la société libanaise, pères, fils, familles de martyrs, de blessés et de prisonniers, et qu’il était impossible de réussir à les séparer de la résistance. Il a demandé aux opposants d’ouvrir une nouvelle page et de ne pas poignarder la résistance dans le dos.
Le respect de la voie diplomatique et les limites de la patience
Dans son allocution, le cheikh Naim Qassem a détaillé les raisons du silence observé jusqu’à présent par le Hezbollah. Il a expliqué que le parti avait respecté l’accord conclu avec l’État libanais mais qu’Israël n’avait respecté aucune de ses clauses. Il a indiqué que le Hezbollah avait accepté la voie diplomatique, estimant qu’elle constituait une chance pour l’État libanais de porter ses responsabilités, mais que cette voie n’avait rien donné au cours des quinze mois écoulés.
Il a répété que le Hezbollah n’avait pas répondu aux agressions israéliennes répétées afin de ne pas être accusé d’entraver le processus diplomatique. Le secrétaire général a toutefois souligné que le parti avait déclaré à plusieurs reprises que la patience avait des limites. Il a ajouté que la patience avait des limites et que l’acharnement de l’ennemi israélien était devenu excessif.
La critique des décisions gouvernementales du 5 et 7 août
Le cheikh Naim Qassem a qualifié de grave erreur les décisions prises par le gouvernement libanais les 5 et 7 août. Selon lui, ces décisions avaient affaibli la position de l’État libanais et légitimé la liberté d’agression israélienne. Il a estimé que le devoir du parti était de faire tout ce qui était en son pouvoir pour arrêter cette trajectoire dangereuse qui conduirait inévitablement le Liban à la confiscation de sa souveraineté.
Il a demandé à ceux qui s’interrogeaient sur le choix du moment précis de l’action : « Faut-il patienter indéfiniment ? » Il a rappelé que le Hezbollah avait toujours dit que tout avait des limites. Le secrétaire général a interrogé : « Cette longue période de violations, avec 500 martyrs en 15 mois, n’est-elle pas suffisante ? » Il a cité les statistiques mentionnées par les Nations unies et l’armée libanaise selon lesquelles il y avait eu plus de 10 000 violations sans aucune réaction efficace.
L’occupation comme cause principale et Israël comme danger existentiel
Le cheikh Naim Qassem a affirmé que le problème résidait dans l’occupation et non dans le monopole des armes. Il a déclaré qu’Israël cherchait à s’étendre et ne se contenterait pas de ce qu’il avait obtenu. Selon lui, Netanyahou avait déclaré vouloir le projet du « Grand Israël » et s’était exprimé avec arrogance devant le monde entier. Il a ajouté que l’ambassadeur américain auprès de l’entité avait soutenu cette vision en considérant qu’Israël s’étendait de l’Euphrate au Nil comme un droit légitime.
Le secrétaire général a estimé qu’Israël représentait un danger existentiel pour le Liban, son peuple, sa patrie et l’ensemble de la région. Il a rappelé que le parti avait le devoir d’arrêter cette trajectoire dangereuse.
La salve de roquettes comme réponse à quinze mois de violations
Le cheikh Naim Qassem a expliqué que la salve de roquettes constituait une réponse à l’agression israélo-américaine. Il a précisé que cette action était fondée sur quinze mois de violations et d’atteintes israéliennes à tout ce qui concernait le parti. Parmi ces atteintes, il a mentionné le ciblage du grand référent religieux, l’imam Sayyed Ali Khamenei.
Il a indiqué que la première salve de roquettes avait été voulue comme une étape destinée à faire tomber l’illusion selon laquelle l’ennemi se tairait si le parti restait silencieux face à lui. Il a ajouté que ce qu’Israël avait fait après la salve de roquettes n’était pas une riposte mais une agression planifiée à l’avance.
Le déplacement forcé et l’unité entre la résistance et la population
Le secrétaire général du Hezbollah a déclaré qu’Israël avait déplacé de force les habitants de plus de 85 villages et localités, détruit des biens, des centres d’Al-Qard al-Hassan, ainsi que la chaîne Al-Manar et la radio Al-Nour. Il a estimé que le déplacement forcé visait à créer une fracture entre la résistance et la population, mais que les citoyens savaient que ce qui s’était produit était dû à l’agression.
Il a rappelé que ces personnes étaient des pères, des fils, des proches, des familles de martyrs, de blessés et de prisonniers. Il a affirmé que personne ne pourrait créer une division entre eux et la résistance. Il a ajouté que ces déplacés étaient la couronne sur leurs têtes et qu’ils étaient dans la même tranchée.
La responsabilité du gouvernement et l’appel à l’unité nationale
Le cheikh Naim Qassem a indiqué que la responsabilité du gouvernement consistait à agir pour la souveraineté du Liban, à être le protecteur de son peuple et le défenseur du droit à la résistance jusqu’à l’arrêt de l’agression et le retrait israélien du territoire libanais. Il a demandé au gouvernement de rester fidèle à ses responsabilités envers tous les citoyens.
Il a appelé à l’unité nationale, surtout dans ces circonstances, en demandant d’unir les rangs pour faire face à l’ennemi, puis de discuter des autres questions et de parvenir à un accord. Il a souligné que le combat mené au Liban visait à défendre le peuple et n’était lié à aucune autre bataille. Il a précisé que l’objectif était l’arrêt de l’agression et le retrait israélien.
Le secrétaire général a rappelé que l’accueil des déplacés à ce stade était une responsabilité nationale qui nécessitait la coopération de tous. Il a demandé aux opposants à la résistance d’ouvrir une nouvelle page ensemble et de ne pas poignarder la résistance dans le dos en période de confrontation et de guerre.
Le droit à la résistance tant que l’occupation persiste
Le cheikh Naim Qassem a affirmé que tant que l’occupation existait, la résistance et ses armes constituaient un droit légitime selon toutes les lois, le discours d’investiture et la déclaration gouvernementale. Il a déclaré que la confrontation devait se faire de la manière appropriée et que la question de la résistance et de ses armes ne devait faire l’objet d’aucune polémique.
Il a indiqué que le Hezbollah et la résistance répondaient à l’agression israélo-américaine et que c’était un droit. Il a ajouté que le choix était de les affronter jusqu’au sacrifice total, jusqu’aux limites extrêmes, et qu’ils ne se rendraient pas. Il a rappelé que le parti était les fils du maître des martyrs de la nation, Sayyed Hassan Nasrallah, et qu’il ne pouvait pas trahir cette confiance.
Le secrétaire général a conclu en affirmant que le choix était de s’opposer jusqu’aux limites extrêmes et que l’objectif était de faire échouer les objectifs de l’agression.
Au soir du 4 mars 2026, après cette allocution, le discours du cheikh Naim Qassem a été diffusé intégralement sur les médias du parti. Les autorités gouvernementales n’ont pas publié de réaction immédiate dans les minutes suivant la fin de l’intervention. Les centres d’accueil officiels continuaient d’enregistrer les arrivées de déplacés selon les chiffres communiqués plus tôt dans la journée par la ministre des Affaires sociales Hanine Sayyed, soit 83 847 personnes inscrites. Le ministère de la Santé maintenait son bilan de 72 morts et 437 blessés depuis le lundi. Les équipes de la Haute Commission de secours poursuivaient la distribution de kits d’hygiène et de repas dans les centres situés dans les gouvernorats du Sud, de Nabatiyeh, de la Bekaa et du Mont-Liban. Les services de la présidence du Conseil des ministres et du ministère des Affaires étrangères continuaient de suivre les développements diplomatiques et humanitaires en temps réel.
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