Lâauteur dédie ce texte à la mémoire de Mehdi Ben Barka, le plus illustre supplicié marocain.
Le récit de Jaafar Al Bakli, Universitaire tunisien, chercheur sur les questions de lâIslam, spécialiste de lâhistoire politique des pays arabes, notamment les pays du Golfe.
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En partenariat avec Madaniya.info â Le coup dâÃtat de Skhirat est la première tentative de coup dâÃtat militaire contre le régime de Hassan II, alors roi du Maroc; la seconde ayant été le «coup dâÃtat des aviateurs». Ce putsch avorté a eu lieu le 10 juillet 1971 dans le palais royal situé dans la petite localité de Skhirat. Hassan II fêtait son 42e anniversaire dans cette résidence dâété qui accueillait pour lâoccasion un millier dâhôtes venus du monde entier, répartis entre les différents pavillons et les tentes caïdales.
Cette tentative de coup dâÃtat a été menée par le général Mohamad Medbouh, lâinstigateur qui avait pour mission de dégarnir la garde du palais. Le général Medbouh était secondé par le lieutenant-colonel Mâhamed Ababou, chargé dâinvestir le palais avec ses troupes et de sâemparer des points stratégiques de Rabat.
Un troisième complice le colonel Chelouati, un intime du général Mohamad Oufkir, qui joua un rôle trouble dans cette affaire, devait, avec ses compagnons de lâétat-major, rallier lâensemble de lâarmée; contrôler le pays et coordonner lâintervention, de même que la diffusion des communiqués à la radio. Lâopération mobilisa 1.400 cadets de lâÃcole militaire des sous-officiers dâAhermoumou.
Le carnage fit une centaine de tués et environ 200 blessés parmi les invités du roi. Hassan II sauva sa vie en se cachant plusieurs heures dans un «dressing-room» jouxtant la salle du trône et protégée par sa garde personnelle.
Parmi les victimes figuraient:
- Ahmed Bahnini, Premier ministre du Maroc de 1963 Ã 1965 ;
- Henri Dubois-Roquebert, médecin de la famille royale et ami du roi Mohammed.
- Marcel Dupret, ambassadeur de Belgique au Maroc.
- Omar Ghannam, directeur du Centre cinématographique marocain.
- Pierre Kremer, chef cuisinier de lâhôtel de la tour Hassan de Rabat.
- Max Magnan, directeur de la Compagnie du sucre au Maroc.
Parmi les cadets, près de 200 furent pris dans les tirs croisés de leurs camarades et une centaine furent abattus lors de la tentative de putsch; 74 officiers et sous-officiers furent condamnés à des peines allant de un an de prison à la perpétuité en février 1972; 10 officiers supérieurs (dont quatre généraux) furent exécutés. Lâensemble des cadets fut radié du corps militaire marocain.
Bagne de Tazmamart
Jusquâen 1991, les autorités marocaines ont nié lâexistence du bagne de Tazmamart. Sur les 58 officiers incarcérés, seulement 28 ont survécu aux conditions inhumaines du bagne.
Fin de la note
I- LE CAPORAL PIÃTINE LE GÃNÃRAL
A peiné agé de vingt ans, le caporal pointa son revolver sur les dignitaires du régime marocain et leur ordonna de sâétendre par terre, sâadressant à eux sur un ton véhément: âCouchez vous par terre et ne bougez pasâ.
Saisis de panique, les dignitaires marocains nâont pas tenu compte de cette injonction, jugeant plus avisé de prendre la fuite pour échapper aux assaillants, se bousculant les uns, les autres pour se placer à lâabriâ¦. tels des ânes subitement libérés de leurs enclos. Le sous officier tira une salve en lâair. Les dignitaires se raidirent comme pétrifiés par le bruit de la détonation.
A- Ahmad Reda Guédira
Le conseiller du roi et son commensal régulier, telle une autruche blessée, courait dans tous les sens, la tête enfouie entre ses deux mains comme pour la protéger. Trébuchant, il ne parvint pas à se relever, terrorisé par la peur. Imaginatif, il eut recours à un stratagème pour échapper à un sort fatal: il simula la mort. Il demeurera trois heures durant étendu sous un soleil de plomb sur le green du Golf du palais royal de Skhirat.
B- Abdel Hadi Boutaleb
Le ministre des Affaires étrangères a cherché à gagner la plage toute proche. Par malchance, il est atteint au pied par les éclats dâun projectile. Il se jeta sur une dune et roula sur le sable pour échapper au regard des assaillants, se brisant les lunettes de soleil quâil portait ce jour-là . Se relevant au terme de sa course, il offrait le spectacle dâun homme borgne, son oeil droit recouvert dâun verre noir, lâoeil gauche dégagé sans lunettes.
A peine relevé, un sous officier sâempara dâAbdel Hadi Boutaleb et lâentassa au dessus dâAbdel Latif Filali, ministre de lâEnseignement supérieur, lui même placé au dessus de Mohamad Charkaoui, beau frère dâHassan II dont il avait épousé la sÅur.
Un empilement de ministres terrorisés en fait. Un spectacle pathétique et honteux à la fois (1).
Plus tard, les sous officiers, pour justifier leur comportement aberrant, ont plaidé le principe de obéissance hiérarchique et de la discipline militaire, lâignorance de lâidentité des conjurés.
En fait, le général Mâhamed Ababou, qui a co-dirigé avec le général Medbouh, lâaide de camp du Roi, le coup dâétat militaire, nâavait pas donné instruction à ses subordonnés dâhumilier les dignitaires du régime, ni de maltraiter les officiers supérieurs des Forces Armées Royales (FAR). Par excès de zèle, les sous-officiers se sont déchainés dans lâaccomplissement de leur mission.
Lâun des plus jeunes officiers supérieurs lâarmée marocaine, Directeur de lâécole de formation des sous officiers dâAhermoumou, qui deviendra par la suie Ribate Al Kheir, Ababou périra lui-même au cours de cette tentative de putsch.
C- Le général Idriss Ben Ammar Al Alami
Ainsi un caporal de lâacadémie militaire dâAhermoumou a placé sous ses bottes le Général Idriss Ben Ammar Al Alami, ministre des Postes, ancien chef dâEtat- major de lâarmée et inspecteur général des FAR, piétinant le général en sâesclaffant de rire. Le général Idriss est demeuré silencieux, subissant lâaffront avec stoîcisme (2).
D- Mahjoudi Ahardanne
Craignant que le caporal, livide, ne décharge son chargeur sur sa personne à la moindre protestation, Mahjoubi Ahardane, ministre de la Défense, était étendu par terre, les deux bras levés au ciel en signe de capitulation.
Un sous officier lâaperçoit et lui ordonne de se déchausser. M. Ahardane obtempère. Puis sur ton méprisant, le sous officier lui ordonne de se déshabiller. Ahardanne se rebiffe alors et sâécrit: «AH Non, Je ne suis pas un singe»(3). A la réponse du ministre de la défense, les assaillants éclatèrent de rire.
Lâun dâeux, apercevant le Gateau dâanniversaire du Roi, vida son chargeur dans la pièce montée, en guise de défouloir.
Un capitaine, originaire de la même province que Mahjoubi Ahardane, intercéda alors auprès des assaillants pour obtenir un sauf conduit au ministre de la défense et chef du «Mouvement Populaire».
E- Le Colonel Kherraba.
Savourant sa boisson alcoolisée dans une loge ambulante évoluant dans les jardins du palais, le Colonel Kherraba était dans lâignorance la plus complète des événements qui se déroulaient dans lâenceinte du Palais royal de Skhirat.
Sa dégustation sera brutalement interrompue par lâentrée en force dâune escouade de militaires qui lâont aussitôt délesté de son élégant uniforme dâofficier marocain et lâont jeté à terre, tout nu.
Sâestimant bafoué dans sa dignité, tremblant de rage, il sâadressa aux soldats en ces termes: «Je suis le colonel Kherraba. Personne ne me touche». Sans daigner lui répondre, les soldats retournèrent leurs armes dans sa direction pour lui asséner des coups de crosse, avant de le jeter à terre et de lâétendre aux côtés de ses collègues.
2- LE GÃTEAU DâANNIVERSAIRE DU ROI, UN DÃFOULOIR AUX MUTINS.
Comment expliquer un tel déchainement de violences dâofficiers subalternes à lâencontre de ministres, dâofficiers supérieurs, de dignitaires du régime, serviteurs obséquieux du trône, dont la malchance et la crainte pour leur vie les ont conduit à abdiquer toute dignité, sâétalant aux pieds des mutins pour les implorer ?
Les mutins étaient-ils animés par la haine? Par une volonté de représailles? De lâinsolence pure? Ou alors par pure bêtise et immaturité? La réponse se trouve probablement dans une synthèse de toutes ses motivations.
Les mutins appartenaient tous à la classe la plus défavorisée de la population marocaine. Ils avaient été abasourdis par ce quâils avaient découvert au Palais Royal de Skhirat. Le spectacle festif dispendieux a agi comme un déclic, libérant de pulsions jusque là enfouies.
Lâun dâeux, apercevant le gâteau dâanniversaire du Roi, vida son chargeur dans la pièce montée, en guise de défouloir, laissant se déverser un flot de chocolat sur la nappe.
3- LE COUSCOUS DU ROI
Des fruits de mer à perte de vue. De toutes sortes. La table du Roi était abondamment fournie: homards, langoustes, crevettes, écrevisses, saumon importé de lâOcéan Pacifique, caviar importé dâIran, des moutons en broche à perte de vue rôtissant pour le traditionnel méchoui. Le tout arrosé de spiritueux aussi rares que précieux: alcool, liqueurs, bière bavaroise ainsi que de toute une gamme de champagne français.
Un sous-officier entrepris de délester les hôtes du roi de leurs bijoux, des montres et des chaines en or et de les entreposer dans un camion.
Un autre sâest précipité sur un plateau de couscous abondamment agrémenté en viandes variées et en légumes. Un collègue tenta de le dissuader. «Le temps nous est compté et nous ne pouvons nous égarer dans des agapes», lui dit-il.
Dâun éclat de rire illuminant tout son visage, le mutin répliqua: «Câest lâunique occasion de ma vie de goûter un couscous royal».
4- LE MAKHZEN VERSUS AS-SIBA
La soumission dâAs-Siba, le meilleur cadeau du colonisateur français au Maghzen.
Ces deux termes antinomiques ont rythmé lâhistoire du Maroc.
Le terme «Makhzen», littéralement «magasin», désigne, dans le langage courant au Maroc, à la fois le Pouvoir marocain et un système de népotisme et de privilèges de grandes familles reposant sur leur proximité avec ce Pouvoir. Avant le protectorat, le Makhzen était lâappellation du gouvernement du Sultan du Maroc et reposait quasi-exclusivement sur les grandes familles arabo-andalouses ou de lâaristocratie religieuse (chorfas) des grandes villes du Maroc telles que Fès principalement, Rabat, Salé ou Marrakech.
As Siba signifie, lui, étymologiquement, lâabandon et par extension «anarchie», en ce que les provinces négligées par le pouvoir central ont constitué un lieu de contestation politique et social.
Au cours de son histoire le Maroc a connu des périodes dâinstabilité socio-politique. Certaines régions du Maroc ne connaissaient pas lâinfluence de lâÃtat, notamment le Haut et le Moyen Atlas, dans le RIF. Il existait lâexpression «bilad al makhzen», qui désigne lâespace où lâÃtat exerce son autorité et sâoppose à «bilad as siba», espace non soumis à lâautorité centrale du pays.
Pour Henri Terrasse, éminent représentant de lâhistoriographie de la période coloniale, le «blilad as siba» était non seulement lâincarnation dâune autorité makhzénienne contestée, mais également un frein à lâapparition dâun Ãtat moderne.
Le Maroc nâa pas toujours appartenu aux Marocains.
Le Makhzen, lieu de résidence du souverain et du pouvoir central avec son cortège de magnificence et de licence, tirait sa substance de son pouvoir financier et économique, le commerce et lâindustrie, symboles de la prospérité et du développement, évoluant au milieu de courtisans empressés intimement convaincus des vertus de lâobéissance, de la docilité, voire de la résignation.
As-Siba se présentait comme lâantithèse du Makhzen. Une zone à lâabandon, désertique, montagneuse, de forêts et de vallons. Une zone négligée, méprisée, humiliée, dâune grande diversité de langues et de coutumes. Mais une zone rompue à la révolte, à la désobéissance, à la violence et à lâinsurrection.
As-Siba se situait hors de lâorbite du Makhzen, dans la décennie 1920, jusquâà lâarrivée des Français lesquels sâappliqueront à mater, par le feu et le sang, cette zone rebelle du Haut et du Moyen Atlas, ainsi que la région de Rio de Oro, dans le Sahara occidental.
La soumission du Bilad As Siba a été le meilleur cadeau offert par les Français au Royaume, à leur retrait du Maroc en 1956
5- LES GRIEFS DE LA POPULATION DU RIF Ã LâENCONTRE DU MAKHZEN: UNE VASTE CONJURATION FRANCO-ESPGANOLE AUTOUR DU MAKZEN POUR NEUTRALISER ABDALLAH AL KHATTABI.
Recrue dâépreuves, la populaiton du Rif gardait en mémoire les propos du Sultan Youssef au Maréchal Philippe Pétain, demandant au chef du régime de Vichy de dépêcher des soldats au Maroc pour combattre Mohamad Ben Abdallah Al Khattabi: «Débarrassez nous de ce rebelle», avait imploré le sultan.
Paré de son titre de «Vainqueur de Verdun», mais néanmoins désormais collaborateur du régime nazi, Philippe Pétain se proposait de mater le vainqueur des Espagnols, Al Khattabi, lâartisan de la proclamation de la «République du RIF».
Pour la réalisation de cet objectif, le Makhzen avait mis à la disposition des assaillants plusieurs dizaines de milliers de soldats représentant 40 brigades, placés sous les ordres de 60 généraux. LâEspagne, par désir de revanche, volera au secours du Makzen pour la mise au pas du RIF, dépêchant en renfort cent mille soldats espagnols.
Une vaste conjuration franco espagnole autour du Makhzen pour neutraliser Abdallah Al Khattabi.
La population du Rif nâa jamais oublié cet épisode. Pas plus quâils nâont oublié comment la Frabc ea poris en otages les femmes et les enfants des combattants rifains pour les contraindre à la reddition.
6 â HASSAN II ET LE RIF EN 1958
Les gens du Rif nâont pas oublié non plus le comportement dâHassan au RIF, en 1958, deux ans à peine après la restauration de la dynastie alaouite et la proclamation de lâindépendance du Royaume chérifien.
A la tête dâune force de 20.000 soldats, Hassan II, à lâépoque prince héritier et commandant en chef des Forces Armées Royales (FAR), sâest lancé à la reconquête du RIF.
Hassan II suivait la bataille, à lâaide de jumelles, depuis un hélicoptère survolant le champ de bataille. Le commandement opérationnel de la bataille avait été confié au commandant Mohamad Oufkir, futur ministre de lâintérieur et lâun de ses grands conspirateurs et tortionnaires du régime.
Des villages entiers ont été rasés. Des milliers de personnes forcées à lâexode.
Lorsque les rebelles ont jeté leurs armes, Moulay Hassan a voulu plaisanter avec le commandant Oufkir. Les prisonniers ont comparu devant lui et ont été contraints de lui baiser les deux faces de sa main, en signe de soumission.
A la fin de la cérémonie, Oufkir dégoupilla une grenade et la plaça à lâintérieur de la capuche de la djellaba dâun prisonnier prosterné devant le prince héritier. Lâexplosion de la personne a déchiqueté plusieurs personnes, suscitant lâhilarité de Moulay Hassan et du commandant Oufkir.
Les gens du RIF nâont pas oublié ce long récit de leur calvaire infligé par les hommes du Makhzen.
Les cadets de lâAcadémie militaire dâAhermoumou étaient parfaitement conscients du fait quâils étaient originaires du RIF, du Bilad As Siba, le pays laissé à lâabandon.
7- VIVE NOTRE SEIGNEUR ABABOU. QUE DIEU LUI VIENNE EN AIDE.
Mâhamed Ababou est sorti de la salle du trône ordonnant à son escorte de protéger les lieux où sâétait dissimulé Hassan II.
Les cadets avaient sous leur contrôle la totalité des invités dont ils sâétaient emparés et jeté à terre, étendus à plat ventre sous un soleil de plomb. Ababou ordonne alors à ses hommes dâaligner les captifs en colonne de trois en vue de passer en revue ses otages.
A son passage des dignitaires du régime poussaient des vivats en son honneur, le félicitant, lui souhaitant bonne chance. Ces opportunistes à tout crin sâimaginaient ainsi sâattirer les sympathies du chef des mutins. Mais le chef rebelle nâen a visiblement pas cure.
Ainsi Allal Al Fassi, chef du Parti Al Istiqlal, a voulu se plaindre des blessures quiâil avait subies du fait des tirs. «Plus tard, Si Allal. Nous verrons cela plus tard», le coupa Ababou.
Un ancien collègue dâAbabou sort des rangs pour saluer le chef des mutins, mais ce fait nâa pas eu lâheur de lui. Le directeur de lâAcadémie militaire dâAhermoumou logea une balle dans lâestomac de lâinsolent, le tuant sur le coup.
Les autres personnalités ont été prises de panique à la vue de cette exécution sommaire. Sous un soleil de plomb, terrorisées par la peur, elles étaient noyées de sueur. Au fur et à mesure que le temps sâécoulait, leur supplice devenait insupportable.
Sur une rangée étaient alignés ministres, généraux, cuisiniers, hommes de religion, ambassadeurs, consuls.
Moulay Abdallah, atteint au bras et à la cuisse ployait sous lâeffet dâune hémorragie. Ababou ordonne que le frère cadet du Roi et les autres personnes âgées soient dégagés du lot et mis à lâombre et abreuvés dâeau.
Le colonel Boulhemis.
Le colonel Boulhemis, chef de la gendarmerie royale, a, lui, joué de la malchance. Une vieille animosité nourrissait les relations dâAbabou avec le colonel Boulhemis: «Que le monde est petit, mon colonel. Jâattendais ce jour depuis une éternité», lance le chef des mutins au chef de la gendarmerie.
Boulhemis sâest mis à implorer et à supplier Ababou. Celui-ci le repoussa avec colère et intima à un de ses sous officiers dâouvrir le feu sur son rival. Le colonel Boulhemis tomba à terre baignant dans ses excréments. Le général Gharban et Le capitaine Boujemaâa Al Assaly connurent le même sort.
Ababou sort du rang quatre généraux: Hamou Amouzehane, le frère de lâépouse du Roi, Moustapha Ahmarciche, Mohamad Habibi, et Boughnine Al Khiyami, leur demandant de lui faire acte dâallégeance et de soutenir le coup dâétat.
Comme ces 4 officiers supérieurs hésitaient à faire droit à sa requête, Ababou plaça dâoffice les 4 généraux dans une jeep en leur donnant le temps de la réflexion pour reconsidérer leur position.
8 -LA CAPTURE DU ROI.
Au Palais de Skhirat, la situation avait évolué en faveur dâAbabou qui avait pris le contrôle de la totalité de la scène: le Roi, sa famille, le gouvernement, les chefs militaires et des services de sécurité, les chefs des partis politiques marocains, les ambassadeurs et consuls, les hommes dâaffaires et les banquiers.
Quel besoin avait-il de demeurer sur place? Ababou se devait dâachever sa mission: Se rendre à Rabat avec ses hommes pour annoncer au peuple «La «Révolution contre le Roi», de sâemparer des principaux rouages de lâétat et de constituer un «Conseil de la Révolution».
Ababou ordonna à son frère, le colonel Mohamad Ababou, de demeurer sur place et de superviser le contrôle de Skhirat en compagnie de 100 cadets. Lui, marchant sur la capitale en compagnie du reste des mutins pour achever sa tâche.
Il était 17H00 lorsquâAbabou pris la direction de Rabat. Un caporal qui avait été assigné à Skhirat sâécrie alors: Que reste-t-on à faire ici? Câest une place maudite. Pourquoi la protéger?»
Un des gardes entend des bruits en provenance des toilettes, sây dirige et ouvre la porte dâentrée. Il est surpris de découvrir un groupe de personnes cachées dans les toilettes. Il leur ordonne de lever les bras et de dégager les lieux. Obéissant aux ordres, les hommes, empruntant la marche des canards, sont sortis se dirigeant vers le Golf royal.
Dans lâobscurité, les mutins nâavaient pas pu identifier ce groupe de prisonniers. Dans la clarté du jour, un caporal sâapprocha dâun homme revêtu de lâuniforme des services en charge du nettoyage des sanitaires, le reconnaissant sâécria: LE ROI. CâEST LE ROI.
Les soldats entourèrent alors Hassan II. Lâun dâeux le tira brutalement par sa chemise, en lui ordonnant de le suivre: «Toi, viens avec nous».
Le roi obtempéra, avant de sâarrêter net. Les soldats sâagglutinèrent autour de sa personne et commencèrent à le dévisager.
Un sous-lieutenant ordonne à ses hommes de sâoccuper du Roi. Bras levé, le souverain est dirigé vers un endroit isolé
Un lourd silence sâempara des lieux un bref instant. Puis soudain, une rafale retentit.
NOTES
- Abdel Hadi Boutaleb, ancien ministre marocain des Affaires étrangères, a relaté en personne les humiliations quâil a subies à Skhirat, notamment comme il a été contraint de mettre ventre à terre, puis son empilement au dessus de Filali et Ckarkooui. CF à ce propos son interview dans lâémission «Témoin de son temps- Chahed Aâla Al âAsr» 5eme épisode, 17 aout 2017-sur la chaîne Al Jazeera du Qatar.
- Mohamad Ar Rayess: «De Skhirat à Tazmamart, billet Aller Retour vers lâenfer», Maison dâédition marocaine, 1 ère edition- 2000. page 47
- ibidem Mohamad Ar Rayess , page 34
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POUR ALLER PLUS LOIN SUR LE MAROC, SOUS LE RÃGNE DE HASSAN II
- Jordanie-Maroc: Hassan et Hussein, deux voltigeurs de pointe de la diplomatie occidentale :Â https://www.renenaba.com/hassan-et-hussein-le-modernisme-au-service-de-larchaisme/
- Hassan II: La grande imposture :Â https://www.madaniya.info/2018/11/17/maroc-israel-hassan-ll-la-grande-imposture/
- Le Safari club, la chambre noire du renseignement altantiste et de leurs alliés monarchiques arabes (Maroc, Arabie saoudite) : https://www.madaniya.info/2018/11/22/maroc-israel-le-safari-club-la-chambre-noire-du-renseignement-atlantiste-et-de-leurs-allies-monarchiques-arabes
A lâintention des locuteurs arabophones, le récit de Jaafar Al Bakli sur ces liens;
1ère partie
2me partie





