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Le Liban implore l’ONU : un appel désespéré pour éviter l’effondrement

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Depuis 2019, le Liban traverse une crise sans précédent, marquée par un effondrement systémique de ses institutions économiques, politiques et sociales. Cette crise a plongé plus de 70 % de la population sous le seuil de pauvreté, détruit l’accès aux services publics et accru la dépendance du pays à l’aide internationale. Les citoyens, confrontés à des pénuries de carburant, des coupures d’électricité, et une inflation galopante, voient leur quotidien se dégrader à un rythme alarmant.

C’est dans ce contexte que le représentant libanais à l’ONU, Ahmad Nasri, a pris la parole devant l’Assemblée générale. Son discours, empreint d’urgence, était un appel désespéré à la communauté internationale pour renforcer son soutien humanitaire et économique au Liban.

Une situation humanitaire alarmante

Dans son intervention, Ahmad Nasri a décrit un tableau sombre de la crise humanitaire au Liban. Les infrastructures de base, naguère fonctionnelles, sont aujourd’hui dans un état de délabrement avancé. Les hôpitaux manquent de médicaments et de matériel médical, tandis que l’eau potable devient un luxe pour de nombreuses régions rurales et urbaines. Le représentant a déclaré : « La détresse humanitaire au Liban dépasse nos capacités nationales. Nous avons besoin de l’aide internationale pour éviter un désastre irréversible. »

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Les enfants, en particulier, paient un lourd tribut à cette crise. Selon les chiffres cités par Nasri, des milliers d’enfants ont quitté l’école depuis le début de la crise, et beaucoup d’entre eux sont forcés de travailler pour subvenir aux besoins de leur famille. La montée des mariages précoces et de l’exploitation infantile reflète l’ampleur du désespoir qui s’est emparé des familles les plus vulnérables.

Une réponse insuffisante des agences humanitaires

Le représentant libanais a également souligné les limites des efforts déployés par les agences humanitaires internationales, bien que leur rôle reste crucial. Le Programme alimentaire mondial (PAM), l’UNICEF et la Croix-Rouge libanaise jouent un rôle central dans la distribution de vivres, d’eau et de soins médicaux. Cependant, les financements disponibles sont insuffisants pour répondre aux besoins croissants de la population.

Ahmad Nasri a plaidé pour une augmentation significative des contributions internationales afin de renforcer ces programmes vitaux. Il a insisté sur l’importance d’une coordination efficace pour éviter les doublons et maximiser l’impact des aides.

La question des réfugiés syriens : une pression insoutenable

Un des points centraux de l’intervention d’Ahmad Nasri a été la gestion des réfugiés syriens. Avec plus d’un million de réfugiés sur son territoire, le Liban accueille la plus grande population de réfugiés par habitant au monde. Cette situation exerce une pression immense sur les infrastructures du pays, déjà affaiblies. Les écoles sont surchargées, les hôpitaux dépassés, et les tensions sociales s’intensifient.

Ahmad Nasri a appelé la communauté internationale à assumer une part de responsabilité dans cette crise. Il a demandé une révision des mécanismes de financement, afin que l’aide aux réfugiés profite également aux communautés hôtes les plus démunies. En parallèle, il a plaidé pour des efforts accrus visant à faciliter le retour volontaire des réfugiés dans leur pays d’origine, dans des conditions sûres et dignes.

Un équilibre délicat

La présence des réfugiés syriens au Liban est un sujet politiquement sensible, tant au niveau national qu’international. Si une partie de la population libanaise voit dans leur retour une solution aux défis économiques et sociaux, d’autres insistent sur l’importance de respecter les droits des réfugiés et de ne pas les forcer à rentrer dans des zones encore instables en Syrie. Ahmad Nasri a appelé à une approche équilibrée, respectueuse des engagements humanitaires internationaux.

Une relance économique indispensable

Outre l’aide humanitaire, Ahmad Nasri a insisté sur la nécessité de relancer l’économie libanaise, qui connaît sa plus grave récession depuis la fin de la guerre civile en 1990. Le pays, écrasé par une dette publique de plus de 90 milliards de dollars, a perdu l’accès aux marchés financiers internationaux. L’inflation galopante et l’effondrement de la livre libanaise ont détruit le pouvoir d’achat de millions de citoyens.

Pour remédier à cette situation, Ahmad Nasri a proposé un plan économique en plusieurs volets :

  • Restructuration de la dette publique : Le Liban doit restructurer ses dettes pour alléger la pression sur son budget et libérer des ressources pour des investissements productifs.
  • Investissements dans les infrastructures : Le représentant a insisté sur l’urgence de réhabiliter les réseaux électriques, les routes et les infrastructures hydrauliques.
  • Renforcement des partenariats public-privé : Pour stimuler l’investissement, il a proposé de renforcer la coopération entre les acteurs publics et privés, notamment dans les secteurs de l’énergie et des technologies de l’information.

Une mobilisation internationale en demi-teinte

Ahmad Nasri a salué les initiatives récentes de certains pays, comme l’aide humanitaire fournie par le Qatar et les programmes de soutien de l’Union européenne. Cependant, il a regretté le manque d’engagement de certains donateurs traditionnels, qui n’ont pas honoré leurs promesses faites lors des conférences internationales de soutien au Liban.

Le représentant a exhorté les membres de l’ONU à mobiliser davantage de ressources pour le Liban. Il a également mis en avant la nécessité de renforcer les mécanismes de suivi pour garantir que l’aide parvienne directement aux populations dans le besoin, sans être détournée par des réseaux corrompus.

Une urgence pour la stabilité régionale

Enfin, Ahmad Nasri a rappelé l’importance du Liban en tant que pilier de la stabilité régionale. Un effondrement total du pays aurait des conséquences désastreuses pour l’ensemble du Moyen-Orient, alimentant l’instabilité et exacerbant les crises humanitaires et migratoires. « Le Liban ne peut être laissé seul face à cette tempête. Son sort est lié à celui de toute la région », a-t-il conclu.

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Newsdesk Libnanews
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