samedi, janvier 31, 2026

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Le ministère de l’Énergie fixe les tarifs des générateurs privés pour janvier 2026

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Le ministère de l’Énergie et des Eaux a publié, le 30 janvier 2026, les tarifs officiels pour les générateurs électriques privés applicables au mois de janvier. Cette annonce, émanant du bureau de presse du ministère, intervient dans un contexte où le secteur énergétique libanais continue de faire face à des défis structurels persistants, marqués par une dépendance accrue aux solutions privées face aux défaillances du réseau public. Les nouveaux tarifs, calculés sur la base de données économiques précises, visent à équilibrer les coûts pour les consommateurs tout en assurant une marge bénéficiaire raisonnable aux opérateurs.

Les détails de la tarification révèlent une distinction claire entre les zones urbaines et rurales, tenant compte des spécificités géographiques et démographiques. Pour les abonnés équipés de compteurs dans les villes, les agglomérations denses ou les régions situées à une altitude inférieure à 700 mètres, le prix par kilowattheure est fixé à 28 355 livres libanaises. Ainsi, pour une capacité de 5 ampères, le tarif fixe mensuel s’élève à 385 000 livres, auquel s’ajoute la consommation variable multipliée par 28 355 livres par kilowattheure. Pour une capacité de 10 ampères, le fixe est de 685 000 livres, avec le même taux variable. Dans les villages, les zones éparses ou les altitudes supérieures à 700 mètres, le prix par kilowattheure monte à 31 190 livres. Le fixe reste identique : 385 000 livres pour 5 ampères et 685 000 livres pour 10 ampères, avec la variable ajustée à 31 190 livres.

Une majoration de 300 000 livres est prévue sur la partie fixe pour chaque tranche supplémentaire de 5 ampères. Cette structure tarifaire, selon le communiqué du ministère, repose sur un prix moyen de la plaque de mazout de 20 litres à 1 292 237 livres pour le mois de janvier. Ce calcul intègre l’ensemble des dépenses liées aux générateurs, incluant les frais d’exploitation, les intérêts, les coûts de maintenance, ainsi qu’une marge de profit équitable pour les propriétaires. Le ministère a coordonné avec le ministère de l’Économie et du Commerce pour inclure les frais de distribution du mazout depuis les stations-service jusqu’aux sites des générateurs.

Parmi les éléments pris en compte figurent les coûts des huiles, des filtres et de l’usure des équipements, ainsi que le taux moyen mensuel du dollar sur le marché parallèle, établi à 89 700 livres. Cette méthodologie s’appuie sur une table de calcul adoptée par le ministère depuis le 14 octobre 2010, en application de la décision du Conseil des ministres n° 2 du 14 décembre 2011, visant à réguler les tarifs des générateurs privés. Elle s’inscrit également dans le cadre du mécanisme conjoint entre les ministères de l’Énergie, de l’Intérieur et de l’Économie, annoncé le 20 décembre 2011, qui confie au ministère de l’Énergie la responsabilité de diffuser ces tarifs mensuels en fonction des prix du mazout.

Une régulation renforcée pour protéger les consommateurs

Le ministère appelle les propriétaires de générateurs à respecter strictement la décision du ministère de l’Économie imposant l’installation obligatoire de compteurs. Il annonce par ailleurs la réalisation prochaine d’une étude documentée sur ce sujet, afin d’actualiser la formule de calcul pour mieux l’adapter aux fluctuations des taux de change et à la situation économique et sociale des citoyens, tout en tenant compte des besoins des opérateurs. Des correspondances ont été envoyées aux ministères de l’Intérieur et de l’Économie concernant ces tarifs de janvier 2026, afin d’assurer le suivi selon le mécanisme de contrôle conjoint.

Concernant les ascenseurs et les parties communes des immeubles alimentés en triphasé, le ministère précise que le calcul de la partie fixe doit se baser sur la capacité d’une phase unique (monophasé). Par exemple, pour un abonnement triphasé de 3×15 ampères, la partie fixe est calculée sur 15 ampères, soit 985 000 livres, et non sur 45 ampères, ce qui éviterait un surcoût injustifié à 2 785 000 livres. Cette mesure vise à prévenir les abus et à assurer une facturation équitable.

Le ministère attire l’attention des opérateurs et des citoyens sur l’interdiction d’ajouter des surcoûts non autorisés à ces tarifs indicatifs. Parmi les ajouts illégaux figurent une taxe sur la valeur ajoutée non justifiée légalement, sauf en cas d’enregistrement officiel auprès de la direction de la TVA au ministère des Finances ; des frais supplémentaires sous prétexte de maintenance des générateurs ou des réseaux ; ou des pénalités pour les utilisateurs de systèmes solaires hybrides. Le ministère exhorte les autorités compétentes en matière de protection des consommateurs, notamment le ministère de l’Économie, à intensifier la surveillance pour garantir l’application correcte de ces tarifs, avec le soutien du ministère de l’Intérieur, des municipalités et de la justice.

Un tableau détaillé des tarifs est joint au communiqué et sera publié sur le site officiel du ministère, www.energyandwater.gov.lb, pour une transparence accrue.

Le contexte persistant de la crise énergétique libanaise

Cette publication des tarifs s’inscrit dans une crise énergétique qui frappe le Liban depuis des décennies, aggravée par les dysfonctionnements chroniques de l’Électricité du Liban (EDL), l’entreprise publique responsable de la production et de la distribution d’électricité. Depuis les années 1990, le pays souffre de coupures récurrentes, dues à un manque d’investissements dans les infrastructures, à la corruption endémique et à l’instabilité politique. En 2026, la majorité des foyers et des entreprises dépendent encore des générateurs privés pour combler les lacunes du réseau public, qui ne fournit souvent que quelques heures d’électricité par jour dans de nombreuses régions.

Les générateurs privés, bien que salvateurs, imposent un fardeau financier lourd aux ménages. Avec une inflation qui, bien qu’en deceleration, reste élevée – projetée à 15,2 % en 2025 avant de passer sous les 10 % en 2026 –, et un taux de pauvreté monétaire atteignant 44 % en 2022 selon les dernières estimations disponibles, ces coûts énergétiques pèsent sur les budgets familiaux. Le recours au mazout, dont le prix moyen pour 20 litres a été calculé à plus d’un million de livres, reflète la volatilité des marchés internationaux et la dépréciation persistante de la livre libanaise face au dollar.

Le gouvernement, sous la direction du Premier ministre Nawaf Salam depuis février 2025, a initié des réformes pour redresser le secteur. Le ministre de l’Énergie et des Eaux, Joe Saddi, nommé en février 2025, a mis en avant un plan de redressement axé sur la transparence et l’autofinancement. Dans une déclaration récente, il a souligné l’arrêt des avances sur le Trésor pour l’achat de carburant, optant pour des achats directs financés par les recettes collectées, marquant un pas vers l’indépendance financière de l’EDL.

Les implications économiques des tarifs actuels

Les tarifs de janvier 2026 marquent une baisse par rapport aux mois précédents, pour la deuxième fois consécutive, selon les données du secteur. Cette réduction, bien que modeste, résulte d’une stabilisation relative des prix du mazout et du dollar sur le marché parallèle. Avec un prix du diesel à environ 63 550 livres par litre fin janvier, le calcul moyen pour le mois entier justifie cette tarification. Pour les consommateurs urbains, cela se traduit par une facture potentielle de plusieurs centaines de milliers de livres pour une consommation moyenne, tandis que les zones rurales absorbent un surcoût de 10 % environ, justifié par les coûts logistiques accrus.

Sur le plan macroéconomique, le secteur énergétique représente un gouffre financier pour l’État. Les pertes cumulées de l’EDL dépassent les 72 milliards de dollars depuis la crise de 2019, exacerbées par les subventions passées sur les carburants, supprimées en 2022. La croissance du PIB réel, estimée à 3,5 % en 2025 contre une contraction de 7,1 % en 2024 due au conflit, dépend en partie d’une amélioration de l’approvisionnement électrique. Sans électricité fiable, les secteurs productifs comme l’industrie et le tourisme peinent à rebondir.

Les opérateurs de générateurs, souvent organisés en réseaux locaux, bénéficient d’une marge de profit intégrée dans les tarifs, mais font face à des pressions pour respecter les normes environnementales. Le gouvernement a donné un délai de 45 jours en 2025 pour l’installation de filtres certifiés et de compteurs électroniques, sous peine de sanctions. Cette régulation vise à réduire la pollution, les générateurs étant une source majeure d’émissions dans un pays déjà vulnérable aux changements climatiques.

Vers une transition vers les énergies renouvelables

Le Plan national d’action pour les énergies renouvelables (NREAP) 2025-2030, publié en octobre 2025, fixe un objectif de 30 % d’électricité renouvelable d’ici 2030. Trois scénarios sont envisagés : une « révolution verte » avec une reprise économique forte, un scénario réaliste avec des progrès modérés, et un scénario de stagnation à éviter. En 2023, la demande électrique a augmenté de 2,4 % avec une reprise naissante, mais les coupures persistent, forçant un recours accru aux générateurs et aux installations solaires privées.

Les investissements solaires ont explosé, avec une capacité installée passant de 0,08 GWh en 2018 à 1,55 GWh en 2023. Le ministère encourage les systèmes hybrides sans pénalités, comme stipulé dans les tarifs de janvier. Cependant, les défis persistent : l’expiration des contrats de production en 2026-2028 et les retraites massives au sein de l’EDL nécessitent des réformes urgentes.

Des aides internationales pour relancer le secteur

En janvier 2026, le Qatar a annoncé un investissement de 400 millions de dollars dans le secteur électrique libanais, dont 40 millions sous forme de subvention, visant à bénéficier à 1,5 million de personnes. Cette initiative, couplée à un soutien aux forces armées et au retour des réfugiés syriens – plus de 500 000 sont rentrés en 2025 –, s’inscrit dans une dynamique régionale post-conflit. Le Fonds qatari pour le développement pilote ces projets, axés sur la modernisation des infrastructures.

Parallèlement, la Banque mondiale estime les besoins de reconstruction à 11 milliards de dollars suite au conflit de 2024, dont 1 milliard pour l’énergie et les services publics. Ces fonds, si mobilisés, pourraient augmenter l’approvisionnement public à 24 heures par jour d’ici 2026, selon des plans antérieurs, réduisant ainsi la dépendance aux générateurs privés.

Les tarifs de janvier illustrent les efforts pour stabiliser les coûts immédiats, mais soulignent la nécessité d’une réforme globale. Avec une croissance projetée à 4 % en 2026 si les réformes persistent, le secteur énergétique reste un pilier de la reprise. Les études en cours sur les compteurs et la formule tarifaire, annoncées par le ministère, visent à adapter ces mécanismes aux réalités fluctuantes, intégrant les impacts du conflit et les dynamiques régionales avec la Syrie voisine.

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