Le 19 septembre 2025, Al 3arabi Al Jadid a révélé une accélération alarmante de la fuite des professionnels de santé au Liban, avec plus de 270 médecins ayant quitté le pays depuis janvier 2025, selon un rapport interne de l’Ordre des Médecins. Depuis 2019, ce phénomène a touché plus de 3 000 médecins, soit environ 40 % des effectifs qualifiés du pays, une perte qualifiée d’« irrémédiable » dans des spécialités essentielles comme l’anesthésie, la cardiologie et la radiologie. Les jeunes diplômés, formés dans ces domaines stratégiques, migrent prioritairement vers l’Allemagne, le Canada et les pays du Golfe, en quête de stabilité professionnelle et financière. Cette hémorragie, dans un pays où 78 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, fragilise un système de santé déjà sous tension, creusant les inégalités d’accès aux soins et menaçant la capacité des hôpitaux à répondre aux besoins médicaux.
Une hémorragie médicale cumulée depuis 2019
Depuis 2019, le Liban a perdu plus de 3 000 médecins, un chiffre qui représente environ 40 % de ses effectifs qualifiés et met en péril la structure même du système de santé. En 2025, cet exode s’est intensifié, avec 270 départs enregistrés depuis janvier, selon un rapport interne de l’Ordre des Médecins. Cette perte, concentrée sur des spécialités comme l’anesthésie, la cardiologie et la radiologie, est décrite comme « irrémédiable », soulignant l’impossibilité de compenser rapidement ces absences par de nouveaux recrutements ou formations locales. Les hôpitaux, qui dépendent de ces experts pour les opérations quotidiennes, se retrouvent avec des équipes réduites, ce qui affecte directement la qualité et la quantité des services offerts.
Cette dynamique de migration a commencé avec la crise économique de 2019, qui a dévalué la livre libanaise et limité l’accès aux devises. Les médecins, confrontés à des salaires érodés et à des conditions de travail dégradées, ont cherché des alternatives à l’étranger. Le rapport de l’Ordre des Médecins met en évidence comment cette fuite cumulative prive le pays de ressources humaines vitales, particulièrement dans un contexte où les besoins en soins spécialisés augmentent en raison des tensions régionales et des crises sanitaires récurrentes.
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Les jeunes diplômés : un contingent prioritaire dans la migration
Les jeunes diplômés, récemment formés dans des institutions libanaises reconnues, constituent une part significative des 3 000 médecins ayant quitté le pays depuis 2019. En 2025, leur départ s’est accéléré, contribuant aux 270 migrations enregistrées depuis janvier. Spécialisés dans des domaines comme l’anesthésie, la cardiologie et la radiologie, ils choisissent des destinations comme l’Allemagne, le Canada et les pays du Golfe, où les opportunités professionnelles sont plus attractives. L’Allemagne offre des programmes d’intégration rapide pour les médecins étrangers, le Canada des postes dans des centres de recherche avancés, et les pays du Golfe des contrats en devises stables, contrastant avec la précarité libanaise.
Cette tendance prive le Liban d’un renouvellement générationnel essentiel. Les jeunes professionnels, qui représentent environ 30 % des effectifs médicaux avant leur départ, sont attirés par des salaires compétitifs et des infrastructures modernes, absentes dans un pays où les hôpitaux font face à des pénuries chroniques. Leur migration accentue la pénurie dans les spécialités critiques, où la formation nécessite des années d’expérience, rendant difficile la reconstitution des équipes médicales.
Les facteurs économiques à l’origine de la fuite
La crise économique libanaise, qui a provoqué la fuite de 3 000 médecins depuis 2019, est caractérisée par une dévaluation de la livre libanaise à 105 000 pour un dollar sur le marché parallèle. Cette dévaluation a érodé le pouvoir d’achat des médecins, dont les salaires dans le secteur privé, souvent indexés sur le dollar, ne suffisent plus à couvrir les besoins de base. En 2025, avec 270 départs supplémentaires, les restrictions bancaires de la Banque du Liban (BDL), limitant les retraits à 150 dollars par mois pour les comptes en devises, ont aggravé cette situation, empêchant les professionnels d’accéder à leurs économies.
Les cliniques privées, couvrant 60 % des lits hospitaliers, facturent désormais en dollars pour importer 80 % de leurs fournitures médicales, dont les coûts ont augmenté de 20 % en 2025. Cette dollarisation, bien que nécessaire, limite les salaires compétitifs, poussant les médecins vers l’étranger. Les hôpitaux publics, où seulement 30 % des établissements fonctionnent à pleine capacité, offrent des rémunérations encore plus basses, aggravées par des pénuries de matériel affectant 70 % des traitements essentiels. Ces facteurs économiques rendent l’exercice de la médecine au Liban insoutenable, favorisant la migration.
Les effets sur les spécialités essentielles
La perte de médecins dans l’anesthésie, la cardiologie et la radiologie, avec 3 000 départs depuis 2019, a des répercussions directes sur le système de santé. L’anesthésie, vitale pour les chirurgies, est particulièrement touchée, réduisant la capacité des hôpitaux à effectuer des opérations, qu’il s’agisse d’urgences ou de procédures programmées. La cardiologie, nécessaire pour gérer les maladies cardiovasculaires responsables de 45 % des décès au Liban, souffre d’une pénurie de spécialistes, limitant les traitements comme les angioplasties.
La radiologie, cruciale pour les diagnostics par imagerie, voit ses effectifs diminuer, prolongeant les délais pour les IRM et scanners. En 2025, les 270 départs supplémentaires accentuent cette pénurie, augmentant les risques pour les patients atteints de cancers ou de maladies neurologiques. Ces pertes dans les spécialités essentielles compromettent la qualité des soins et la capacité des établissements à répondre aux besoins médicaux.
Un système de santé à deux vitesses
La fuite de 3 000 médecins depuis 2019 renforce un système de santé à deux vitesses, où l’accès aux soins dépend de la capacité à payer en dollars. Les cliniques privées, qui assurent 60 % des lits hospitaliers, facturent des consultations à 50-100 dollars et des interventions spécialisées à plusieurs centaines de dollars, accessibles à environ 22 % de la population bénéficiant de transferts de la diaspora, estimés à 6 milliards de dollars en 2024. Les 78 % restants, vivant sous le seuil de pauvreté, dépendent des hôpitaux publics, où seulement 30 % des établissements fonctionnent à pleine capacité, aggravant les inégalités.
Les patients nécessitant des soins en anesthésie, cardiologie ou radiologie font face à des délais prolongés dans le public, où les pénuries de personnel limitent les services. Dans le privé, les coûts dollarisés, comme une IRM à 300-500 dollars, excluent la majorité, creusant un fossé social entre ceux qui peuvent mobiliser des devises et ceux qui ne le peuvent pas.
Une pression accrue sur les patients
La perte de 3 000 médecins depuis 2019, dont 270 en 2025, met les patients dans une situation de vulnérabilité croissante. Les soins spécialisés, comme les diagnostics radiologiques ou les interventions cardiologiques, deviennent rares, obligeant les patients à attendre des mois ou à payer des frais élevés en dollars dans le privé. Avec 78 % de la population sous le seuil de pauvreté et un chômage de 30 %, les ménages peinent à couvrir ces coûts, aggravant leur précarité. L’absence de cotisations régulières à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), non versées pour 60 % des employés du privé, prive les patients de protection financière.
Dans les zones rurales, comme la Bekaa ou le sud, l’impact est encore plus marqué, car les spécialistes sont concentrés à Beyrouth. Les patients doivent voyager ou renoncer à des soins, augmentant les risques pour leur santé, notamment pour les maladies chroniques comme le diabète, qui touche 15 % des adultes. Cette situation accentue les disparités régionales et sociales, les populations vulnérables étant les plus touchées.
Les destinations privilégiées : Allemagne, Canada, Golfe
Les jeunes diplômés migrent principalement vers l’Allemagne, le Canada et les pays du Golfe, où les conditions de travail et les salaires sont attractifs. L’Allemagne offre des programmes d’intégration pour les médecins étrangers, le Canada des opportunités dans des hôpitaux modernes, et les pays du Golfe des contrats en dollars. Ces destinations, ciblées par les 270 médecins partis en 2025 et les 3 000 depuis 2019, drainent les compétences médicales du Liban, réduisant les perspectives de renouvellement des effectifs.
Les implications immédiates pour la population
La perte de 3 000 médecins depuis 2019, dont 270 depuis janvier 2025, fragilise le système de santé libanais, particulièrement dans les spécialités d’anesthésie, de cardiologie et de radiologie. Cette hémorragie, qualifiée d’« irrémédiable », réduit l’accès aux soins spécialisés, prolongeant les délais et augmentant les coûts pour les patients. Les jeunes diplômés, migrant vers l’Allemagne, le Canada et les pays du Golfe, privent le Liban de compétences futures, tandis que les cliniques privées, facturant en dollars, excluent 78 % de la population. Les hôpitaux publics, limités à 30 % de leur capacité, ne peuvent compenser, aggravant les inégalités et menaçant la santé publique dans un pays où l’inflation atteint 14,27 % et le chômage 30 %.



