Le dernier bilan officiel libanais fait état de 1 072 morts et 2 966 blessés depuis le 2 mars. Sur les dernières vingt-quatre heures, 33 personnes ont été tuées et 90 blessées, selon le rapport quotidien relayé par l’Agence nationale d’information. Dans le même temps, les bombardements israéliens ont continué à frapper la banlieue sud de Beyrouth, sa périphérie, Tyr, Nabatiyé, Saïda et la Békaa. Le Kesrouan a aussi été gagné par la tension après un incident aérien à Jounieh, finalement lié à un missile intercepteur et non à une frappe directe. Cette aggravation intervient alors que des responsables israéliens assument désormais publiquement leur volonté de contrôler le sud du Liban jusqu’au Litani.
Le bilan publié au Liban au 24 mars fixe à 1 072 le nombre total de morts et à 2 966 celui des blessés depuis le début de l’offensive du 2 mars. Le même rapport précise que, sur les dernières vingt-quatre heures, 33 morts et 90 blessés ont été enregistrés. L’infographie transmise reprend cette mise à jour officielle et montre l’alourdissement constant du coût humain de la guerre.
Beyrouth et sa périphérie encore frappées
Au fil des dépêches de la NNA, la nuit et la matinée ont été marquées par une nouvelle série d’attaques autour de la capitale. Sept raids ont visé la banlieue sud de Beyrouth, notamment Bir el-Abed, Haret Hreik et Ghobeiry, confirmant que ce secteur reste l’un des principaux épicentres de l’offensive israélienne. À Bchamoun, le bilan a été révisé au fil des secours, passant d’abord à deux morts et cinq blessés, puis à trois morts et sept blessés. À Hazmieh, une frappe sur un appartement a fait au moins un mort selon un premier bilan communiqué par le ministère libanais de la Santé. Ces frappes autour de Beyrouth confirment que la guerre ne se limite plus au Sud frontalier et touche désormais des zones urbaines denses de la capitale et de son pourtour.
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Dans le Sud, une pression continue sur Tyr, Nabatiyé et Saïda
Dans le Sud, les bombardements ont continué à frapper plusieurs localités. Une frappe entre Adloun et Abou el-Aswad a fait deux morts et deux blessés. À Selaa, une autre attaque a tué quatre personnes et blessé quatre autres. L’artillerie a aussi visé Naqoura et les abords d’Alma al-Shaab, tandis que d’autres frappes touchaient Hanine, Rshaf, Wadi al-Ouyoun, Shhour, Beit Yahoun et Chaqra. Dans la région de Tyr, un raid sur Douar al-Alam a fait 14 blessés dans un premier bilan, tandis que des avertissements israéliens ont visé Maachouq avant de nouvelles frappes dans ce secteur et dans la ville de Tyr elle-même. Dans la région de Saïda, une attaque à Mieh Mieh a fait état de victimes dans des bilans évolutifs au cours de la journée. L’ensemble de ces frappes montre une pression militaire diffuse, étendue à plusieurs lignes du Sud-Liban.
La Békaa visée, et le Kesrouan gagné par la peur
Plus à l’est, une frappe a visé Chaara, en direction de la chaîne orientale, confirmant que la Békaa et les zones proches de l’Anti-Liban restent elles aussi exposées. Mais la journée a aussi été marquée par la tension dans le Kesrouan. À Jounieh, un incident aérien a provoqué une vive inquiétude et certains médias libanais ont évoqué, dans l’immédiat, une possible cible liée à l’ambassade américaine. Les éléments disponibles ont ensuite orienté vers un autre scénario : celui d’un missile intercepteur, et non d’une frappe directe sur la ville. Dans son message officiel, l’armée israélienne a indiqué avoir détecté « des missiles lancés depuis l’Iran vers le territoire de l’État d’Israël » et activé ses systèmes de défense pour intercepter la menace. Autrement dit, du côté israélien, la version officielle est claire : les missiles étaient dirigés vers Israël, et non vers une cible au Liban.
Cet épisode reste politiquement important. Même sans frappe directe sur Jounieh, le simple fait qu’un incident aérien de cette nature ait semé la confusion dans le Kesrouan montre à quel point la guerre régionale déborde désormais largement les lignes de front classiques. Après Beyrouth, sa banlieue, Hazmieh et Bchamoun, la peur gagne aussi le Mont-Liban.
Israël assume désormais un objectif territorial jusqu’au Litani
Au-delà du bilan humain, la nouveauté politique du jour tient aux propos israéliens sur le territoire libanais. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé que l’armée israélienne comptait s’emparer d’une zone allant de la frontière jusqu’au fleuve Litani, soit une bande représentant environ un dixième du territoire libanais. Il a déclaré que les forces israéliennes contrôlaient ou contrôleraienт les ponts restants et « l’espace de sécurité jusqu’au Litani ». Il a également affirmé que les déplacés du sud du Liban ne pourraient pas rentrer tant que la sécurité du nord d’Israël ne serait pas assurée. Ces déclarations ne relèvent plus seulement du langage de la frappe ou de la dissuasion : elles décrivent une volonté de contrôle territorial durable dans le sud du Liban.
Cette ligne a été renforcée par d’autres propos israéliens allant dans le même sens. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a lui aussi plaidé pour une réalité nouvelle au sud du Liban et pour un déplacement de fait de la frontière stratégique vers le Litani. Dans le même temps, les destructions de ponts sur ce fleuve, les frappes sur les axes de circulation et les ordres de démolition de maisons dans les villages frontaliers donnent à cette rhétorique une traduction concrète sur le terrain.
Une guerre de bombardement, mais aussi de séparation
Le lien entre les bombardements des dernières vingt-quatre heures et ces déclarations israéliennes est désormais direct. Les morts et les blessés s’accumulent pendant qu’Israël assume de plus en plus clairement une ambition de contrôle jusqu’au Litani. La guerre ne se limite donc plus à une succession de frappes. Elle s’accompagne d’un projet affiché de transformation du terrain, par la destruction des ponts, l’isolement des localités, la pression sur les déplacements et la remise en cause du retour des habitants du Sud. La journée du 24 mars ajoute ainsi un double constat : un bilan humain encore alourdi, et une offensive israélienne qui ne cache plus son ambition territoriale sur une partie du Liban.



