Le marché immobilier au Liban, malgré une crise économique profonde, continue de jouer un rôle crucial en tant que refuge pour les investisseurs. Selon les données de la Direction Générale des Registres Fonciers et du Cadastre (LRC), la valeur cumulée des transactions immobilières a atteint 2,127 millions de dollars d’ici juillet 2024. Cela représente un total de 19,693 transactions immobilières, calculé au nouveau taux officiel de 1 USD = 89,500 livres libanaises, en vigueur depuis le 1er février 2024.
Évolution des Transactions Immobilières depuis 2019
Pour comprendre l’évolution du marché, il est essentiel de comparer les chiffres actuels avec ceux des années précédentes. En 2019, le nombre de transactions immobilières s’élevait à 50,352, avec une augmentation notable en 2020, où le nombre a grimpé à 82,202 transactions, soit une hausse de 63,25%. Cette augmentation s’explique en partie par le transfert des dépôts bancaires vers l’immobilier en raison de la perte de confiance dans le secteur bancaire libanais.
Répartition Géographique des Transactions en 2024
En juillet 2024, les régions du Nord et du Sud du Liban ont capté les plus grandes parts de transactions immobilières, représentant respectivement 24,22% et 22,74% des 3,303 transactions enregistrées au cours de ce mois. Zahle a suivi avec 21,31%, tandis que Beyrouth, bien que dominant en valeur, a enregistré seulement 13,11% des transactions. En termes de valeur, Beyrouth a représenté 54,78% de la valeur totale des transactions pour juillet 2024, soit environ 127 millions de dollars, suivie par le Sud avec 20%, soit environ 46 millions de dollars.
Analyse des Tendances
La dynamique du marché immobilier au Liban reflète une situation complexe où la demande reste forte malgré les incertitudes économiques. La dévaluation de la livre libanaise et le manque d’options d’investissement sûres ont poussé de nombreux Libanais à investir dans l’immobilier. Cependant, les volumes de transactions et les valeurs pourraient fluctuer à mesure que le marché continue de s’adapter aux réalités économiques et politiques en évolution.
En conclusion, bien que l’immobilier continue d’attirer les investisseurs, certains signes suggèrent la formation possible d’une bulle spéculative dans le secteur. Le gonflement des prix, alimenté par l’afflux de capitaux fuyant le système bancaire, pourrait entraîner une surévaluation des biens immobiliers. Cela soulève des inquiétudes quant à la durabilité à long terme de ce marché, notamment si la situation économique devait se détériorer davantage ou si les prix de l’immobilier devenaient insoutenables pour les acquéreurs locaux.
De plus, il est crucial de noter que le secteur immobilier est souvent utilisé comme un réceptacle pour des fonds illicites, ce qui pourrait compliquer davantage la situation. Ces fonds, placés dans l’immobilier pour échapper aux risques liés à la crise bancaire, pourraient être radiés ou confisqués lors d’une éventuelle restructuration du secteur bancaire. Cela ajoute une dimension supplémentaire de risque pour le marché immobilier libanais, qui pourrait voir une partie significative de ses investissements se volatiliser si des mesures drastiques de restructuration bancaire sont mises en œuvre comme cela est actuellement évoqué par les autorités libanaises.
Tableau Récapitulatif
| Année | Nombre de Transactions | Valeur Totale des Transactions (en millions USD) |
|---|---|---|
| 2019 | 50,352 | 6,189 |
| 2020 | 82,202 | 14,380 |
| 2021 | 67,506 | 10,200 |
| 2022 | 7,834 (à octobre) | 1,950 |
| 2023 | Données indisponibles | Données indisponibles |
| Juillet 2024 | 19,693 | 2,127 |
Ces données mettent en évidence la volatilité et l’importance continue du secteur immobilier au Liban, en particulier comme un moyen de préservation de la richesse dans un contexte d’incertitude économique prolongée.





