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Liban : le bilan de l’agression israélienne s’alourdit à 77 morts et 527 blessés selon le ministère de la Santé publique

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Beyrouth, le 5 mars 2026. L’Agence nationale d’information (ANI) a diffusé en début d’après-midi la dernière mise à jour officielle du ministère libanais de la Santé publique : le nombre de victimes de l’agression israélienne en cours s’élève désormais à 77 morts et 527 blessés depuis l’aube du lundi 2 mars. Ces chiffres, compilés en temps réel par les hôpitaux régionaux, les équipes de la Croix-Rouge libanaise et les services d’urgence, marquent une hausse significative par rapport aux bilans précédents et reflètent l’intensification continue des raids aériens et des opérations terrestres limitées, du sud du Litani jusqu’à la banlieue sud de la capitale et la plaine de la Békaa.

Le ministère a précisé que les recherches se poursuivent sous les décombres dans plusieurs localités, notamment à Nabatiyé, Baalbek et dans la périphérie de Beyrouth. L’ANI a relayé heure par heure ces développements, citant des sources hospitalières indiquant que le bilan pourrait encore évoluer dans les prochaines heures en fonction des résultats des urgences et des opérations de sauvetage. Parmi les victimes figurent des civils, dont de nombreux déplacés ayant fui le Sud pour se réfugier plus au nord, exposés aux frappes alors qu’ils tentaient de rejoindre des zones supposées plus sûres.

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Les frappes les plus récentes ont visé des axes routiers dans la banlieue sud-est de Beyrouth. À Aramoun et Saadiyat, six morts et huit blessés avaient déjà été dénombrés la veille dans des raids similaires. À Hazmieh, une attaque sur un hôtel a provoqué l’intervention immédiate d’ambulances. À Nabatiyé, le maire d’un village et son épouse ont péri dans un raid aérien ciblé. La localité de Toul, dans le même caza, a vu plusieurs familles décimées, avec sept morts dans une seule frappe selon les bilans détaillés. À Baalbek, dans la Békaa orientale, cinq personnes ont été tuées et quinze blessées lorsqu’un immeuble de quatre étages a été touché. À Tyr, neuf blessés ont été enregistrés après une attaque sur les générateurs électriques de « Hamto Electricity » qui a privé plusieurs quartiers d’énergie pendant des heures.

Ces localités s’ajoutent à la liste exhaustive des zones frappées depuis le début de la semaine : Ghobeiry et Haret Hreik dans la banlieue sud de Beyrouth, Baabda, le Chouf, Aley dans le Mont-Liban, ainsi que des villages frontaliers comme Khiam, Markaba, Adaïssé, Kfar Kila et Ramiyé. Le ministère de la Santé a insisté sur le fait que la majorité des victimes sont des civils, dont des femmes et des enfants, pris au piège dans un conflit qu’ils n’ont pas choisi et qui s’inscrit dans l’escalade régionale déclenchée par les frappes américano-israéliennes contre l’Iran le 28 février dernier.

Plus de 83 000 personnes en fuite : l’ordre d’évacuation israélien provoque un exode sans précédent depuis le cessez-le-feu de novembre 2024

Parallèlement au bilan humain, le ministère des Affaires sociales a actualisé le nombre de déplacés internes à 83 847 personnes, soit 18 033 familles, inscrites dans les centres d’hébergement collectifs à travers le pays. Ce chiffre, en hausse constante depuis la veille, résulte directement de l’ordre d’évacuation totale diffusé mercredi 4 mars par l’armée israélienne via son porte-parole arabophone, le colonel Avichay Adraee. L’injonction concerne l’intégralité du territoire situé au sud du fleuve Litani, couvrant environ 832 kilomètres carrés, de Tyr à l’ouest jusqu’aux villages de l’est, en passant par Bint Jbeil, Nabatiyé et Marjeyoun.

L’ANI a décrit en direct les scènes sur les routes : des convois interminables de voitures chargées de matelas, de bagages et parfois de bétail, avançant vers Saïda, Beyrouth et la Békaa. Plus de 300 centres d’accueil ont été activés, dont des écoles publiques réquisitionnées en urgence. L’Unicef a rapporté que plus de 12 000 enfants figuraient parmi les déplacés, exposés à des risques accrus de maladies respiratoires et de malnutrition dans des structures souvent surpeuplées. Des distributions de matelas, d’eau potable et de repas chauds ont commencé, en coordination avec le Programme alimentaire mondial et la Croix-Rouge libanaise, mais les capacités restent limitées face à l’ampleur du mouvement.

Opérations terrestres israéliennes confirmées : incursions à Khiam et travaux de fortification dans la zone évacuée

L’offensive ne se limite pas aux airs. L’ANI a confirmé la présence de troupes israéliennes au sol à Khiam, où un bataillon s’est positionné après des échanges de tirs intenses à la mitrailleuse et à l’artillerie. Des unités ont investi temporairement l’hôpital gouvernemental de Meis el-Jabal et entrepris des travaux de terrassement dans la zone d’Azraïel, au sud de Kfarchouba. Ces mouvements s’ajoutent aux cinq points fortifiés et deux zones tampons occupés par Israël depuis le cessez-le-feu du 27 novembre 2024, en violation, selon Beyrouth, de la résolution 1701 du Conseil de sécurité.

La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), forte de plus de 10 000 casques bleus déployés le long de la Ligne bleue, a observé ces avancées et documenté des dizaines de violations supplémentaires : survols intenses, tirs transfrontaliers et pénétrations terrestres. La mission maintient ses patrouilles malgré les risques accrus, tout en appelant les deux parties au respect strict du droit international humanitaire et à la protection des civils.

Le gouvernement libanais maintient la ligne de neutralité face à une escalade qu’il n’a pas choisie

Le Premier ministre Nawaf Salam a présidé jeudi matin une réunion d’urgence du Conseil des ministres où il a réaffirmé que le Liban refusait d’être entraîné dans la guerre régionale. « La décision de paix ou de guerre relève exclusivement de l’État », a-t-il déclaré, selon les comptes rendus relayés par l’ANI. Le ministre de la Justice a ordonné l’ouverture d’enquêtes judiciaires sur les tirs de roquettes partis du territoire libanais en réponse aux événements iraniens, tandis que le ministre de l’Intérieur et des Municipalités, Ahmad Hajjar, a renforcé le déploiement de l’armée et des Forces de sécurité intérieure pour sécuriser les zones évacuées et accompagner les déplacés.

À Baabda, le président Joseph Aoun a tenu un Conseil de défense où les responsables militaires ont présenté un rapport détaillé sur la situation. L’armée libanaise, aux moyens limités, a repositionné certains postes frontaliers et coordonné avec les autorités syriennes le maintien de l’ordre public. Le gouvernement a multiplié les contacts diplomatiques avec la France, les États-Unis et les pays du Golfe pour obtenir un soutien humanitaire et politique immédiat.

La Finul et l’ONU face à une crise humanitaire qui s’aggrave d’heure en heure

La coordinatrice spéciale de l’ONU pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, et le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, suivent la situation heure par heure depuis Beyrouth et New York. L’ONU a lancé un appel urgent à la communauté internationale pour financer les abris, les soins médicaux et l’aide alimentaire. Le Haut-Commissariat pour les réfugiés a indiqué que les camps existants dans la Békaa et le nord étaient déjà saturés par les flux des conflits précédents.

Les organisations humanitaires sur place, dont Médecins sans frontières, ont alerté sur les risques sanitaires : manque de médicaments, promiscuité dans les refuges et stress psychologique chez les enfants. L’Unicef a demandé un accès immédiat aux zones évacuées pour évaluer les besoins des populations restantes, tandis que le Programme alimentaire mondial prépare des convois supplémentaires.

Conséquences sur les infrastructures et l’économie déjà exsangue depuis 2019

Les dommages matériels s’accumulent. À Tyr, la frappe sur les générateurs électriques a provoqué des coupures généralisées. Des routes agricoles et des oliveraies ont été touchées dans le Sud, compromettant les récoltes à venir. Les télécommunications connaissent des perturbations dans les zones frontalières, compliquant la coordination des secours. L’exode massif pèse sur les régions d’accueil : les prix des produits de base ont augmenté à Saïda et Beyrouth, tandis que de nombreuses entreprises du Sud ont cessé leurs activités.

Le Liban, déjà confronté à une crise économique chronique depuis 2019, voit ses capacités d’absorption mises à rude épreuve. Le ministère des Affaires sociales a activé des plans d’urgence supplémentaires, mais les ressources restent insuffisantes sans aide extérieure rapide et massive.

Réactions internationales et appel au respect de la résolution 1701

La France, par la voix du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, a condamné les frappes iraniennes tout en appelant à une désescalade régionale et au respect du droit international. Le Conseil de sécurité de l’ONU, saisi de la question, attend le rapport sur la résolution 1701 prévu pour le 10 mars. Plusieurs membres permanents ont exprimé leur préoccupation face à l’extension du conflit.

La Turquie et les pays du Golfe suivent avec attention les développements, craignant un effet domino sur la stabilité déjà fragilisée par le blocage du détroit d’Ormuz et les tensions en Irak.

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